{"id":984490,"date":"2021-04-13T16:40:47","date_gmt":"2021-04-13T20:40:47","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/la-scena-musicale-team\/critiques-cd\/"},"modified":"2021-04-13T16:49:45","modified_gmt":"2021-04-13T20:49:45","slug":"critiques-cd","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/critiques-cd\/","title":{"rendered":"Critiques CD"},"content":{"rendered":"<p><em>par Charles Geyer, Arthur Kaptainis, Norman Lebrecht, Paul E. Robinson<\/em><\/p>\n<h4>Heggie: Songs for Murdered Sisters<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984505\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Songs-For-Murdered-Sisters-Pentatone-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"274\" height=\"274\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Songs-For-Murdered-Sisters-Pentatone-2020.jpg 550w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Songs-For-Murdered-Sisters-Pentatone-2020-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Songs-For-Murdered-Sisters-Pentatone-2020-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Songs-For-Murdered-Sisters-Pentatone-2020-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 274px) 100vw, 274px\" \/>Joshua Hopkins, baryton. Jake Heggie, piano<\/p>\n<p>Pentatone\u00a0PTC5186270 (album num\u00e9rique)<\/p>\n<p>Dur\u00e9e totale\u00a0: 27\u00a0min. 22 sec.<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729\u2729<\/p>\n<p>Le point de d\u00e9part de cet enregistrement a \u00e9t\u00e9 le meurtre de Nathalie Warmerdam par son ex-petit ami en septembre 2015. Le fr\u00e8re de Nathalie est le baryton canadien Joshua Hopkins. Hopkins a rendu hommage \u00e0 sa s\u0153ur en utilisant son talent et ses relations pour cr\u00e9er le cycle de chansons <i>Songs for Murdered Sisters<\/i>. Avec le soutien du Houston Grand Opera et de l\u2019Orchestre du Centre national des Arts, il a r\u00e9uni le compositeur am\u00e9ricain Jake Heggie et l\u2019auteure canadienne Margaret Atwood. Heggie est bien connu pour le succ\u00e8s d\u2019op\u00e9ras tels que <i>Dead Man Walking <\/i>\u2013 dont quelques repr\u00e9sentations sont pr\u00e9vues au Met la saison prochaine \u2212 et <i>Moby Dick<\/i>. Atwood est une romanci\u00e8re et po\u00e8te c\u00e9l\u00e8bre qui a \u00e9crit de nouveaux po\u00e8mes pour ce cycle de chansons. Les textes ne sont pas pr\u00e9sent\u00e9s avec l\u2019album, mais ils se trouvent dans la r\u00e9cente collection d\u2019Atwood intitul\u00e9e <i>Dearly<\/i> (Harper Collins).<\/p>\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9 de McGill, Hopkins m\u00e8ne une carri\u00e8re distingu\u00e9e et se produit r\u00e9guli\u00e8rement avec la Canadian Opera Company, le Metropolitan Opera, le Houston Grand Opera et bien d\u2019autres. Il apporte une puissance et une intensit\u00e9 formidables \u00e0 cette nouvelle \u0153uvre. Les paroles d\u2019Atwood sont \u00e9mouvantes et souvent insoute\u00adnables\u00a0: \u00ab\u00a0Tant de s\u0153urs tu\u00e9es par des hommes craintifs qui voulaient \u00eatre plus grands.\u00a0\u00bb La musique de Heggie \u2212 c\u2019est la version pour piano enregistr\u00e9e ici, mais le compositeur en a \u00e9galement fait une version orchestr\u00e9e \u2212 est moins m\u00e9morable. Il semble prendre du recul et laisser les mots porter le message. Et ce message porte sur la violence indescriptible contre les femmes, encore si pr\u00e9sente dans notre monde. Il existe une version cin\u00e9matographique du cycle de chansons; il est disponible sur www.marquee.tv. Notez que la version audio est disponible uniquement sous forme num\u00e9rique sur www.pentatonemusic.com. <em>PER<\/em><\/p>\n<h4>Beethoven\u00a0: Concerto pour violon. Mozart (?) : Concerto pour violon no\u00a07 in D K.