Reportage | Seconde demi-finale Aria du CMIM : une dynamique pour Fleuranne Brockway?

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On connaît désormais le nom des finalistes du Concours musical international de Montréal (CMIM) dans la catégorie Aria : Fleuranne Brockway, Yewon Han, Junho Hwang, Julia Muzychenko-Greenhalgh et Thedore Platt.

Quatre de ces cinq candidats faisaient partie de la seconde demi-finale, hier 4 juin à la Maison symphonique. Le niveau était en effet très relevé, ce soir-là. On a eu droit à un duel à distance entre les deux sopranos coloratures qui se poursuivra jusqu’en finale pour le plus grand bonheur des auditeurs présents. 

Julia Muzychenko-Greenhalgh a confirmé une fois de plus qu’elle était une des grandes favorites de cette édition. On ne reviendra pas sur ses qualités vocales, sur son contrôle admirable des nuances, ses crescendos et ses decrescendos. Certes, les auditeurs les plus sévères diront qu’elle en abuse, que ce n’est pas tout le temps nécéssaire, mais il faut reconnaître qu’elle est la seule, parmi les cinq, à offrir un rendu de ce niveau-là. De plus, le volume de sa voix, nettement au-dessus de l’orchestre, se prêtait parfaitement à l’acoustique de la salle. 

De son côté, Yewon Han n’a peut-être pas le timbre velouté ni la puissance vocale, ni la profondeur de sentiments de sa concurrente directe, mais elle a le dynamisme, l’athlétisme et la rigueur de la langue chantée. Deux écoles s’affrontent, l’une et l’autre ont chacune leurs partisans, mais la soprano russe se démarque davantage par son sens et sa maturité artistiques. 

En même temps, un autre duel à distance émerge entre Fleuranne Brockway et Theodore Platt. L’une ne cesse de monter en puissance au fil des étapes. Hier, la mezzo-soprano australienne a livré sa meilleure prestation jusqu’à présent. Elle est sur une belle dynamique qui pourrait la mener très loin en finale. Très généreuse dans le phrasé de « Erbarme dich », sa voix a fait ensuite preuve de souplesse et d’homogénité dans tous les registres de « Non più mesta ». Enfin, « Sein wir wieder gut » nous a permis d’apprécier ses nuances, jamais aussi bien sculptées que ce soir-là. 

À l’inverse, le baryton britannique semble quelque peu fléchir en cette fin de concours. Il a montré des signes de fatigue dans l’aigu, au point d’être couvert par l’orchestre dans « It is Enough » de Mendelssohn et « Mein Sehnen, Mein Wähnen » de Korngold. Heureusement, son expérience et son intelligence du chant lui ont été très utiles pour gérer les passages difficiles et faire néanmoins bonne figure. « Come un’ape ne giorni d’aprile » de Rossini a été l’occasion pour lui d’exceller dans le registre comique. Il reste le candidat le plus raffiné en termes d’articulation linguistique et mélodique. 

La soprano Ariane Cosette, seule Canadienne en demi-finale, avait clairement la voix pour remplir toute la salle de la Maison symphonique. Elle a été conquérante sur plusieurs aspects du jeu scénique et du chant, mais plusieurs descentes mélodiques de « Hear ye, Israel », de Mendelsohn, n’ont pas été éxécutées avec soin. Elle a aussi manqué de justesse dans « Klänge der Heimat » de J. Strauss II. 

Si la tendance se maintient, Junho Hwang pourrait bien remporter le Premier prix, suivi de près par Julia Muzynchenko-Greenhalgh et – élément surprise – Fleuranne Brockway.   

 Rendez-vous ce vendredi pour la grande finale , le 6 juin, à 19h30 à la Maison symphonique.

Pour toute la programmation, les billets et le profil des candidats, visitez le https://concoursmontreal.ca/fr/voix-2025/

Lire aussi: Pleins feux | CMIM Voix 2025 pour des reportages, articles et liens aux vidéos

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la vulgarisation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. En tant que membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et du Festival de Lanaudière. Récemment, il a écrit les notices discographiques pour l'album "Paris Memories" du pianiste Alain Lefèvre (Warner Classics, 2023) et collaboré à la révision d'une édition critique sur l’œuvre du compositeur Camille Saint-Saëns (Bärenreiter, 2022). Ses autres contrats de recherche et de rédaction ont été signés avec des institutions de premier plan telles que l'Université de Montréal, l'Opéra de Montréal, le Domaine Forget et Orford Musique. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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