This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
-
Leaf Music3
Bergeron, Godin —Nuits blanches
Olivier Bergeron, baryton; Olivier Godin, piano
Leaf Music, 2025
On avait pu l’entendre récemment au Festival d’opéra de Québec dans une production de Carmen; il incarnait alors un rôle secondaire, Moralès. Le jeune baryton Olivier Bergeron revient cette fois en pleine lumière avec son premier album, Nuits blanches, paru chez Leaf Music. Et quoi de mieux, pour une première, que d’offrir des mélodies françaises ! À l’évidence, ce répertoire convient bien à sa voix et met en relief ses plus grandes qualités d’interprète.
Accompagné par un pianiste de luxe, Olivier Godin, fin connaisseur de la musique française, Bergeron fait d’emblée parler la belle qualité de sa diction, s’inscrivant clairement dans une longue et riche tradition d’expression française. Les premières mélodies du cycle Épigrammes de Clément Marot de Maurice Ravel font ressortir un bon médium et un vibrato naturel, très bien calibré. Les passages en voix de tête, par ailleurs, sont bien menés et témoignent d’une approche particulièrement soignée du chant.
On sent toutefois que la voix n’est pas encore arrivée à maturité. Le grave manque de timbre, tandis que les aigus à pleine voix semblent comprimés, de sorte que la couleur vocale s’éteint. Cette disparité entre le médium et les autres registres est apparente dans des mélodies contenant de larges intervalles comme À Clymène et C’est l’extase de Gabriel Fauré. Olivier Bergeron présente un bon potentiel, mais sa voix reste à se définir réellement comme baritonale. À ce stade, on ne peut pas exclure qu’il devienne un jour ténor. Ce pourrait être un prochain Pelléas, par exemple. Le dernier cycle de Debussy, qui donne son nom à l’album, nous en donne le pressentiment.
This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)