{"id":407832,"date":"2020-03-11T12:27:33","date_gmt":"2020-03-11T17:27:33","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=407832"},"modified":"2020-03-11T12:27:33","modified_gmt":"2020-03-11T17:27:33","slug":"hope-town-tu-nes-pas-ma-famille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/nathalie-de-han\/hope-town-tu-nes-pas-ma-famille\/","title":{"rendered":"Hope Town : tu n\u2019es pas ma famille"},"content":{"rendered":"<p>Retour sur <strong><em>Hope Town<\/em><\/strong>, un texte int\u00e9ressant de l\u2019autrice et com\u00e9dienne <strong>Pascale Renaud-H\u00e9bert<\/strong> dont <strong>Marie-H\u00e9l\u00e8ne Gendreau<\/strong> signe la mise en sc\u00e8ne. La production\u00a0La Bord\u00e9e,\u00a0en coproduction avec le\u00a0Collectif du vestiaire\u00a0et en codiffusion avec\u00a0La Manufacture, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Licorne, du 25 f\u00e9vrier au 7 mars 2020.<\/p>\n<p>Vous souvenez vous d\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 imagin\u00e9, enfant, que vos parents n\u2019\u00e9taient pas vos vrais parents? Olivier n\u2019a jamais eu le sentiment d\u2019appartenir \u00e0 sa famille et \u00e0 l\u2019\u00e2ge de seize ans, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 fuir sans laisser de traces, abandonnant ses proches \u00e0 l\u2019angoisse. Mais un jour, sa s\u0153ur Isabelle le retrouve par hasard. Extr\u00eamement persuasive, elle parvient \u00e0 convaincre &#8211; ou est-ce \u00e0 forcer? &#8211; son fr\u00e8re de renouer avec sa famille. Mais les explications, on s\u2019en doute, ne seront pas faciles.<\/p>\n<p>L\u2019autrice et com\u00e9dienne <strong>Pascale Renaud-H\u00e9bert<\/strong> \u00e9crit afin d\u2019incarner des r\u00f4les \u00e0 sa mesure. Cela saute aux yeux d\u00e8s son entr\u00e9e en sc\u00e8ne dans <em>Hope Town<\/em> et confirme la d\u00e9termination que le public montr\u00e9alais avait d\u00e9cel\u00e9e lors des repr\u00e9sentations de <em>L\u2019Art de la chute<\/em> \u00e0 la Licorne &#8211; un texte qu\u2019elle a \u00e9crit\u00a0avec un collectif d\u2019autrices et d\u2019auteurs et qui s\u2019est vu m\u00e9riter, lors de sa cr\u00e9ation au Trident, les Prix Meilleur spectacle et Meilleur texte de l\u2019\u00e9dition Qu\u00e9bec &#8211; 2017 de l\u2019AQCT. Dans <em>Hope Town<\/em>, Pascale Renaud-H\u00e9bert campe une grande s\u0153ur encore en choc, pr\u00eate \u00e0 tout pour r\u00e9ussir \u00e0 r\u00e9unir sa famille et on y croit. Tout au long de la repr\u00e9sentation, la gentille Isabelle r\u00e9v\u00e8le un caract\u00e8re plut\u00f4t contr\u00f4lant et m\u00eame assez manipulateur. <strong>Olivier Arteau<\/strong>, qui incarne le fr\u00e8re disparu miraculeusement retrouv\u00e9, est d\u2019un rare naturel et vole tout simplement le spectacle. Il se d\u00e9place sur la sc\u00e8ne avec l\u2019aisance et la souplesse d\u2019un danseur (l\u2019interpr\u00e8te a travaill\u00e9 pour Harold Rh\u00e9aume et sa compagnie Le Fils d\u2019Adrien Danse) et cela colle parfaitement avec l\u2019attitude un peu nonchalante du jeune personage. <strong>Nancy Bernier<\/strong> et <strong>Jean-S\u00e9bastien Ouellette<\/strong> sont justes dans leurs r\u00f4les de parents d\u00e9pass\u00e9s par les \u00e9v\u00e8nements et les enjeux qui interpellent leur fils. Si l&#8217;homosexualit\u00e9, l&#8217;identit\u00e9 de genre, le v\u00e9g\u00e9tarisme ou v\u00e9ganisme sont abord\u00e9s, il n&#8217;y a pas de d\u00e9bats ici. L&#8217;un ne se donne pas la peine d&#8217;expliquer, l&#8217;autre n&#8217;insiste pas. Enfin, <strong>Jean-Michel D\u00e9ry<\/strong> incarne avec cr\u00e9dibilit\u00e9 le personnage du beau-fr\u00e8re policier, le copain d\u2019Isabelle qui ach\u00e8ve la (re)composition du tableau familial en avouant un mensonge pour le moins surprenant.