{"id":976052,"date":"2020-11-13T17:08:13","date_gmt":"2020-11-13T22:08:13","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/la-scena-musicale-team\/cd-reviews-4\/"},"modified":"2021-06-12T16:44:29","modified_gmt":"2021-06-12T20:44:29","slug":"cd-reviews-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/cd-reviews-4\/","title":{"rendered":"Critiques de disques"},"content":{"rendered":"<p>Par Justin Bernard, Arthur Kaptainis, Norman Lebrecht et Paul E. Robinson<\/p>\n<p><strong>Vivaldi\u00a0: <em>Luce e ombra<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Myriam Leblanc, soprano. Gr\u00e9goire Jeay, fl\u00fbte; Antoine Malette-Ch\u00e9nier, harpe triple baroque; Marie-Michel Beauparlant, violoncelle (Ensemble Mirabilia)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Analekta AN 2 9137<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 60\u00a0min\u00a047<\/strong><\/p>\n<p>3\/5<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/an29137-vivaldi-luce-e-ombra-myriam-leblanc-soprano_CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-976032 size-medium\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/an29137-vivaldi-luce-e-ombra-myriam-leblanc-soprano_CMYK-e1605306741291-300x153.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/a><\/p>\n<p>Associ\u00e9 dans l\u2019esprit du public \u00e0 ses concertos anim\u00e9s, Vivaldi \u00e9tait tout aussi prolifique (et pr\u00e9visible) en tant que compositeur vocal. Ce programme mettant en vedette la jeune soprano lyrique Myriam Leblanc m\u00e9lange des num\u00e9ros m\u00e9lancoliques et rapides avec des entractes instrumentaux par un trio de fl\u00fbte, violoncelle et harpe (la derni\u00e8re en remplacement d\u2019un clavecin et sonnant comme un luth). Le morceau d\u2019ouverture, un air prolong\u00e9 (\u00ab\u00a0Gelido in ogni vena\u00a0\u00bb) de l\u2019op\u00e9ra <em>Il Farnace<\/em>, \u00e9voque l\u2019<em>Hiver<\/em> avec les sonorit\u00e9s superpos\u00e9es de l\u2019introduction. La fl\u00fbte r\u00e9guli\u00e8re et implacable de Gr\u00e9goire Jeay est presque un deuxi\u00e8me soliste dans la cantate <em>All\u2019ombra di sospetto<\/em>. Leblanc a une voix pure et agile. Elle applique le vibrato avec parcimonie, m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 de longues suspensions pourraient avoir besoin d\u2019un peu d\u2019intensit\u00e9 et de soutien. On a l\u2019impression parfois d\u2019entendre un gar\u00e7on soprano d\u00e9verser de fa\u00e7on improbable des \u00e9motions adultes. Il s\u2019agit n\u00e9anmoins d\u2019un programme agr\u00e9able, enregistr\u00e9 \u00e9troitement en accord avec les forces modestes. Le livret comprend des textes complets, mais aucune note explicative. AK<\/p>\n<p><strong>Britten\u00a0: <em>Sinfonia da Requiem<\/em>. <\/strong><br \/>\n<strong>(\u201cThe British Project.\u201d)<\/strong><\/p>\n<p><strong>City of Birmingham SO\/Mirga Gra\u017einyt\u0117-Tyla<\/strong><\/p>\n<p><strong>DG 4839072<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e : 20 min 9 sec<\/strong><\/p>\n<p>4\/5<\/p>\n<p>Comme <em>La Messe en ut majeur <\/em>de Beethoven qui est \u00e9clips\u00e9e par sa puissante <em>Messe solennelle en r\u00e9 majeur<\/em>, la <em>Sinfonia da Requiem<\/em> de Benjamin Britten est parfois confondue avec le <em>War Requiem<\/em>, m\u00eame si les deux \u0153uvres n\u2019ont rien en commun. <em>La Sinfonia<\/em>, \u0153uvre pour orchestre uniquement, ne dure que 20 minutes et est parcourue d\u2019ambivalence personnelle.