\u00a0271a<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984503\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/artworks-BitZBb6zxXtNhcuL-JepLmg-t500x500.jpg\" alt=\"\" width=\"279\" height=\"279\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/artworks-BitZBb6zxXtNhcuL-JepLmg-t500x500.jpg 500w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/artworks-BitZBb6zxXtNhcuL-JepLmg-t500x500-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/artworks-BitZBb6zxXtNhcuL-JepLmg-t500x500-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/artworks-BitZBb6zxXtNhcuL-JepLmg-t500x500-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 279px) 100vw, 279px\" \/>Liya Petrova, violon<\/p>\n<p>Sinfonia Varsovia\/Jean-Jacques Kantorow. Mirar\u00e9\u00a0MIR522D<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Beethoven &amp; Mozart Violin Concertos in D\u00a0\u00bb est le titre original intrigant, mais l\u00e9g\u00e8rement trompeur de cette parution de Liya Petrova, d\u2019origine bulgare, et de la Sinfonia Varsovia sous Jean-Jacques Kantorow. Le <i>Concerto pour violon n\u00b0\u00a07<\/i> est-il vraiment de Mozart ou d\u2019un imposteur du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle? Il serait exag\u00e9r\u00e9 de dire que la r\u00e9ponse varie d\u2019une ligne \u00e0 l\u2019autre, mais il y a des \u00e9l\u00e9ments (notamment les pesantes textures pizzicato de l\u2019Andante central) ou des segments relativement raffin\u00e9s qui ne pourraient pas \u00eatre l\u2019\u0153uvre du compositeur \u00e9lu de Dieu, notamment dans le premier mouvement, que de nombreuses autorit\u00e9s impartiales d\u00e9clareraient (et ont m\u00eame d\u00e9clar\u00e9) authentiques. Quelle que soit la gen\u00e8se, le jeu de Petrova est ferme, urgent et \u00e9l\u00e9gant et Kantorow offre un soutien constant. Les cadences exc\u00e9d\u00e9es sont de Jean-Fr\u00e9d\u00e9ric Neuburger, un pianiste fran\u00e7ais avec qui Petrova joue fr\u00e9quemment en concert. Pas question d\u2019authenticit\u00e9 ici\u00a0! Les cadences sont \u00e9galement une source d\u2019int\u00e9r\u00eat dans le <i>Concerto pour violon<\/i> de Beethoven. Petrova opte pour l\u2019arrangement de Wolfgang Schneiderhan des excentriques duos avec timbales que Beethoven a soumis pour sa refonte de l\u2019\u0153uvre en concerto pour piano. Quel que soit l\u2019angle sous lequel nous consid\u00e9rons ces sp\u00e9cimens \u00e9tranges, Petrova s\u00e9duit l\u2019auditeur par son style affable et improvisateur. \u00ab\u00a0Je peux me joindre \u00e0 vous ?\u00a0\u00bb semble-t-elle demander apr\u00e8s l\u2019exposition orchestrale. Malheureusement, le label Mirar\u00e9 propose de longues questions-r\u00e9ponses avec la soliste au lieu de notes analytiques. Le disque vaut quand m\u00eame l\u2019\u00e9coute. <em>AK<\/em><\/p>\n<h4>Rachmaninov\u00a0: Symphonie no\u00a01 en r\u00e9 mineur, Op. 13. Danses symphoniques, Op. 45<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984501\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/rachmaninoff-symphony-no-1-symphonic-dances-e1618346975829.jpg\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"284\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/rachmaninoff-symphony-no-1-symphonic-dances-e1618346975829-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/rachmaninoff-symphony-no-1-symphonic-dances-e1618346975829-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 284px) 100vw, 284px\" \/>Orchestre de Philadelphie\/Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/p>\n<p>Deutsche Grammophon 4839839<\/p>\n<p>Dur\u00e9e totale 80\u00a0min. 52 sec<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729<\/p>\n<p>L\u2019Orchestre de Philadelphie travaille depuis longtemps en \u00e9troite collaboration avec Rachmaninov et joue sa musique. Leopold Stokowski et Eugene Ormandy ont tous deux r\u00e9alis\u00e9 des enregistrements faisant autorit\u00e9. Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin, l\u2019actuel directeur musical, perp\u00e9tue la tradition. N\u00e9zet-S\u00e9guin a d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 toutes les \u0153uvres pour piano et orchestre avec Daniil Trifonov et se concentre d\u00e9sormais sur la musique orchestrale. La <i>Symphonie n\u00b0\u00a01 <\/i>est une premi\u00e8re \u0153uvre compliqu\u00e9e, mais un interpr\u00e8te convaincu peut la d\u00e9fendre. Ormandy a fait un tr\u00e8s bon enre\u00adgistrement pour Columbia avec le Philadelphia et le chef au court mandat (2007-2012), Charles Dutoit, a produit une version ordinaire pour Decca (4362832). N\u00e9zet-S\u00e9guin nous en livre une lecture d\u00e9taill\u00e9e et \u00e9loquente. Mais pour une interpr\u00e9tation beaucoup plus dynamique, Vladimir Ashkenazy et l\u2019Orchestre du Concertgebouw (Decca\u00a028945579825) demeurent la valeur s\u00fbre.<\/p>\n<p>Dans les <i>Danses symphoniques<\/i>, N\u00e9zet-S\u00e9guin et le Philadelphia offrent un jeu \u00admagnifique, mais encore une fois il y a d\u2019autres versions qui tirent un meilleur parti de la musique. L\u2019une d\u2019elles est de Vasily Petrenko et du Royal Liverpool Philharmonic (Avie\u00a0AV2188). Celle-ci fait presque exploser la baraque avec sa puissance et son intensit\u00e9, surtout dans le troisi\u00e8me mouvement, et la qualit\u00e9 sonore est spectaculaire. Et n\u2019oublions pas l\u2019enregistrement d\u2019Ormandy en 1960. Rachmaninov a d\u00e9di\u00e9 les danses symphoniques \u00e0 ce chef et les a jou\u00e9es pour lui au piano, comme en t\u00e9moigne un enregistrement priv\u00e9 r\u00e9cemment d\u00e9couvert. Ormandy et l\u2019Orchestre de Philadelphie jouent magnifiquement bien (Sony SBK\u00a048279). <em>PER<\/em><\/p>\n<h4>Alexey Stanchinsky : Piano Works<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984499\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2.jpeg\" alt=\"\" width=\"291\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2.jpeg 900w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2-300x300.jpeg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2-150x150.jpeg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2-768x768.jpeg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2-600x600.jpeg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg3Mjk4Ni4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTQyMDE0Nzh9-2-100x100.jpeg 100w\" sizes=\"(max-width: 291px) 100vw, 291px\" \/>Peter Jablonski, piano<\/p>\n<p>Ondine ODE1383-2<\/p>\n<p>Dur\u00e9e totale\u00a0: 73\u00a0min<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e8ve de Sergue\u00ef Taneyev et d\u2019Alexandre Gretchaninov, Stantchinski a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Tolsto\u00ef comme le prochain g\u00e9nie russe, mais sa sant\u00e9 mentale s\u2019est effondr\u00e9e au milieu d\u2019une double crise familiale. Apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re en 1910, alors que Stantchinski n\u2019avait que 21 ans, sa m\u00e8re a refus\u00e9 qu\u2019il \u00e9pouse sa ma\u00eetresse enceinte. Souffrant de d\u00e9pression et d\u2019hallucinations, Stantchinski a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 chez tous les meilleurs neurologues de Russie et a pris l\u2019habitude de br\u00fbler toutes les nouvelles \u0153uvres qu\u2019il mettait sur papier.<\/p>\n<p>En mars 1914, il donna un r\u00e9cital m\u00e9morable dans la petite salle du Conservatoire de Moscou. Six mois plus tard, alors qu\u2019il tentait secr\u00e8tement de rendre visite \u00e0 sa ma\u00eetresse et \u00e0 leur fils, il tomba dans une rivi\u00e8re et se noya, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 26 ans. La cause du d\u00e9c\u00e8s a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e comme \u00e9tant une crise cardiaque, bien que la th\u00e8se du suicide ne puisse \u00eatre \u00e9cart\u00e9e.