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Après des suites de Bach revisitées par Dorothéa Ventura et Vincent Lauzer en septembre, les Idées heureuses passeront au répertoire français dans un même esprit d’inventivité. En novembre, ils accueilleront un des grands spécialistes en la matière, Hervé Niquet.
Ventura avait fait sa connaissance il y a 30 ans, à l’époque où elle était étudiante à l’Université McGill et où il lui donnait des cours de maître sur la musique baroque française. « Ç’a été un choc, je dois l’admettre. J’ai ouvert mes horizons, grâce à Hervé, et surtout développé un amour pour ce répertoire. On a fait des concerts à Montréal, à Toronto, à Paris, mais c’est la première fois que je l’invite. Hervé a toujours été mon patron, et cette fois-ci, les rôles sont inversés », confie-t-elle. L’intéressé réagit en plaisantant : « Ça fait bizarre ! »
Fondateur de l’ensemble parisien Le Concert spirituel, Niquet viendra présenter, pour la première fois de ce côté-ci de l’Atlantique, un spectacle musical qu’il a lui-même conçu et écrit conjointement avec Jean-Philippe Desrousseaux, metteur en scène et comédien. Dans ce spectacle, intitulé Pâté en croûte et vieux ragots, il endossera le costume de Michel Richard de Lalande, compositeur à la cour de Versailles, et nous fera vivre une répétition avec les musiciens de la Chambre du roi comme si nous y étions. Au menu, quatre Sinfonies pour les Soupers du Roy et deux intermèdes. « C’est une musique exigeante, d’une qualité insensée, et non de la petite musique pour accompagner les repas. Quand on joue à la table du roi, c’est qu’on est le meilleur. Si le roi n’est pas captivé, on ne tient pas deux semaines », rappelle Niquet, qui souhaite souligner le 300e anniversaire de décès d’un des « génies préférés de Louis XIV et de Louis XV ».
Entre deux suites, de Lalande sera interrompu par le bruit du klaxon de la poste venue lui porter la gazette – il se fera une joie de lire à voix haute les derniers ragots – ou encore par son cuisinier (interprété par Jean-Philippe Desrousseaux) qui lui a concocté son plat favori : du pâté en croûte. « Quand le public arrivera, je serai déjà sur scène parce qu’il faut que je finisse une paire de gigues pour le souper du lendemain. J’ai convoqué les musiciens pour mettre les dernières choses au point et surtout orchestrer les pièces. Jamais personne ne voit ça d’habitude », raconte Niquet. La suite le 25 novembre prochain !
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