{"id":401692,"date":"2019-12-02T16:07:52","date_gmt":"2019-12-02T20:07:52","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=401692"},"modified":"2019-12-02T18:51:08","modified_gmt":"2019-12-02T22:51:08","slug":"la-ronde-des-disques-laxe-amerique-europe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/marc-chenard\/la-ronde-des-disques-laxe-amerique-europe\/","title":{"rendered":"La ronde des disques : l&#8217;axe Am\u00e9rique-Europe"},"content":{"rendered":"<h4><strong>Nouveaut\u00e9s am\u00e9ricaines<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Michael Formanek Very Practical Trio<\/strong><\/p>\n<p>Even Better \u2013 Intakt CD335<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401697 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1-768x768.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/1.jpg 886w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Voici un disque qui s\u2019adresse autant aux \u00adamateurs de jazz plus aventureux que d\u2019autres plus enclins \u00e0 la tradition. Bien connus dans le milieu jazz am\u00e9ricain contemporain, le saxophoniste alto Tim Berne et le chef de ce projet, le bassiste Michael Formanek, se c\u00f4toient r\u00e9guli\u00e8rement, ce \u00addernier travaillant \u00e9galement avec la guitariste Mary Halvorson. D\u00e8s les \u00adpremi\u00e8res notes, une complicit\u00e9 \u00ads\u2019instaure et se \u00admaintient tout au long des quelque 57 minutes de cet album. Le \u00adbassiste signe tous les morceaux sauf un, <em>Jade Vision<\/em> du l\u00e9gendaire Scott La Faro, pi\u00e8ce cl\u00f4turant la s\u00e9ance avec sobri\u00e9t\u00e9. Ce dernier mot caract\u00e9rise en bonne partie le programme \u00admusical, sans toutefois en amoindrir la valeur. L\u2019absence d\u2019une batterie contribue au jeu d\u2019ensemble, les musiciens se montrant plus attentifs encore \u00e0 leurs moindres faits et gestes. Berne, pour sa part, donne du tranchant \u00e0 la musique, son alto acidul\u00e9 nous rappelant son mentor Julius Hemphill, voire Ornette Coleman. Halvorson, de son c\u00f4t\u00e9, prouve de nouveau sa r\u00e9putation de guitariste de premier plan de la rel\u00e8ve \u00adam\u00e9ricaine par son jeu empreint de distorsions sonores efficaces qui font sa signature. Solide comme du b\u00e9ton, Formanek appuie ses partenaires en s\u2019accordant aussi une part de solos. \u00c0 sa mani\u00e8re, ce trio d\u00e9montre que les praticiens d\u2019un jazz dit actuel (ou d\u2019avant-garde si l\u2019on veut) ne rejettent en rien la tradition, mais savent comment lui donner de \u00adnouvelles tournures. <a href=\"http:\/\/www.intakt.ch\">www.intakt.ch<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Anna Webber<\/strong><\/p>\n<p>Clockwise \u2013 Pi Recordings P179<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401699 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2-300x270.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2-300x270.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2-600x540.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2-768x691.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2-1024x921.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/2.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Ses principaux instruments sont le saxo t\u00e9nor et la fl\u00fbte, qu\u2019elle joue de mani\u00e8re convaincante, mais sa v\u00e9ritable ligne de force se situe dans son \u00e9criture qui, faut-il le souligner, ne ressemble \u00e0 aucune autre. Durant un s\u00e9jour ant\u00e9rieur en Allemagne, cette Canadienne affirmait un certain talent, pour ne pas dire un talent certain, d\u00e9montr\u00e9 dans les deux albums de sa formation Percussive Mechanics. \u00ad\u00c9tablie depuis \u00e0 New York, elle a enregistr\u00e9 deux disques tout aussi audacieux de son Simple Trio avec Matt Mitchell et John Hollenbeck. D\u00e9but\u00a02019, elle franchit un autre pas d\u00e9cisif avec ce nouvel album, le \u00adpremier d\u2019un nouveau sextette comprenant un second saxo t\u00e9nor \u00addoublant \u00e0 la clarinette, un trombone, un violoncelle et une rythmique piano, basse et batterie, le percussionniste Ches Smith jouant \u00e9galement du vibraphone. Si les r\u00e9alisations pr\u00e9c\u00e9dentes de Webber se r\u00e9v\u00e9laient prometteuses, elle revient ici avec son album le plus abouti \u00e0 ce