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 sa pyromanie, un grand nombre d\u2019\u0153uvres pour piano solo subsistent, avec en t\u00eate une sonate de 11 minutes, dat\u00e9e de 1906. Le pianiste su\u00e9dois Peter Jablonski s\u2019est donn\u00e9 pour mission de retrouver cette musique inconnue. Son album est impressionnant tant par l\u2019intelligence de son jeu que par la substance de la musique.<\/p>\n<p>Stantchinski occupe un territoire tonal \u00e0 mi-chemin entre Rachmaninov et Scriabine, un amalgame de mis\u00e8re suppurante et d\u2019avant-garde cingl\u00e9e. Il se concentre surtout sur le registre grave de la main gauche et il est difficile d\u2019imaginer qu\u2019il s\u2019est souvent amus\u00e9. Mais juste au moment o\u00f9 l\u2019on est sur le point d\u2019abandonner, le lugubre personnage livre, dans un brusque changement d\u2019humeur, quelque chose qui ressemble \u00e0 un riff de ragtime de Scott Joplin. Je ne suis pas certain de pouvoir assister \u00e0 un r\u00e9cital d\u2019une soir\u00e9e enti\u00e8re, mais Stantchinski m\u00e9rite d\u2019\u00eatre inclus dans toute \u00e9tude du piano russe, et Jablonski donne un compte rendu vraiment fervent de ce g\u00e9nie en panne. <em>NL<\/em><b> \u00a0<\/b><\/p>\n<h4>Musica Brasileira III<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984497\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/81Lls689zLL._SS500_.jpg\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/81Lls689zLL._SS500_.jpg 500w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/81Lls689zLL._SS500_-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/81Lls689zLL._SS500_-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/81Lls689zLL._SS500_-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 290px) 100vw, 290px\" \/>Oeuvres de Callado, Oswald, Levy, Fernandez, Mignone, Guarnieri, Santoro, Krieger, Almeida Prado, Villa-Lobos. Luiz de Moura Castro, pianiste<\/p>\n<p>Phoenix Records\u00a08 88295 96625 2<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729\u2729<\/p>\n<p>Pour une nation si formidablement peupl\u00e9e, le Br\u00e9sil est plut\u00f4t sous-repr\u00e9sent\u00e9 dans le monde de l\u2019interpr\u00e9tation classique \u2212 malgr\u00e9 la renomm\u00e9e de Heitor Villa-Lobos. Villa-Lobos est l\u2019un des nombreux compositeurs repr\u00e9sent\u00e9s dans cette collection de musique pour piano, et il est bon de signaler que sa <i>Dan\u00e7a do Indio Branco<\/i>, une explosion de feu de l\u2019ordre du <i>Pr\u00e9lude en r\u00e9 mineur<\/i> de Chopin, n\u2019est pas la seule pi\u00e8ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre entendue. Il y a un <i>Concerto pour la d\u00e9couverte du Br\u00e9sil<\/i> de 22 minutes pour piano et percussions de Jose Antonio Almeida Prado (1943-2010), qui \u00e9voque des sonorit\u00e9s remarquables, douces et fortes, apr\u00e8s un d\u00e9but muscl\u00e9. Mozart Camargo Guarnieri (1907-1993) tente de faire monter la temp\u00e9rature dans sa <i>Dan\u00e7a Negra<\/i>, mais on trouve plus de satisfaction dans des num\u00e9ros plus calmes datant du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, y compris le chopinesque <i>Flor Amorosa<\/i> d\u2019Antonio Callado, le <i>Tango Brasileiro<\/i> d\u2019Alexandre Levy et <i>B\u00e9b\u00e9 s\u2019endort<\/i> d\u2019Henrique Oswald, une charmante berceuse qui, selon les notes du livret, \u00e9voque la \u00adtendresse d\u2019une nourrice asservie pour un enfant blanc. Francisco Mignone (1891-1980) se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un digne disciple