{"id":996848,"date":"2021-10-27T17:45:19","date_gmt":"2021-10-27T21:45:19","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=996848"},"modified":"2021-10-27T17:50:07","modified_gmt":"2021-10-27T21:50:07","slug":"critique-jean-guihen-queyras-a-la-fois-musicien-et-peintre-musical","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/justin-bernard\/critique-jean-guihen-queyras-a-la-fois-musicien-et-peintre-musical\/","title":{"rendered":"Critique: Jean-Guihen Queyras, \u00e0 la fois musicien et peintre musical"},"content":{"rendered":"\r\n<p class=\"has-drop-cap\" style=\"font-size: 18px;\">Le concert du 25 octobre \u00e0 la salle Bourgie marquait le grand retour de l\u2019enfant ch\u00e9ri de Montr\u00e9al, le violoncelliste Jean-Guihen Queyras, qui m\u00e8ne aujourd\u2019hui une brillante carri\u00e8re de soliste et de professeur \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\r\n\r\n<p>Le programme \u00e9tait pour le moins atypique. Il donnait \u00e0 entendre le violoncelliste seul sur sc\u00e8ne, sans accompagnement, et, en seconde partie, deux pi\u00e8ces en duo avec un autre violoncelliste, St\u00e9phane T\u00e9treault.<\/p>\r\n<p>Programme atypique aussi par le r\u00e9pertoire. La <i>Partita pour violoncelle seul <\/i>du compositeur turc Ahmet Adnan Saygun (1907-1991) a \u00e9t\u00e9 une d\u00e9couverte pour \u00e0 peu pr\u00e8s tout le monde et Jean-Guihen Queyras, tr\u00e8s \u00e9loquent dans ses courtes interventions orales, n\u2019a pas manqu\u00e9 de le souligner. Cette pi\u00e8ce, dont les influences sont \u00e0 la fois orientales, extr\u00eame-orientales et occidentales, lui aurait \u00e9t\u00e9 port\u00e9e \u00e0 sa connaissance par ses \u00e9tudiants turcs \u00e0 la Musikhochschule de Fribourg (Allemagne). Elle demeure accessible, malgr\u00e9 son langage r\u00e9solument moderne, et suscite un certain attrait par son m\u00e9tissage.<\/p>\r\n<p>On ne peut pas en dire autant de <i>la Suite pour violoncelle seul no 1 <\/i>de Britten, \u0153uvre somme toute difficile d\u2019approche. Au del\u00e0 du titre qu\u2019elle partage avec la suite \u00e9ponyme de Bach, celle-ci contient quelques r\u00e9miniscences lointaines de sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e, notamment dans le deuxi\u00e8me mouvement (Fuga). Jean-Guihen Queyras s\u2019est surtout illustr\u00e9 par la vari\u00e9t\u00e9 des techniques de jeu employ\u00e9es, que ce soit dans le cinqui\u00e8me mouvement tout en <i>pizzicato<\/i>, interpr\u00e9t\u00e9 sans le moindre accroc, dans le sixi\u00e8me mouvement o\u00f9 il a bien mis en valeur toutes les harmoniques de l\u2019instrument. \u00c0 cela ajoutons le huiti\u00e8me mouvement, interpr\u00e9t\u00e9 sans jamais que ne se perde une once du bourdon sur la note de <i>r\u00e9<\/i>.<\/p>\r\n<p>La <i>Suite no 1 <\/i>de Bach n\u2019avait, elle, pas besoin d\u2019introduction. Jean-Guihen Queyras nous a livr\u00e9 une interpr\u00e9tation tr\u00e8s personnelle de l&#8217;\u0153uvre, qui ne contient d\u2019ailleurs aucune indication de nuances et laisse l\u2019artiste assez libre en la mati\u00e8re. Il s\u2019est m\u00eame permis plusieurs ornementations inhabituelles dans le quatri\u00e8me mouvement (Sarabande), donnant presque l\u2019impression de les improviser. Tel un peintre, le violoncelliste a pes\u00e9 et sous-pes\u00e9 chaque couleur appliqu\u00e9e \u00e0 son jeu. Avec son archet, il a ex\u00e9cut\u00e9 une multitude de gestes capables de faire r\u00e9sonner toute l\u2019amplitude d\u2019un timbre sonore. Il \u00e9tait aussi bien aid\u00e9 en cela par la belle acoustique de la salle.<\/p>\r\n<p>La seconde partie du programme nous a permis de mieux appr\u00e9cier la qualit\u00e9 du violoncelle de Queyras, en comparaison avec celui de St\u00e9phane T\u00e9treault. Un instrument fabriqu\u00e9 par Gioffredo Cappa en 1696, aux sonorit\u00e9s chaleureuses et velout\u00e9es, alors que le Stradivarius de T\u00e9treault avait un timbre plus per\u00e7ant. Prenant la voix du haut dans les deux derni\u00e8res pi\u00e8ces du programme, le jeune violoncelliste est apparu moins rel\u00e2ch\u00e9 que Queyras. Il faut dire que leur position sur leur instrument respectif \u00e9tait assez dissemblable. La tige m\u00e9tallique soutenant le violoncelle de T\u00e9treault \u00e9tait tr\u00e8s avanc\u00e9e, ce qui pla\u00e7ait l\u2019instrument beaucoup plus haut et obligeait l\u2019interpr\u00e8te \u00e0 lever le coude droit plus haut \u00e9galement que son partenaire de sc\u00e8ne.<\/p>\r\n<p>Ils ont d\u2019abord interpr\u00e9t\u00e9 la <i>Sonate pour violoncelle et basse continue <\/i>de Jean-Baptiste Barri\u00e8re, \u0153uvre de la p\u00e9riode baroque et autre charmante d\u00e9couverte, ainsi que le <i>Duo pour deux violoncelles<\/i> d\u2019Offenbach. Dans cette \u0153uvre ultime, les r\u00e9p\u00e9titions insistantes des th\u00e8mes musicaux ont fini par nous lasser, mais il y avait n\u00e9anmoins beaucoup d\u2019entrain et de ga\u00eet\u00e9. Nous ne nous attendions \u00e0 moins du compositeur d\u2019op\u00e9rettes.<\/p>\r\n<p>En rappel, Queyras et T\u00e9trault ont offert au public un extrait de l\u2019opus 52 d\u2019Offenbach, pour deux violoncelles \u00e9galement.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le concert du 25 octobre \u00e0 la salle Bourgie marquait le grand retour de l\u2019enfant ch\u00e9ri de Montr\u00e9al, le violoncelliste Jean-Guihen Queyras, qui m\u00e8ne aujourd\u2019hui une brillante carri\u00e8re de soliste et de professeur \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Le programme \u00e9tait pour le moins atypique. 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