{"id":401734,"date":"2019-12-02T16:45:48","date_gmt":"2019-12-02T20:45:48","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/arthur-kaptainis\/the-song-of-names-brings-music-to-life\/"},"modified":"2019-12-02T17:23:42","modified_gmt":"2019-12-02T21:23:42","slug":"the-song-of-names-donne-vie-a-la-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/arthur-kaptainis\/the-song-of-names-donne-vie-a-la-musique\/","title":{"rendered":"The Song of Names donne vie \u00e0 la musique"},"content":{"rendered":"<p>In\u00e9vitablement l\u2019un des vecteurs de sens au cin\u00e9ma, la musique passe parfois \u00e0 l\u2019avant-plan d\u2019un film tout en conservant son r\u00f4le de soutien souhait\u00e9. Un exemple noble bien que complexe d\u2019un film qui porte au moins en partie sur la musique tout en en offrant passablement est <em>The Song of Names<\/em>, projet\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en septembre au Festival international du film de Toronto.<\/p>\n<p>R\u00e9alis\u00e9e par Fran\u00e7ois Girard, cette production canado-hongroise ressemble quelque peu par sa palette de couleurs terreuses, ses perspectives multiples et son panorama de cadres historiques au film <em>Le Violon rouge<\/em> (1998) du m\u00eame r\u00e9alisateur. Un violon est m\u00eame au c\u0153ur de l\u2019intrigue, en l&#8217;occurrence un Gagliano plut\u00f4t qu\u2019un Stradivarius.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-401725 size-medium\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-2-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-2-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-300x200.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-2-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-600x400.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-2-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-768x512.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-2-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-2-Photo-Credit-Sabrina-Lantos.jpg 2000w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable centre de gravit\u00e9, toutefois, est Dovidl Eli Rapoport, un violoniste adolescent dou\u00e9 qui est envoy\u00e9 de Varsovie en Angleterre juste avant le d\u00e9but de la Seconde Guerre mondiale. Il se d\u00e9veloppe (en d\u00e9pit de la retenue de son professeur, Carl Flesch, un personnage historique r\u00e9el) et r\u00e9ussit bien \u00e0 l\u2019\u00e9cole alors qu\u2019il loge chez un impr\u00e9sario bienveillant, Gilbert Simmonds. Il noue \u00e9galement un rapport fraternel, bien qu\u2019hostile au d\u00e9part, avec Martin, le fils de Simmonds, un pianiste mod\u00e9r\u00e9ment comp\u00e9tent que Dovidl appelle affectueusement \u00ab Mottl \u00bb et avec l\u2019aide duquel il arrive (de mani\u00e8re peu plausible) \u00e0 s\u2019\u00e9duquer comme musicien.<\/p>\n<p>Il est risqu\u00e9 d\u2019en dire aussi long sur l\u2019intrigue, puisque <em>The Song of Names<\/em> (bas\u00e9 sur le roman du m\u00eame nom du critique britannique Norman Lebrecht paru en 2002) est structur\u00e9 comme une \u00e9nigme comprenant de nombreux fils narratifs et alterne constamment entre retours en arri\u00e8re et ellipses. La reconstitution de l\u2019histoire dans l\u2019esprit requiert un consid\u00e9rable effort intellectuel et une acceptation occasionnelle de l\u2019invraisemblable.<\/p>\n<p>La s\u00e9quence d\u2019ouverture est r\u00e9v\u00e9latrice. Le jeune prodige n\u00e9glige de se pr\u00e9senter \u00e0 ses d\u00e9buts tr\u00e8s attendus \u00e0 Londres dans un concert orchestral que Simmonds, une figure respect\u00e9e, a organis\u00e9 et pay\u00e9 et dont il a fait la promotion. Il va sans dire que sa disparition pique la curiosit\u00e9 de la presse et \u00e9branle \u00e9norm\u00e9ment la famille adoptive de Dovidl. Simmonds meurt quelques mois plus tard \u2013 en partie, croit Martin, en raison de cette humiliation et de l\u2019inqui\u00e9tude et de la perte financi\u00e8re qu\u2019elle a amen\u00e9es \u00e0 son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pourtant que des ann\u00e9es plus tard que Martin, juge \u00e0 un concours o\u00f9 il est entour\u00e9 de m\u00e9diocrit\u00e9s, se souvient de Dovidl \u00e0 la vue d\u2019un des candidats et d\u00e9cide de se lancer dans une recherche \u00e0 travers le monde de son ami disparu. \u00ab Pourquoi perds-tu ton temps avec lui ? \u00bb lui demande sa femme, dont l\u2019exasp\u00e9ration semble tout droit venue d\u2019un r\u00e9pertoire de proc\u00e9d\u00e9s dramatiques servant \u00e0 cr\u00e9er de la tension.<\/p>\n<p>La recherche conduit effectivement le spectateur (et l\u2019auditeur) \u00e0 des endroits int\u00e9ressants. L\u2019un d\u2019eux est un atelier de violon \u00e0 New York. Un autre est le monument comm\u00e9moratif de Treblinka, affreusement solitaire, non loin de Varsovie. Il devient graduellement plus clair au cours du film que le sort inconnu de la famille Rapoport \u2013 qui pourrait ou non avoir surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019Holocauste \u2013 est la source des changements d\u2019humeur de Dovidl et de certains \u00e9pisodes consternants, notamment une sc\u00e8ne effrayante dans une synagogue, en pr\u00e9sence de Martin, o\u00f9 le jeune violoniste renonce rituellement \u00e0 sa foi.