<\/p>\n<p>Britten a re\u00e7u la commande en 1939, s\u2019\u00e9tant r\u00e9cemment install\u00e9 \u00e0 New York et ayant \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 son mode de vie cosmopolite, beaucoup plus color\u00e9 que les grisailles de Londres. La commande est venue du gouvernement japonais, pour marquer le 2600<sup>e<\/sup>\u00a0anniversaire de la dynastie au pouvoir. Le Japon avait brutalement envahi la Chine. Britten \u00e9tait un pacifiste. Il a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 un journaliste\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019en fais quelque chose d\u2019aussi antiguerre que possible.\u00a0\u00bb Mais il a accept\u00e9 l\u2019argent. L\u2019ann\u00e9e suivante, il \u00e9tait convoqu\u00e9 au consulat japonais pour \u00eatre accus\u00e9 d\u2019insulte \u00e0 la nation (on ne lui a pas demand\u00e9 de remboursement).<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e en premi\u00e8re au Carnegie Hall le 29 mars 1941 par l\u2019Orchestre philharmonique de New York et son chef John Barbirolli. La seconde pr\u00e9sentation, \u00e0 Boston, a \u00e9t\u00e9 plus cons\u00e9quente. Le chef Serge Koussevitsky l\u2019a tellement aim\u00e9e qu\u2019il a charg\u00e9 Britten d\u2019\u00e9crire son premier op\u00e9ra majeur, <em>Peter Grimes<\/em>. Entre l\u2019entr\u00e9e du Japon dans la Seconde Guerre mondiale et sa nouvelle pr\u00e9occupation pour l\u2019op\u00e9ra, la <em>Sinfonia da Requiem<\/em> a \u00e9t\u00e9 mise de c\u00f4t\u00e9. \u00c0 ce jour, elle occupe rarement le devant de la sc\u00e8ne en tant qu\u2019\u0153uvre formatrice d\u2019un brillant compositeur dans la vingtaine.<\/p>\n<p>Form\u00e9e de deux mouvements ext\u00e9rieurs sombres et d\u2019un mouvement central agit\u00e9, tous portant des titres catholiques romains, la <em>Sinfonia<\/em> couvre toute une gamme d\u2019humeurs, de la piti\u00e9 \u00e0 la passion. Mahler est une influence incontournable, notamment sa <em>Symphonie no\u00a09<\/em>, tandis que les \u00e9ruptions de cuivres et de percussions appartiennent \u00e0 Igor Stravinski et l\u2019atmosph\u00e8re \u00e0 la fragilit\u00e9 de la guerre et au malaise moral du compositeur. Britten vivait dans le confort des \u00c9tats-Unis tandis que sa patrie \u00e9tait bombard\u00e9e par les Allemands.<\/p>\n<p>Ces conflits sont puissamment projet\u00e9s dans un nouvel enregistrement hypertendu de l\u2019Orchestre symphonique de Birmingham et de sa directrice musicale lituanienne Mirga Gra\u017einyt\u0117-Tyla. Contrairement \u00e0 beaucoup d\u2019interpr\u00e9tations anglaises respectueuses que j\u2019ai entendues, celle-ci refl\u00e8te la vie sur la corde raide, sa continuit\u00e9 incertaine, sa foi vacillante jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extinction. On sent l\u2019incertitude, d\u2019une mesure \u00e0 l\u2019autre, de la direction que prendra le monde. C\u2019est l\u2019interpr\u00e9tation la moins anglaise que j\u2019aie entendue, et c\u2019est tant mieux. Gra\u017einyt\u0117-Tyla \u00e9tire le rubato jusqu\u2019\u00e0 la transparence et admet des notes d\u2019atonalit\u00e9. Ressent-elle les sentiments contradictoires du compositeur\u00a0? C\u2019est un r\u00e9cit tout \u00e0 fait captivant, offert en t\u00e9l\u00e9chargement chez DG. NL<\/p>\n<p><strong><em>The Spirit and the Dust<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Beverley Johnston, percussions; Marc Djokic, violon; Amici Chamber Ensemble<\/strong><\/p>\n<p><strong>Centredisques CMCCD 27920<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 67 minutes<\/strong><\/p>\n<p>5\/5<\/p>\n<p>Plus t\u00f4t cette ann\u00e9e, le Centre de musique canadienne a fait para\u00eetre un enregistrement que l\u2019on vous recommande chaudement, <em>The Spirit and the Dust<\/em>. Mettant en vedette la percussionniste Beverley Johnston, accompagn\u00e9e du violoniste Marc Djokic et de l\u2019ensemble de chambre Amici, cet album m\u00eale ambiance