Critique de disque | Andrew Staniland Calamus, Leibel, Regehr, Chafe

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Staniland: Calamus 

Jane Leibel, soprano; Vernon Regehr, violoncelle; Robert Chafe, narrateur

Leaf Music

Calamus, d’Andrew Staniland, est une adaptation de quatre poèmes tirés du recueil Feuilles d’herbe de Walt Whitman. Ils sont arrangés pour violoncelle et soprano, avec un acteur qui lit chaque poème avant la musique. L’œuvre est complétée par quatre variations pour violoncelle. Chaque chanson dure environ six à huit minutes et, avec les lectures et les variations, l’enregistrement dure environ 39 minutes.

Calamus 6 met en musique « Not Heaving from my Ribb’d Breast Only ». C’est la plus animée et la plus dissonante des quatre compositions. Elle fait largement appel à des techniques vocales et de violoncelle avancées. On y trouve des fredonnements et une diction déformée, avec des passages très déclamatoires et certains passages très aigus pour le chanteur. Le texte est fragmenté en mots et syllabes répétés. C’est une œuvre énergique et percussive, à la limite du chaos, mais qui parvient néanmoins à établir un lien entre la musique et le texte.

Aliment Roots met en musique « Roots and Leaves Themselves Alone » et est beaucoup plus lyrique que la première chanson. Elle contient de très beaux passages de violoncelle grave, et le violoncelle et la voix imitent le chant des oiseaux. Il y a des chuchotements. Tout est beaucoup plus naturel et moins abrasif.
Lacrimosa met en musique « Trickle Drops ». Il utilise des lignes prolongées pour la voix et le violoncelle, ainsi que des sections rythmiques pour suggérer à la fois le sang qui coule et un cœur qui bat. Vers la fin, il y a une longue section lente, presque dansante, pour violoncelle seul.

No Labour Saving Machine est une adaptation assez fidèle du poème du même nom. L’ouverture très longue pour soprano, accompagnée d’un minimalisme au violoncelle, présente le texte « tel quel », sans répétition ni fragmentation. Plus tard, on note une utilisation intéressante du registre aigu du violoncelle, qui pourrait presque être pris pour un sifflement.

Il s’agit donc de quatre adaptations très différentes, allant du lyrique à l’extrêmement abrasif, mais qui exigent toutes une grande virtuosité et la maîtrise de multiples techniques de la part des deux musiciens. Ces difficultés sont surmontées avec beaucoup d’habileté par la soprano Jane Leibel et le violoncelliste Vernon Regehr. La narration, par l’acteur Robert Chafe, est claire et pleine de caractère et enrichissent sans aucun doute l’expérience.

Les variations (pour violoncelle) complètent l’enregistrement. Les trois premières reprennent des idées présentes dans les trois premières chansons, par exemple le motif du cœur qui bat dans Lacrimosa. La quatrième, cependant, est différente. Elle est entièrement basée sur la première chanson, le violoncelliste murmurant les paroles de « Not Heaving » tout en jouant sur le chevalet de l’instrument. Il passe ensuite à une voix pleine sur des notes mélodiques conventionnelles jouées à l’archet.

L’enregistrement, réalisé à plusieurs reprises entre 2014 et 2024 à la School of Music de la Memorial University, est détaillé et clair, du moins dans la version haute résolution que j’ai écoutée. Il s’agit d’une sortie exclusivement numérique. Les options disponibles sont le MP3 et le format sans perte à 44,1 kHz/16 bits ou 48 kHz/24 bits. Il existe un très bon livret numérique contenant de nombreuses informations sur la musique.

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A propos de l'auteur

After a career that ranged from manufacturing flavours for potato chips to developing strategies to allow IT to support best practice in cancer care, John Gilks is spending his retirement writing about classical music, opera and theatre. Based in Toronto, he has a taste for the new, the unusual and the obscure whether that means opera drawn from 1950s horror films or mainly forgotten French masterpieces from the long 19th century. Once a rugby player and referee, he now expends his physical energy on playing with a cat appropriately named for Richard Strauss’ Elektra.

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