de Debussy dans sa <i>Sonatine<\/i>. Luiz de Moura Castro, un natif de Rio de Janeiro qui a enseign\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Hartford, saisit avec succ\u00e8s les diff\u00e9rents idiomes m\u00eame si son instrument sonne cru quand le volume monte. <em>AK<\/em><\/p>\n<h4>Gulda: Jazz Sinfonie in G<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984495\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9.jpeg\" alt=\"\" width=\"291\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9.jpeg 900w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9-300x300.jpeg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9-150x150.jpeg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9-768x768.jpeg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9-600x600.jpeg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/eyJidWNrZXQiOiJwcmVzdG8tY292ZXItaW1hZ2VzIiwia2V5IjoiODg2MjAwMy4xLmpwZyIsImVkaXRzIjp7InJlc2l6ZSI6eyJ3aWR0aCI6OTAwfSwianBlZyI6eyJxdWFsaXR5Ijo2NX0sInRvRm9ybWF0IjoianBlZyJ9LCJ0aW1lc3RhbXAiOjE2MTA5NTc3MjB9-100x100.jpeg 100w\" sizes=\"(max-width: 291px) 100vw, 291px\" \/>Friedrich Gulda (piano), Radio-Sinfonieorchester<br \/>\nStuttgart des SWR<\/p>\n<p>SWR\u00a0Music19096CD<\/p>\n<p>Dur\u00e9e totale\u00a0: 68\u00a0min<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729\u2729<\/p>\n<p>Le pianiste viennois Friedrich Gulda a \u00e9t\u00e9 un interpr\u00e8te de premi\u00e8re ligne de Mozart et de Beethoven dans les ann\u00e9es\u00a01950 et 1960. S\u2019il s\u2019en \u00e9tait tenu aux classiques et avait modifi\u00e9 ses comportements plus excentriques, il aurait peut-\u00eatre combl\u00e9 l\u2019espace dans les catalogues de disques qui fut bient\u00f4t occup\u00e9 par Alfred Brendel.<\/p>\n<p>Gulda, cependant, \u00e9tait un homme aux multiples facettes. Apr\u00e8s avoir fait ses d\u00e9buts au Carnegie Hall, il est parti jouer au Newport Jazz Festival. Il portait un k\u00e9pi turc sur sc\u00e8ne, parfois il \u00e9tait m\u00eame nu.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat pour le jazz \u00e9tait non p\u00e9cuniaire et enti\u00e8rement d\u00e9vorant. Il a organis\u00e9 un concours international pour les compositeurs de jazz moderne et mis en place un cours d\u2019\u00e9t\u00e9 d\u2019improvisation. En 1970, il a \u00e9crit une symphonie en sol qui combinait un orchestre \u00e0 cordes classique et un big band de jazz. Elle comporte trois mouvements\u00a0: Maestoso, Andante et Adagio. Elle est plus proche de Nuremberg que de la Nouvelle-Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p>Mais Gulda a un don pour la m\u00e9lodie et ses mouvements lents sont sans pr\u00e9tention. Il dirige lui-m\u00eame l\u2019orchestre de la radio de Stuttgart et, si vous achetez ce disque, vous serez parmi les premiers \u00e0 entendre la symphonie, puisqu\u2019elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e auparavant. Na\u00efve, au pire, elle a 35 minutes d\u2019invention, ce qui est plus que ce que l\u2019on peut dire de la plupart des symphonies de la fin du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Et si votre attention faiblit, passez aux morceaux de Gulda jouant du piano, o\u00f9 vous serez instantan\u00e9ment conscient d\u2019\u00eatre en pr\u00e9sence d\u2019un ma\u00eetre. <em>NL<\/em><\/p>\n<h4>Frankly Sharon<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984507\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/91Zym8MBEL._SS500_.jpg\" alt=\"\" width=\"283\" height=\"283\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/91Zym8MBEL._SS500_.jpg 500w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/91Zym8MBEL._SS500_-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/91Zym8MBEL._SS500_-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/91Zym8MBEL._SS500_-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 