psych\u00e9d\u00e9lique, r\u00eaverie surnaturelle et exploration de sonorit\u00e9s venues d\u2019ailleurs. Le timbre du marimba et du vibraphone nous transporte par moments dans un \u00e9tat de transe qui rend les \u0153uvres s\u00e9duisantes \u00e0 l\u2019oreille, malgr\u00e9 leur langage r\u00e9solument moderne. Bref, des \u0153uvres int\u00e9ressantes et accessibles, sign\u00e9es Dinuk Wijeratne, Christos Hatzis, Norbert Palej et Richard Mascall qui sont tous des compositeurs tr\u00e8s actifs dans le milieu de la musique contemporaine. Mentionnons, par exemple, <em>The Spirit and the Dust<\/em> de Wijeratne qui donne son nom \u00e0 l\u2019album et dont l\u2019ambiance flottante, a\u00e9rienne, c\u00f4toie parfois l\u2019angoisse et l\u2019horreur. Le cycle de trois pi\u00e8ces intitul\u00e9 <em>Vignettes<\/em> de Hatzis fait dialoguer admirablement le marimba et le violon, tandis que <em>Ser con \u00c9l <\/em>de Palej m\u00eale la musique \u00e0 des textes parl\u00e9s. En guise de conclusion, Beverley Johnston et Marc Djokic joignent \u00e0 nouveau leurs forces dans <em>Quantum Hologram <\/em>de Mascall; une \u0153uvre magistrale de plus de 17 minutes qui n\u2019est jamais \u00e0 court d\u2019id\u00e9es musicales. Ce disque plaira \u00e0 tous ceux qui r\u00e9sistent encore \u00e0 la musique contemporaine. JB<\/p>\n<p><strong>Beethoven\u00a0: Sonates pour violon et piano, <\/strong><br \/>\n<strong>op. 12 nos 1-3; Op. 24<\/strong><\/p>\n<p><strong>Andrew Wan, violon. Charles Richard-Hamelin, piano<\/strong><\/p>\n<p><strong>Analekta AN2 8795<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 69\u00a0min\u00a058<\/strong><\/p>\n<p>4\/5<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Analekta-AN2-8795-Beethoven-CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-976034 alignright\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Analekta-AN2-8795-Beethoven-CMYK-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/a>Ce disque fonctionne bien comme chasseur de cafard de l\u2019\u00e8re COVID-19 et rappelle \u00e0 point nomm\u00e9 combien accompli est le g\u00e9nie de Beethoven pour tous et partout (en d\u00e9pit des effusions id\u00e9ologiques contemporaines contraires). Les quatre sonates, et en fait tous les mouvements sauf un, sont dans une tonalit\u00e9 majeure. Non que la bonhomie rayonnante semble jamais facile, Beethoven \u00e9tant le plus grand ma\u00eetre de tous en l\u2019art de repr\u00e9senter la vie dans son ombre aussi bien que dans son ensoleillement. Andrew Wan, c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de l\u2019OSM, est capable de faire des remarques incisives avec subtilit\u00e9. Il est ad\u00e9quatement assorti au piano de l\u2019attentionn\u00e9 Charles Richard-Hamelin. Nous avons le sentiment que ces grandes \u0153uvres sont l\u2019expression non seulement de la parit\u00e9, mais aussi de l\u2019amiti\u00e9. Il serait difficile de demander un gazouillis plus enjou\u00e9 dans le premier mouvement de l\u2019opus 12 n\u00b0 2, pris dans un Allegro vivace relativement d\u00e9tendu. L\u2019ouverture de la Sonate \u00ab\u00a0Le Printemps\u00a0\u00bb op. 24 s\u2019\u00e9l\u00e8ve gentiment et il y a une foison de clair-obscur dans le mouvement lent. Ma seule objection concerne le non-respect des r\u00e9p\u00e9titions du premier mouvement. Bien s\u00fbr, je n\u2019ai que mon affection d\u00e9mod\u00e9e pour les disques compacts \u00e0 bl\u00e2mer. On me dit que la diffusion en ligne ou le t\u00e9l\u00e9chargement vous donne la totale. AK<\/p>\n<p><strong>Herbert von Karajan. <\/strong><br \/>\n<strong>The Complete Decca Recordings<\/strong><\/p>\n<p><strong>Decca 483 4903 (33 disques).