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Warner Classics1
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Warner Classics5
Certaines personnes adorent le fromage, d’autres ne peuvent pas le sentir. Chacun ses penchants.
Plusieurs personnes dont j’apprécie le jugement ont réagi avec beaucoup d’enthousiasme aux deux séries d’impromptus de Schubert enregistrées par Eric Lu sous l’étiquette Warner. Lu, 28 ans, est l’Américain qui a remporté le Concours Chopin à Varsovie l’année dernière et celui de Leeds en 2018. Quelle que soit notre opinion de ces résultats, c’est un pianiste compétent, dévoué et expérimenté qui mènera une longue carrière.
Cela dit, j’ai failli vomir dès les premières notes des impromptus opus 90, puis à nouveau durant le troisième morceau de la série. La note préliminaire s’étend si longuement qu’elle se décompose en moisissures abondantes. Il s’agit d’un jeu volontaire, ostentatoire et accrocheur, qui vise principalement à faire impression. J’ai entendu tous les grands pianistes, de Schnabel à Lang Lang, jouer ces impromptus, et aucun d’entre eux, pas même le dernier, ne se met autant de l’avant que ne le fait ici Eric Lu. Quant au troisième impromptu, il ralentit comme le centre-ville de Manchester à l’heure de pointe, avançant par à-coups déraisonnables.
C’est une question de goût et d’opinion personnels. D’autres peuvent avoir un avis différent, mais je ne peux écouter une quatrième fois sans avoir des douleurs abdominales.
Pour me remettre, j’ai écouté la nouvelle interprétation de Piotr Anderszewski des dernières méditations de Brahms, opus 116 à 119, et j’ai été immédiatement happé par la justesse de son interprétation. Anderszewski, aujourd’hui âgé de 56 ans, a préféré quitter au milieu d’un concours plutôt que d’attendre les résultats. Il limite ses apparitions en concert et se concentre sur une poignée de compositeurs avec lesquels il ressent une affinité particulière, parmi lesquels Bach, Bartók et Szymanowski. Il n’y a rien d’artificiel dans son jeu qui, comme l’aurait dit Mozart, coule comme de l’huile.
C’est du Brahms pour les connaisseurs : impeccable, littéral et plein de sentiments retenus. Le parfait antidote à ce qui ne va pas dans le monde actuellement. À prendre matin et soir.
Traduction : A. Venne
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