Critique de disque | Louis Couperin: Complete Works. Jean Rondeau

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Louis Couperin : les œuvres complètes

Jean Rondeau, clavecin

Erato, 2025

Quand la plupart des claviéristes cèdent aux goûts modernes et décident d’interpréter des compositeurs baroques au piano, Jean Rondeau, lui, reste attaché aux sonorités du clavecin. Sous les doigts du musicien français, c’est la profondeur et la vibration de l’instrument à cordes pincées qui nous envahissent.

Pour sa plus récente parution chez Erato, il nous offre un des projets les plus importants de sa vie d’artiste : une intégrale Louis Couperin en pas moins de 10 volumes, totalisant près de 300 de ses œuvres. Dans cette illustre famille, il s’agit bien de l’oncle, dont on fête en 2026 le 400e anniversaire, et non de son neveu François, éminent musicien à la cour de Louis XIV. Rondeau a souhaité ainsi rendre hommage à celui qui, de son propre neveu, lui a procuré un « impact émotionnel sans détour » à l’âge de 6 ans.

Rondeau exploite les silences

D’emblée, l’interprète capte notre attention en exploitant savamment les silences dramatiques dans le prélude de la Suite en ré majeur, un mouvement inhabituellement long (plus de 8 minutes) et qui témoigne d’une grande inventivité. Les sections successives semblent en effet toutes découler du matériau musical élaboré dans ce prélude. Les deux sarabandes apportent à l’ensemble de l’œuvre un supplément d’âme et d’introspection qui contraste avec les épisodes plus exploratoires, comme l’ultime chaconne.

En plus d’être utile, voire essentiel, à l’avancement de nos connaissances sur le répertoire baroque, ce recueil d’enregistrements constitue une remarquable aventure auditive, guidé par le goût musical et l’expertise de Jean Rondeau. Les préludes, d’une part, et les chaconnes, d’autre part, sont autant de récits captivants, souvent accompagnés de surnoms qui, par définition, racontent aussi quelque chose de la musique qui nous est donnée à entendre. À cela s’ajoutent quelques incursions chez d’autres compositeurs, proches de Couperin, pour compléter le portrait d’une époque. 

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la vulgarisation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. En tant que membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et du Festival de Lanaudière. Récemment, il a écrit les notices discographiques pour l'album "Paris Memories" du pianiste Alain Lefèvre (Warner Classics, 2023) et collaboré à la révision d'une édition critique sur l’œuvre du compositeur Camille Saint-Saëns (Bärenreiter, 2022). Ses autres contrats de recherche et de rédaction ont été signés avec des institutions de premier plan telles que l'Université de Montréal, l'Opéra de Montréal, le Domaine Forget et Orford Musique. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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