<\/strong><\/p>\n<p>5\/5<\/p>\n<p>Il fut un temps, il y a environ 60 ans, o\u00f9 Herbert von Karajan \u00e9tait appel\u00e9 officieusement le \u00ab\u00a0directeur g\u00e9n\u00e9ral de la musique de l\u2019Europe\u00a0\u00bb. En 1960, il \u00e9tait chef d\u2019orchestre \u00e0 vie de la Philharmonie de Berlin, directeur artistique de l\u2019Op\u00e9ra d\u2019\u00c9tat de Vienne, chef d\u2019orchestre en chef de l\u2019Orchestre Philharmonia de Londres et chef d\u2019orchestre fr\u00e9quent de la Philharmonie de Vienne, de la Scala et du Festival de Salzbourg. Il \u00e9tait \u00e9galement sous contrat avec les trois principales maisons de disques, EMI, Deutsche Grammophon et Decca.<\/p>\n<p>\u00c0 Decca, il a eu la chance de travailler r\u00e9guli\u00e8rement avec John Culshaw, peut-\u00eatre le plus important producteur de sa g\u00e9n\u00e9ration. Avec Culshaw aux commandes, Karajan r\u00e9alise des dizaines d\u2019enregistrements, dont la plupart des neuf op\u00e9ras de ce nouveau coffret. Plusieurs comm\u00e9morent des productions l\u00e9gendaires \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra d\u2019\u00c9tat de Vienne, chacune mettant en vedette les meilleurs chanteurs de l\u2019\u00e9poque. Vous y trouverez <em>La Boh\u00e8me <\/em>avec Pavarotti, Freni et Ghiaurov; <em>Madama Butterfly<\/em> avec Pavarotti, Freni et Ludwig; <em>Tosca<\/em> avec Leontyne Price, Di Stefano et Taddei; <em>Carmen<\/em> avec Price, Corelli, Freni et Merrill; <em>Otello<\/em> avec Del Monaco, Tebaldi et Protti; <em>Boris Godounov<\/em> avec Ghiaurov dans le r\u00f4le-titre; <em>Le Nozze di Figaro<\/em> avec van Dam, Krause, Cotrubas et von Stade; <em>Aida<\/em> avec Tebaldi, Bergonzi et Simionato; et <em>Die Fledermaus<\/em> dans un concert de gala mettant en sc\u00e8ne Gueden, Kmentt, Waechter et Berry, avec des apparitions de Nilsson, Bjl\u00f6rling, Tebaldi, Price, Sutherland et bien d\u2019autres. Plusieurs de ces ex\u00e9cutions sont quasi-immortelles et chacune d\u2019entre elles m\u00e9rite d\u2019\u00eatre r\u00e9\u00e9cout\u00e9e.<\/p>\n<p>Le reste des enregistrements pr\u00e9sente Karajan avec l\u2019Orchestre philharmonique de Vienne dans des interpr\u00e9tations qu\u2019il a mieux r\u00e9ussies avec d\u2019autres orchestres, avant ou apr\u00e8s \u2013 \u00e0 l\u2019exception d\u2019une lecture extraordinairement puissante des <em>Plan\u00e8tes<\/em> de Holst et des ex\u00e9cutions coruscantes de <em>Don Juan<\/em> et de <em>Mort et Transfiguration<\/em> de Strauss. \u00c9videmment, la principale raison d\u2019investir dans ce coffret est de compl\u00e9ter votre collection Karajan ou parce que vous n\u2019avez pas r\u00e9ussi \u00e0 acqu\u00e9rir les enregistrements d\u2019op\u00e9ra au fil des ans. Il n\u2019y a pas de librettos, mais ils sont facilement accessibles sur www.booklets.deccaclassics.com. PER<\/p>\n<p><strong>Peter-Anthony Togni\u00a0: <em>Sea Dreams<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Luminous Voices Chamber Choir\/Timothy Shantz. Kate Patridge (soprano), Sarah Han-Scinocco (fl\u00fbte), Sarah MacDonald (fl\u00fbte), Tova Olson, Victor Cheng (percussion), Jeff Reilly (clarinette basse)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Leaf Music LM236<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 61\u00a0min\u00a039<\/strong><\/p>\n<p>4\/5<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-976040 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK-600x601.