Festival TransAmériques : Hiroshima mon amour en opéra

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Hiroshima mon amour (1959) met en scène la brève rencontre d’une actrice française et d’un ancien soldat japonais dont la famille a péri sous les bombes. Marguerite Duras et Alain Renais évoquaient l’amour, la mort, la guerre et le souvenir. Dans l’introduction du livre (1960) Duras écrit qu’il s’agit d’une matière allégorique, d’un propos d’opéra et c’est cette idée que la compositrice et écrivaine australienne Rósa Lind a saisie pour proposer un opéra onirique d’une heure vingt en cinq actes, destiné à être joué par un ensemble de chambre.

Christian Lapointe, auteur, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Carte Blanche, s’est empressé d’obtenir les droits d’Hiroshima mon amour pour commencer à élabo-rer la structure de l’œuvre. Il avait amorcé en 2013 un dialogue avec l’œuvre de Duras dans L’homme Atlantique (et La maladie de la mort). Les procédés que l’autrice empruntait sont devenus courants en théâtre contemporain, les figures n’étant plus des personnages de fiction et les performeurs inventant en direct. Cette avant-garde avait séduit le metteur en scène.

Procédés métathéâtraux, poupées gigognes, déplacements de logique, langages artistiques… Christian Lapointe utilisera tous les systèmes qu’il a chéris ces 15 dernières années. En écho à la vision du cinéma de Duras qui rejetait les approches commerciales, des images fixes du film seront travaillées et le performeur Karl Lemieux fera en direct une performance d’altération sur pellicule. Les moyens utilisés sur scène évoqueront des machines guerrières.

Une direction musicale unique

La combinaison de la codirection musicale par les artistes réputées Marie-Annick Béliveau, directrice artistique de Chants Libres depuis 2022, et la violoncelliste et codirectrice du Quatuor Bozzini Isabelle Bozzini est unique et Rósa Lind mesure sa chance. Pour créer l’univers sonore de l’œuvre, elle a composé une partition pour trois chanteurs, un quatuor à cordes, une flûte, une clarinette, une harpe et des percussions mixtes. À cela s’ajoutent des éléments d’une bande sonore électroacoustique.

L’ensemble des solistes virtuoses est composé de Yuki Isami (flûte), Victor Albert (clarinette), Antoine Malette-Chénier (harpe) et David Therrien Brongo (percussion).

La proposition de Lind construit un univers sonore à l’intérieur de l’univers narratif de l’œuvre de Marguerite Duras. La musique et le son cherchent à appartenir à cet espace de souvenirs personnels, d’amour, de perte et de l’histoire du monde. D’après la compositrice, les frontières entre les différents moyens d’expression artistique s’estompent lorsqu’on travaille au plus près de l’inspiration.

Hiroshima mon amour est un appel à la réconciliation entre les peuples. Dans le contexte actuel en matière de guerre et de paix, le scénario est une histoire prémonitoire.

Hiroshima mon amour, un opéra résolument contemporain. Au Festival TransAmériques, 27-29 mai. www.fta.ca

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