283px) 100vw, 283px\" \/>Sharon Azrieli, chanteuse<br \/>\nFrank Wildhorn, compositeur, pianiste<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605\u2605<\/b>\u2729<\/p>\n<p>Sharon Azrieli est beaucoup de choses \u2212 soprano d\u2019op\u00e9ra, m\u00e9c\u00e8ne, chanteuse de liturgie h\u00e9bra\u00efque et m\u00eame musicologue (elle a publi\u00e9 une \u00e9tude intrigante sur les influences possibles de la musique juive ladino sur le jeune Giuseppe Verdi). Dans son nouvel album, <i>Frankly Sharon<\/i>, Azrieli se r\u00e9incarne \u00e0 nouveau \u2013 cette fois en chanteuse de th\u00e9\u00e2tre musical par excellence.<\/p>\n<p>Le titre de l\u2019album est un jeu de mots intelligent \u2212 toutes les chansons sont du compositeur de Broadway Frank Wildhorn (cr\u00e9ateur des com\u00e9dies musicales \u00e0 succ\u00e8s <i>Jekyll &amp; Hyde<\/i> et <i>The Scarlet Pimpernel<\/i>, entre autres) et Wildhorn \u00adlui-m\u00eame fournit un accompagnement au piano qui est superpos\u00e9 de mani\u00e8re impressionnante aux orchestrations riches et \u00e9vocatrices.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est lui qui m\u2019a appris \u00e0 les chanter\u00a0\u00bb, dit Azrieli \u00e0 propos de sa collaboration avec Wildhorn, et l\u2019auditeur ne peut que ressentir l\u2019affinit\u00e9 profonde et ais\u00e9e entre le travail vocal d\u2019Azrieli et la virtuosit\u00e9 d\u00e9licate des morceaux pour piano de Wildhorn.<\/p>\n<p>L\u2019album est un riche voyage \u00e0 travers \u00addiff\u00e9rentes humeurs \u2212 un cycle de chansons faussement facile \u00e0 \u00e9couter et \u00e0 l\u2019apparence spontan\u00e9e qui s\u2019ouvre sur l\u2019insouciance toute parisienne de <i>Storybook<\/i> (de Pimpernel), puis se poursuit vers le d\u00e9sir ardent de <i>Finding Wonderland<\/i> (extrait de la com\u00e9die musicale sur le th\u00e8me d\u2019Alice au pays des merveilles de Wildhorn) et se faufile ensuite \u00e0 travers des chemins plus charg\u00e9s \u00e9motionnellement avant de d\u00e9poser l\u2019auditeur en toute s\u00e9curit\u00e9 chez lui avec la promesse charmante et juv\u00e9nile que tout peut arriver avec <i>Anything Can Happen<\/i>.<\/p>\n<p>Les r\u00e9alisations vocales d\u2019Azrieli sont impressionnantes et inattaquables, notamment en \u00adraison de sa capacit\u00e9 \u00e0 allier sa technique impeccable avec une impression de conversation chaleureuse et confidentielle. <i>Frankly Sharon<\/i> est une exp\u00e9rience \u00e0 la fois intime et experte \u2212 un s\u00e9duisant r\u00e9cital intime dans une de ces bo\u00eetes hant\u00e9es par l\u2019esprit de Piaf.<\/p>\n<p>Et Azrieli la linguiste m\u00e9rite \u00e9galement de grandes f\u00e9licitations\u00a0: la plupart des num\u00e9ros de <i>Frankly Sharon<\/i> sont des traductions en fran\u00e7ais, deux en italien et une en h\u00e9breu (le sinueux et charmant <i>Achshav<\/i>, traduit de la chanson de Wildhorn <i>Now<\/i>), avant de conclure en anglais. \u00c0 l\u2019exception de l\u2019anglais, toutes les traductions sont d\u2019Azrieli elle-m\u00eame. <em>CG<\/em><\/p>\n<h4>Im Abendrot &#8211;\u00a0Songs by Wagner, Pfitzner, Strauss<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-984493\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2.jpg\" alt=\"\" width=\"291\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2.jpg 1200w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/1200x1200bf-60-2-768x768.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 291px) 100vw, 291px\" \/>Matthias Goerne, baryton. Seong-Jin Cho, piano<\/p>\n<p>Deutsche Grammophon 4860274<\/p>\n<p><b>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/b><\/p>\n<p>Une amie russe cultiv\u00e9e me disait l\u2019autre jour qu\u2019elle ne supporte pas d\u2019\u00e9couter des lieder \u2013 \u00ab\u00a0tous ces cris et qui plus est en allemand\u00a0\u00bb. Un antidote \u00e0 de tels pr\u00e9jug\u00e9s est apparu sur le pas de ma porte le lendemain.