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Leaf-Music-LM236-Sea-Dream-Luminous-voices_CMYK.jpg 702w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Les enregistrements rayonnants et\/ou relaxants de chorales ne sont pas exactement rares. Il y a toujours de la place pour un autre. Ici, les Luminous Voices de Calgary, qui se d\u00e9crivent avec pr\u00e9cision, sous la direction de leur directeur musical Timothy Shantz, font un plaidoyer admirable pour les partitions sacr\u00e9es du compositeur n\u00e9o-\u00e9cossais Peter-Anthony Togni. En commen\u00e7ant par un <em>Totus Tuus<\/em> calmement \u00e9difiant et essentiellement consonant adress\u00e9 \u00e0 la Vierge. La texture simple d\u2019un <em>Requiem et Lux<\/em> est doucement anim\u00e9e par une dynamique subtile. Les dissonances sont si purement rendues par ces chanteurs (31 sont r\u00e9pertori\u00e9s dans le livret) qu\u2019elles projettent une immobilit\u00e9 paradoxale. Une version en fran\u00e7ais du psaume 98 transforme les mots \u00ab\u00a0chantez au Seigneur\u00a0\u00bb en une figure ostinato tr\u00e8s vivante. La composition-titre en trois mouvements s\u2019ouvre sur un s\u00e9duisant duo de fl\u00fbtes et se d\u00e9veloppe agr\u00e9ablement. Le traitement du texte de T.S. Eliot est aussi bien d\u00e9votionnel que maritime. Les mers sont g\u00e9n\u00e9ralement calmes, mais il y a des scintillements d\u2019embruns et de soleil. \u00ab\u00a0Monter dans un bateau ou sur un navire est une sorte d\u2019acte de foi, dit le compositeur. Nous ne pouvons que prier et avoir confiance que le voyage sera couronn\u00e9 de succ\u00e8s.\u00a0\u00bb Celui-ci l\u2019est. AK<\/p>\n<p><strong><em>Singing in the Dead of Night<\/em>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Eighth Blackbird.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cedille CDR90000195.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 45\u00a0min<\/strong><\/p>\n<p>4\/5<\/p>\n<p><strong><em>Love &amp; Death<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Navarra String Quartet<\/strong><\/p>\n<p><strong>Orchid Classics ORC100135<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 80 min<\/strong><\/p>\n<p>3\/5<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-976042 alignright\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Love-Death.-Navarra-String-Quartet.-Orchid-Classics-CMYK.jpg 702w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Vous m\u2019entendrez parfois dire aux g\u00e9n\u00e9rations montantes qu\u2019elles devraient \u00e9couter les nouvelles musiques de notre \u00e9poque plut\u00f4t que Beethoven et Mahler, qu\u2019elles appr\u00e9cieront davantage dans la cinquantaine. Inutile de dire que je n\u2019en ai pas beaucoup converti. Toutes les excuses habituelles tiennent\u00a0: rentrer du travail, pr\u00e9parer le d\u00eener, mettre les enfants au lit, v\u00e9g\u00e9ter sur le canap\u00e9, aucune concentration restante pour les grincements et les cris des compositeurs contemporains.<\/p>\n<p>Je sais, je suis pass\u00e9 par l\u00e0. Mais je continue d\u2019essayer de persuader les plus jeunes d\u2019\u00e9couter la nouveaut\u00e9. Tendez vos oreilles, par exemple, au nouvel album d\u2019Eighth Blackbird qui comprend trois compositeurs am\u00e9ricains \u2212 David Lang, Julia Wolfe et Michael Gordon \u2212 avec des fragments de la chanson aviaire des Beatles. Vous vous souvenez des Beatles\u00a0? Des compositeurs contemporains du milieu du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, peu entendus aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>J\u2019adore ce que ces sp\u00e9cialistes de la tonalit\u00e9 font avec les morceaux des Beatles. Une bribe d\u2019Eleanor Rigby attire mon oreille, parmi un \u00e9ventail de bruits de salle de bain, d\u2019interactions diverses et d\u2019airs connus. L\u2019album ne dure que 45 minutes, mais je pourrais rester assis et l\u2019\u00e9couter pendant des heures.