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9galement des images de raids a\u00e9riens, qui semblent intriguer les gar\u00e7ons plus qu\u2019ils ne les effraient. Dans une sc\u00e8ne d\u2019anthologie dans un abri, Dovidl se livre \u00e0 un duel de violon avec un prodige rival un peu plus \u00e2g\u00e9 que lui, au grand plaisir de la foule. Bon nombre des meilleures sc\u00e8nes, plus tard dans le film, explorent le monde du juda\u00efsme orthodoxe.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas \u00e9tonnant de d\u00e9couvrir que Howard Shore, un Canadien amplement reconnu, produit avec brio de la musique expressive (dont l\u2019\u0153uvre semi-liturgique du titre) \u00e0 saveur modale appropri\u00e9e. Je ne puis pourtant dire que j\u2019aie assist\u00e9 \u00e0 la naissance d\u2019un morceau de concert tir\u00e9 de <em>Song of Names<\/em> pour violon et orchestre pouvant rivaliser avec ceux du <em>Violon rouge<\/em> (compos\u00e9 par John Corigliano) ou <em>La Liste de Schindler<\/em> (de John Williams).<\/p>\n<p>Il y a aussi, bien entendu, des \u0153uvres du r\u00e9pertoire, notamment les <em>Caprices<\/em> no 9 et no 24 de Paganini et le <em>Th\u00e8me original vari\u00e9<\/em> op. 15 de Wieniawski. Ray Chen, le virtuose ta\u00efwanais bien connu, en est l\u2019interpr\u00e8te. Des membres de l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain ont enregistr\u00e9 la musique originale de Shore sous la direction du compositeur pendant trois jours en juin dernier \u00e0 l\u2019\u00e9glise du Tr\u00e8s-Saint-Nom-de-J\u00e9sus \u00e0 Montr\u00e9al. Il n\u2019est pas pr\u00e9vu que la bande sonore du film comprenne le<em> Concerto pour violon no 1<\/em> de Bruch, puisque dans le montage du film, ce concerto provient d\u2019une prestation de Chen avec le London Philharmonic sous la direction de Robert Trevino<br \/>\nfigurant dans l\u2019album <em>The Golden Age<\/em> publi\u00e9 l\u2019an dernier par Decca. \u00c0 noter que dans le film, Dovidl d\u00e9crit son interpr\u00e9tation de ce cheval de bataille autrefois populaire comme \u00ab de la merde \u00bb. On peut croire que Chen ne serait pas du m\u00eame avis.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re sympathique de Dovidl \u2013 particuli\u00e8rement durant sa jeunesse, alors qu\u2019il est jou\u00e9 par Luke Doyle, un v\u00e9ritable prodige britannique \u2013 a beaucoup \u00e0 voir avec l\u2019attrait du film. Clive Owen (\u00e0 qui on a d\u00fb enseigner les doigt\u00e9s appropri\u00e9s) apporte de la profondeur au Dovidl adulte. Tim Roth est relativement flegmatique en Martin adulte (non que le sc\u00e9nariste Jeffrey Caine lui ait donn\u00e9 beaucoup de personnalit\u00e9 avec laquelle travailler). Seules quelques rares traces d\u2019humour sont permises dans ce sc\u00e9nario dramatique. On a aussi droit \u00e0 une explosion de violence et de vulgarit\u00e9 d\u2019un r\u00e9alisme douteux dans une voiture.<\/p>\n<p>Le film n\u2019est pas parfait. N\u00e9anmoins, il traite avec sensibilit\u00e9 des th\u00e8mes classiques de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et de la famille et apporte une contribution honorable \u00e0 la lutte contre ce que Girard a qualifi\u00e9 dans une entrevue d\u2019amn\u00e9sie historique. La conclusion, qui cr\u00e9e une mosa\u00efque de la musique-titre telle qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9e en trois lieux diff\u00e9rents, dont Treblinka, apporte une gravit\u00e9 de circonstance. <em>The Song of Names<\/em> vaut le d\u00e9tour, et m\u00e9rite une \u00e9coute. La sortie en salles est pr\u00e9vue en d\u00e9cembre.<\/p>\n<p><strong>Traduction par Alain Cavenne<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_401724\" style=\"width: 712px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-401724\" class=\"wp-image-401723 size-large\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-1024x576.jpg\" alt=\"\" width=\"702\" height=\"395\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-300x169.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-600x338.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos-768x432.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Song-of-names-Photo-Credit-Sabrina-Lantos.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-401724\" class=\"wp-caption-text\">Photo: Sabrina Lantos<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>In\u00e9vitablement l\u2019un des vecteurs de sens au cin\u00e9ma, la musique passe parfois \u00e0 l\u2019avant-plan d\u2019un film tout en conservant son r\u00f4le de soutien souhait\u00e9. 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