<\/p>\n<p>Avec son style r\u00e9aliste et la m\u00e9canique bien huil\u00e9e de ses dialogues extr\u00eamement travaill\u00e9s, la plume ou plus probablement le clavier de Pascale Renaud-H\u00e9bert est d\u2019une \u00e9tonnante maturit\u00e9 et n\u2019a pas grand-chose \u00e0 envier \u00e0 celui d\u2019un Fran\u00e7ois Archambault ou d\u2019un\u00a0Olivier Choini\u00e8re, qui a d\u2019ailleurs accompagn\u00e9 la pi\u00e8ce au niveau dramaturgique.\u00a0Comme eux, la prolifique autrice de <em>Hope Town<\/em> ne se laisse certainement pas enfermer dans une boite. Et la fourchette de ses projets est large. Son texte <em>Sauver des vies<\/em> est pr\u00e9sentement mont\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre La Bord\u00e9e (jusqu\u2019au 23 mars) <em>Antigone<\/em>, la r\u00e9appropriation du texte de\u00a0Sophocle qu\u2019elle signe avec les nouvelles g\u00e9antes R\u00e9becca D\u00e9raspe\u00a0et\u00a0Annick Lefebvre est lui aussi actuellement pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre du Trident (jusqu\u2019au 30 mars). <em>Princesse de personne<\/em>, un projet sur le consentement chez les jeunes adultes, les rapports de pouvoir homme-femme et cette fameuse \u00ab zone grise \u00bb si difficile \u00e0\u0300 cerner quel que soit le contexte, sera quant \u00e0 lui produit par le Th\u00e9\u00e2tre Catapulte au printemps tandis qu\u2019elle poursuit avec sa complice Florence Longpr\u00e9 la co-sc\u00e9narisation de la tr\u00e8s (tr\u00e8s) populaire t\u00e9l\u00e9s\u00e9rie <em>M&#8217;entends-tu?<\/em> diffus\u00e9e \u00e0 T\u00e9l\u00e9-Qu\u00e9bec, les mercredis soirs.<\/p>\n<p>Pour<em> Hope Town<\/em>, Marie-H\u00e9l\u00e8ne Gendreau, qui dirige pr\u00e9sentement <em>Les Enfants<\/em> de Lucy Kirkwood, chez Jean-Duceppe, signe une mise en sc\u00e8ne subtile qui \u00e9pouse parfaitement les dialogues et les silences du texte de Pascale Renaud-H\u00e9bert, sans les alourdir. Marie-H\u00e9l\u00e8ne Gendreau signait d\u00e9j\u00e0 la mise en lecture de <em>Subway<\/em> (le premier titre de <em>Hope Town<\/em>) au Jamais Lu de Montreal en 2017 et il en r\u00e9sulte une complicit\u00e9 qui soude cette \u00e9quipe suffisamment pour tisser un film invisible autour des com\u00e9diens et leurs personnages, les isolant dans une mani\u00e8re de huis-clos, parfaite analogie de la cellule familiale. Les cinq com\u00e9diens sont \u00e0 leur affaire, s\u2019amusent comme si le public n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 et les spectateurs sont autant de voyeurs ravis.<\/p>\n<p><em>Hope Town<\/em>, texte de Pascale Renaud-H\u00e9bert, mise en sc\u00e8ne Marie-H\u00e9l\u00e8ne Gendreau \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Licorne, du 25 f\u00e9vrier au 7 mars 2020 <a href=\"https:\/\/theatrelalicorne.com\/\">https:\/\/theatrelalicorne.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour sur Hope Town, un texte int\u00e9ressant de l\u2019autrice et com\u00e9dienne Pascale Renaud-H\u00e9bert dont Marie-H\u00e9l\u00e8ne Gendreau signe la mise en sc\u00e8ne. La production\u00a0La Bord\u00e9e,\u00a0en coproduction avec le\u00a0Collectif du vestiaire\u00a0et en codiffusion avec\u00a0La Manufacture, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Licorne, du 25 f\u00e9vrier au 7 mars 2020. 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