<\/p>\n<p><em>Love and Death<\/em> du quatuor Navarra passe du sobre au sombrero. Une complainte de torero de Joaqu\u00edn Turina (1882 \u00e0 1949) m\u2019est totalement nouvelle. J\u2019ai \u00e9crit au torero pour lui conseiller de se former \u00e0 la musique pour r\u00e9orienter sa carri\u00e8re post-Covid.<\/p>\n<p>Les grandes attractions sur l\u2019album viennent du microminimaliste hongrois Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g (n\u00e9 en 1926), qui requiert toute votre attention pendant une ou deux minutes et r\u00e9compense vos efforts plus richement que vous ne pourriez l\u2019imaginer. Les autres \u0153uvres sont les Crisantemi de Puccini, les quatuors <em>La Sonate \u00e0 Kreutzer<\/em> de Jan\u00e1\u010dek et La jeune fille et la Mort de Schubert \u2212 toutes magnifiquement interpr\u00e9t\u00e9es par les Navarra, mais ce n\u2019est pas meilleur que les trois contemporains. La nouvelle musique est bonne. Faites-en l\u2019essai. NL<\/p>\n<p><strong>Reena Esmail\u00a0: <em>This Love Between Us: Prayers for Unity<\/em>. Barbara Croall\u00a0: <em>Giishkaapkag<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>The Elora Singers\/Mark Vourinen.<\/strong><\/p>\n<p><strong>TESR 001<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 54\u00a0min<\/strong><\/p>\n<p><strong>4\/5<\/strong><\/p>\n<p>Cet enregistrement des deux douzaines des Elora Singers sous la direction de Mark Vourinen s\u2019inscrit clairement dans la tendance actuelle qui met l\u2019accent sur la diversit\u00e9 culturelle. L\u2019\u0153uvre la plus longue, de la compositrice am\u00e9rindienne Reena Esmail, int\u00e8gre plusieurs langues et tente de recenser les principales religions du monde en sept mouvements \u2013 dans les styles musicaux indiens et occidentaux. Un d\u00e9fi de taille. La partition (qui fait appel \u00e0 un orchestre de plus de 20 instruments, dont le sitar et le tabla) est particuli\u00e8rement convaincante dans la section Hindouisme, o\u00f9 les solistes alternent de longues lignes de legato en hindi et en anglais. L\u2019\u00e9criture chorale honore la pratique occidentale plus dans la br\u00e8che que dans l\u2019observance. Les intervalles ouverts et les modulations soudaines sont nombreux, les r\u00e9p\u00e9titions abondent. <em>Giishkaapkag<\/em> (\u00ab\u00a0O\u00f9 la pierre est coup\u00e9e\u00a0\u00bb), de la compositrice de la Premi\u00e8re Nation des Odawa Barbara Croall, est une r\u00e9ussite encore plus grande. Les roches sont ici repr\u00e9sent\u00e9es comme des creusets des \u00e2mes de femmes indig\u00e8nes disparues et assassin\u00e9es. Les \u00e2mes \u00e9mergent par des vocalises qui sont int\u00e9gr\u00e9es dans l\u2019imagerie de la nature. Les r\u00e9sultats sont enti\u00e8rement organiques. En effet, les techniques chorales \u00e9tendues sonnent plus primitives que modernes. Malgr\u00e9 le contexte, la partition parvient \u00e0 affirmer la vie, notamment gr\u00e2ce aux obbligatos \u00e9vocateurs du papigwan (fl\u00fbte traditionnelle en c\u00e8dre) tels qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9s par la compositrice. Difficile d\u2019un point de vue technique \u2013 les Elora Singers sont clairement des professionnels \u2013, cette \u0153uvre impressionnante m\u00e9rite une diffusion rapide et \u00e9tendue. AK<\/p>\n<p><strong><br \/>\nBeethoven\u00a0: Variations <\/strong><br \/>\n<strong>(Op. 34, Op. 35, WoO69, 70, 78, 79, 80)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Angela Hewitt, piano<\/strong><\/p>\n<p><strong>Hyperion CDA68346<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e\u00a0: 79\u00a0min\u00a040<\/strong><\/p>\n<p><strong>4\/5<\/strong><\/p>\n<p>Aimeriez-vous un petit Bach avec votre Beethoven ? Angela Hewitt r\u00e9pond avec une version splendidement pointilliste des <em>32 Variations en do mineur<\/em>, autrefois dans le