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Outhere Music4
Si vous m’aviez dit en début de semaine que j’écouterais encore Biber vendredi, ma réponse aurait été sèche et impropre à l’impression. La musique de l’Europe centrale avant Jean-Sébastien Bach m’intéresse autant qu’un tube de dentifrice aplati. L’univers de Heinrich Biber, compositeur salzbourgeois pour violons dans le style italien, a été rendu obsolète par la naissance, en 1685, de Bach et de Haendel. Biber a continué à travailler jusqu’en 1704, juste assez longtemps pour se voir éclipsé par le génie. Sa musique, du moins ce que j’en ai entendu, est ingrate et peu aventureuse, non désagréable, mais lassante au bout d’un certain temps quand l’oreille se met à réclamer de la variété. Bref, pas mon genre de compositeur.
Ce qui me fait changer d’avis sur cet album, c’est le style de jeu fluide et amusant de la violoniste Rachel Podger et des instrumentistes du Brecon Baroque. Je suppose que ces musiciens jouent debout, car les six sonates sont d’une vivacité que je n’avais jamais entendue auparavant dans Biber. C’est frais, athlétique, taquin et juste assez graveleux ici et là pour soutenir mon attention entre les accords réguliers. Podger est un boute-en-train qui n’en fait qu’à sa tête. J’ai entendu qu’elle dirigera l’ensemble baroque de Simon Rattle à Munich la saison prochaine.
Ai-je mentionné l’humour ? Il y a quelques bons gags dans la musique et le titre de l’album semble faire référence à un obscur chanteur canadien, récemment occulté par les événements politiques dans son pays. Comment ne pas aimer ?
Traduction : A. Venne
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