Critique de disque | ARC Ensemble: The Chamber Works of Ernest Kanitz

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ARC Ensemble: The Chamber Works of Ernest Kanitz

Ensemble ARC : Erika Raum et Marie Bérard, violons ; Steven Dann, alto ; Thomas Wiebe, violoncelle ; Joaquin Valdepeñas, clarinette ; Kevin Ahfat, piano.
Invités : Wallace Halladay, saxophone ; Anna Štube, violon ; Joel Quarrington, contrebasse.

Chandos, 2025

La série Music in Exile (Musique en exil) de l’ARC Ensemble continue de mettre au jour les trésors musicaux perdus d’un XXe siècle déchiré par la guerre. Dans son dernier volet, l’ensemble a fait revivre les œuvres de chambre étonnamment variées et énigmatiques d’Ernest Kanitz, un compositeur exilé de sa Vienne natale après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne. Bien que le déménagement de Kanitz aux États-Unis ait été marqué par plusieurs postes de professeur dans des conservatoires américains, sa carrière de compositeur n’a pas retrouvé l’élan dont elle jouissait dans la Vienne d’avant-guerre. Après sa mort en 1978, sa musique a été en grande partie perdue et oubliée.

Simon Wynberg, directeur artistique de l’ARC, offre à Kanitz une réintroduction des plus splendides. Comme dans les autres enregistrements de cette série, les notes de pochette de Wynberg fournissent un portrait biographique et musicologique richement détaillé du compositeur. Il observe que l’expérience d’immigrant de Kanitz n’a pas été marquée par « le regret profond et l’exaspération habituels face aux lacunes du Nouveau Monde ». Au contraire, le compositeur a découvert en Amérique « un public plus ouvert d’esprit » et une « atmosphère de liberté », qualités qui se reflètent dans son langage musical optimiste.

La musique de Kanitz est pleine de contrastes, tant au niveau du tempo que de la couleur et du caractère. Elle incarne ainsi l’esprit de possibilités du Nouveau Monde. Les changements de tempo, nombreux dans chaque morceau, sont assez soudains et spectaculaires. Pourtant, les transitions sont bien réalisées, Kanitz tissant subtilement le matériau musical d’une section à l’autre.

Prenons, par exemple, son Quatuor à cordes en ré majeur, qui commence par un mouvement élégiaque. Ici, la ligne de violoncelle grave et ondulante évoque la lente dérive somnolente de la mort, qui est soudainement interrompue par une rafale de trémolos dans les cordes aiguës. La lumière de l’au-delà perce alors, bien que momentanément, et le sommeil apaisant revient.

Ce sont des compositions audacieuses et aventureuses qui transportent l’auditeur à travers de nombreux mondes. Kanitz dispose d’une boîte à outils compositionnelle typiquement XXe siècle : textures impressionnistes, mélodies angulaires et harmonies innovantes. Pourtant, sa musique porte une empreinte profondément personnelle, qui transcende les limites du temps et de l’espace.

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A propos de l'auteur

Heather Weinreb is a writer and violin teacher from Montreal, Quebec. She completed a Bachelor of Music at McGill in 2018, where she minored in Baroque Performance. Most recently, she completed an MFA in Creative Writing at the University of Saint Thomas, Houston. Aside from her music reviews and journalism with La Scena Musicale, Heather's essays and children's poems have been published in Dappled Things and The Dirigible Ballon.

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