r\u00e9pertoire d\u2019Horowitz et qui devraient \u00eatre reprises plus souvent. Ce rat-a-tat virtuose est impressionnant sur le piano Fazioli bien-aim\u00e9 (et brillant) de Hewitt, mais les murmures des variations plus calmes le sont tout autant, incluant la 30<sup>e<\/sup> variation, r\u00e9alis\u00e9e <em>tranquillemente<\/em>, comme le veut le compositeur. Nous obtenons des interpr\u00e9tations incisives de l\u2019opus 34 et de l\u2019opus 35, ces derniers \u00e9tant connus sous le nom de Variations \u00ab\u00a0Eroica\u00a0\u00bb pour leur utilisation du th\u00e8me du finale de la symphonie homonyme, un an en avance. L\u2019exub\u00e9rance de Beethoven est constamment sur le point d\u2019\u00e9clater dans ce chef-d\u2019\u0153uvre; Hewitt en valorise \u00e0 la fois l\u2019\u00e9nergie et le d\u00e9corum. Personne ne sera surpris d\u2019apprendre que la fugue se passe bien. Les variations rarement entendues sur des th\u00e8mes de Paisiello sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes. Les variations sur <em>God Save the King<\/em> semblent un peu trop dignes, mais les esprits s\u2019\u00e9l\u00e8vent avec les variations sur le (choc et horreur) <em>Rule Britannia<\/em>. La personnalit\u00e9 extravertie de Hewitt s\u2019accorde bien avec ce r\u00e9pertoire. \u00c0 pr\u00e8s de 80 minutes, l\u2019enregistrement, quelle que soit la mani\u00e8re dont il a \u00e9t\u00e9 acquis, repr\u00e9sente un bon investissement. Autre atout\u00a0: les notes perspicaces et personnelles de Hewitt dans son livret. \u00c0 propos du Fazioli\u00a0: cet enregistrement repr\u00e9sente son chant du cygne. Cet instrument a connu une fin pr\u00e9matur\u00e9e et accidentelle apr\u00e8s les s\u00e9ances en janvier dernier \u00e0 la Jesus-Christus-Kirche de Berlin. Triste histoire. Disque heureux. AK<\/p>\n<p>Traduction par Jacqueline Vanasse<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Justin Bernard, Arthur Kaptainis, Norman Lebrecht et Paul E. Robinson Vivaldi\u00a0: Luce e ombra Myriam Leblanc, soprano. Gr\u00e9goire Jeay, fl\u00fbte; Antoine Malette-Ch\u00e9nier, harpe triple baroque; Marie-Michel Beauparlant, violoncelle (Ensemble Mirabilia) Analekta AN 2 9137 Dur\u00e9e\u00a0: 60\u00a0min\u00a047 3\/5 Associ\u00e9 dans l\u2019esprit du public \u00e0 ses concertos anim\u00e9s, Vivaldi \u00e9tait tout aussi prolifique (et pr\u00e9visible) en<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/cd-reviews-4\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2814,"featured_media":976033,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17038],"tags":[],"class_list":{"0":"post-976052","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques-de-disques-et-livres","8":"type-critique-de-disque","9":"volume-volume-26","10":"issue-vol-26-issue-34-fr","11":"section-critiques"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/an29137-vivaldi-luce-e-ombra-myriam-leblanc-soprano_CMYK-e1605306741291.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/an29137-vivaldi-luce-e-ombra-myriam-leblanc-soprano_CMYK-e1605306741291-300x153.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/an29137-vivaldi-luce-e-ombra-myriam-leblanc-soprano_CMYK-e1605306741291.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976052"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2814"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=976052"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976052\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/976033"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=976052"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=976052"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=976052"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}