<\/p>\n<p>Le baryton Matthias Goerne, \u00e0 la voix de velours bross\u00e9 et \u00e0 la diction plus claire qu\u2019une vodka sur glace, est la parfaite riposte \u00e0 ce genre d\u2019objection, d\u2019autant plus lorsqu\u2019il chante des lieder qui sont habituellement r\u00e9serv\u00e9s aux sopranos. Les <i>Wesendonck Lieder<\/i> de Wagner sont magnifiquement color\u00e9s dans des tons de jaune et de brun rappelant les rives d\u2019un lac, le morceau central <i>Im Treibhaus<\/i> d\u00e9voile les ombres de <i>Tristan und Isolde<\/i> et le morceau final <i>Tr\u00e4ume<\/i> enterre presque l\u2019envie d\u2019aimer.<\/p>\n<p>Pfitzner (1869-1949) est un compositeur de la trempe d\u2019un vieux marin, qui s\u2019accroche \u00e0 vous lorsque vous vous rappelez que vous avez plus important \u00e0 faire. Son interpr\u00e9tation de <i>Im Abendrot<\/i> forme un contraste poignant avec la chanson du m\u00eame titre de Strauss. Les cinq morceaux de Strauss sont de petits miracles, le meilleur \u00e9tant le tr\u00e8s chant\u00e9 <i>Morgen!<\/i>, que Goerne arrache d\u00e9licatement \u00e0 l\u2019empreinte f\u00e9minine. Au-del\u00e0 de l\u2019excellence du chant, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fait par le jeu empathique du pianiste cor\u00e9en Seong-Jin Cho, \u00adlaur\u00e9at du concours Chopin, un artiste d\u2019une sensibilit\u00e9 bien sup\u00e9rieure \u00e0 ses 25 ans, qui d\u00e9tourne le r\u00e9cit dans ses meilleurs moments. Si vous ne supportez pas le chant des lieder, \u00e9coutez simplement le piano.<em> NL<\/em><\/p>\n<p><em>Traduction par Andr\u00e9anne Venne<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Charles Geyer, Arthur Kaptainis, Norman Lebrecht, Paul E. Robinson Heggie: Songs for Murdered Sisters Joshua Hopkins, baryton. Jake Heggie, piano Pentatone\u00a0PTC5186270 (album num\u00e9rique) Dur\u00e9e totale\u00a0: 27\u00a0min. 22 sec. \u2605\u2605\u2605\u2729\u2729 Le point de d\u00e9part de cet enregistrement a \u00e9t\u00e9 le meurtre de Nathalie Warmerdam par son ex-petit ami en septembre 2015. Le fr\u00e8re de Nathalie<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/critiques-cd\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2814,"featured_media":984501,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[394],"tags":[44559,45583,45582,45491,5699,45584,45585],"class_list":{"0":"post-984490","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-musique-classique","8":"tag-deutsche-grammophon-fr","9":"tag-mirare","10":"tag-nazih-borish-fr","11":"tag-ondine-fr","12":"tag-pentatone","13":"tag-phoenix-records","14":"tag-swr-music","15":"type-critique-de-disque","16":"issue-vol-26-issue-6-fr"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/rachmaninoff-symphony-no-1-symphonic-dances-e1618346975829.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/rachmaninoff-symphony-no-1-symphonic-dances-e1618346975829-300x199.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/rachmaninoff-symphony-no-1-symphonic-dances-e1618346975829.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/984490"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2814"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=984490"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/984490\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/984501"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=984490"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=984490"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=984490"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}