jour. Parmi les neuf morceaux \u00e9tal\u00e9s sur cette surface d\u2019une cinquantaine de minutes, la plage-titre, la cinqui\u00e8me, et la suivante <em>Array<\/em> cristallisent pleinement ses desseins musicaux. Nul ne saurait remettre en question son originalit\u00e9, tant ses compositions aux structures \u00e9largies d\u00e9passent les formes d\u2019usage en jazz, ses orchestrations savantes \u00e9tant pleines de trouvailles, les agencements entre les parties \u00e9crites et improvis\u00e9es \u00adparfaitement \u00e9quilibr\u00e9s. Exigeante dans sa d\u00e9marche, mais dou\u00e9e d\u2019une conception musicale assez unique, Anna Webber est une artiste de notre temps dont le regard est aussi tourn\u00e9 vers l\u2019avenir. <a href=\"http:\/\/www.pirecordings.com\">www.pirecordings.com<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Matt Mitchell<\/strong><\/p>\n<p>Phalanx Ambassadors \u2013 Pi Recordings P181<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401701 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-768x768.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/4.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Dans la mouvance du jazz contemporain \u00e0 New York, le pianiste et clavi\u00e9riste Matt Mitchell fait bonne figure en tant qu\u2019accompagnateur. Dou\u00e9 d\u2019une technique \u00e0 toute \u00e9preuve, il est sollicit\u00e9 de toutes parts, ses pairs admirant particuli\u00e8rement ses aptitudes \u00e0 d\u00e9chiffrer \u00e0 vue les partitions les plus \u00adcomplexes. On remercie l\u2019\u00e9tiquette Pi Recordings de lui donner une de ces rares occasions de pr\u00e9senter sa musique \u00e0 la t\u00eate d\u2019un groupe. Sept pi\u00e8ces de dur\u00e9es tr\u00e8s variables (deux en dessous de deux minutes et une \u00e0 pr\u00e8s de seize) se retrouvent sur cet album de 46 minutes. D\u00e8s l\u2019ouverture, l\u2019auditeur sera interpell\u00e9 par la musique, tout particuli\u00e8rement par la force propulsive des rythmiciennes Kim Cass (cb.) et Kate Gentile (btr.). \u00c0 leurs c\u00f4t\u00e9s, on entend, outre Mitchell au piano et un peu de claviers, Patricia Brennan (vib.) et Miles Okazaki (gtr.). Comme nombre de ces musiques qualifi\u00e9es de \u00ab cr\u00e9atives \u00bb, celle-ci brouille constamment les lignes entre l\u2019\u00e9crit et l\u2019improvis\u00e9, mais son trait le plus distinctif se situe plut\u00f4t dans la flexibilit\u00e9 des tempos, dans des passages o\u00f9 le groupe se scinde en deux, batterie et basse ralentissant le tempo, les autres l\u2019acc\u00e9l\u00e9rant ou vice-versa. Ce va-et-vient constant cr\u00e9e une tension sans r\u00e9pit sur laquelle des id\u00e9es foisonnantes se d\u00e9ploient et se dispersent, sans pour autant verser dans la gratuit\u00e9 de certaines musiques improvis\u00e9es libres. Conjugu\u00e9e \u00e0 l\u2019indicatif pr\u00e9sent, la musique de ce disque saura plaire aux amateurs de projets musicaux in\u00e9dits. <a href=\"http:\/\/pirecordings.com\/\">pirecordings.com\/<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>The Ed Palermo Big Band<\/strong><\/p>\n<p>A Lousy Day in Harlem \u2013 Sky Cat Records<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401703 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3-768x768.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/3.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Si la batterie est l\u2019apport le plus original du jazz \u00e0 la musique, le big band en est un autre. Sans ces grands ensembles, l\u2019\u00e8re du swing n\u2019aurait pas v\u00e9cu ses heures de gloire. De nos jours, leur destin n\u2019est en rien compromis, mais assur\u00e9 par les conservatoires et \u00e9coles de musique, sans oublier un \u00adcort\u00e8ge de \u00adcompositeurs et arrangeurs vou\u00e9s \u00e0 cette cause. De ces artisans, le saxophoniste alto Ed Palermo est certainement l\u2019un des plus \u00adprolifiques. Par le pass\u00e9, il s\u2019est lanc\u00e9 corps et \u00e2me dans la musique de Frank Zappa, \u00e0 qui il voue un culte, pour ensuite braquer sa lunette sur d\u2019autres ic\u00f4nes de la pop, des Beatles \u00e0 Todd Rundgren. Au milieu de tout cela, il visite volontiers le jazz. Exemplaire \u00e0 ce titre, ce nouvel arrivage, paru sur son \u00e9tiquette \u00admaison, rassemble onze de ses \u00adcompositions et deux du r\u00e9pertoire (<em>Giant Steps<\/em> et <em>Minority<\/em>). D\u00e8s les premi\u00e8res notes, l\u2019ensemble sonne la charge et fonce dans la musique sans r\u00e9pit pendant plus d\u2019une heure. \u00c0 l\u2019instar des big bands d\u2019antan, Palermo jouit du \u00adsingulier privil\u00e8ge d\u2019avoir un personnel stable, ce qui lui permet de fa\u00e7onner une musique pour ses ex\u00e9cutants et non leurs seuls \u00adinstruments. Le plaisir de jouer est \u00e9vident, comme le sens de l\u2019humour de son chef. Preuve de son espi\u00e8glerie\u00a0: le titre de l\u2019album d\u00e9tourne celui donn\u00e9 au l\u00e9gendaire portrait de groupe de jazzmen new-yorkais de 1958 (<em>One<\/em> <em>Great Day in Harlem<\/em>), la photo de pochette prise devant le m\u00eame escalier que l\u2019original. <a href=\"http:\/\/www.PalermoBigBand.com\">www.PalermoBigBand.com<\/a><\/p>\n<h4>Actualit\u00e9s europ\u00e9ennes<\/h4>\n<p><strong>Louis Sclavis<\/strong><\/p>\n<p>Characters on a Wall \u2013 ECM\u00a02645<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401707 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5-300x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5-300x300.jpeg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5-100x100.jpeg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5-600x600.jpeg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5-150x150.jpeg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5-768x768.jpeg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/5.jpeg 800w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Peu de jazzmen fran\u00e7ais modernes ont r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9lever avec autant de succ\u00e8s sur la sc\u00e8ne internationale que Louis Sclavis. V\u00e9ritable b\u00eate de sc\u00e8ne depuis plus de 40 ans, ce clarinettiste hors pair, qui semble avoir d\u00e9laiss\u00e9 le saxophone pour de bon ces derni\u00e8res ann\u00e9es, demeure l\u2019un des plus prolifiques producteurs de disques, ses r\u00e9alisations pour le compte d\u2019ECM contribuant consid\u00e9rablement \u00e0 sa visibilit\u00e9. \u00c0 chaque \u00adnouveaut\u00e9, il se pr\u00e9sente avec une formation diff\u00e9rente, changeant ses groupes comme ses chemises. Cette fois-ci, il a rassembl\u00e9 un quartette de jazz des plus classiques, soit lui-m\u00eame devant une section rythmique comprenant Christophe Lavergne (btr.) Sarah Murcia (cb.) et Benjamin Moussay (pno), seul collaborateur retenu de projets ant\u00e9rieurs. Situ\u00e9e dans le prolongement de l\u2019album <em>Napoli\u2019s Walls<\/em> en 2002, la d\u00e9marche de Sclavis s\u2019inspire d\u2019images d\u2019un compatriote, l\u2019artiste visuel Ernest Pignon-Ernest. Les \u0153uvres ne sont pas illustr\u00e9es dans le copieux livret comportant un essai substantiel qui renseigne sur les fondements du projet. En moins de 45 minutes, le quartette enfile huit morceaux du chef variant entre deux et neuf minutes. Comme tout musicien \u00adavan\u00e7ant en \u00e2ge \u2013 il aura 67 ans en f\u00e9vrier prochain \u2013, Louis Sclavis semble \u00adtroquer ses grands \u00e9lans d\u2019improvisateurs pour des gestes essentiels de compositeur. La musique est mesur\u00e9e dans son ensemble, les seconde et sixi\u00e8me plages \u00e9tant les plus vigoureuses, mais comme nous sommes chez ECM, il faut bien s\u2019attendre \u00e0 un album cousu d\u2019un fil rouge \u00add\u2019introspection. <a href=\"http:\/\/www.ecmrecords.com\">www.ecmrecords.com<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Franz Koglmann Septet<\/strong><\/p>\n<p>Fruits of Solitude \u2013 hat ezzthetics 1006<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401710 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/6-300x270.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/6-300x270.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/6.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Ayant gravit\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9buts dans l\u2019orbite du free jazz europ\u00e9en, le trompettiste et bugliste viennois Franz Koglmann a chang\u00e9 son fusil d\u2019\u00e9paule par la suite, sans toutefois renoncer compl\u00e8tement \u00e0 ses libert\u00e9s. M\u00eame s\u2019il souffle encore, il se consacre surtout \u00e0 la composition, et ce, depuis pr\u00e8s de quarante ans. Son \u00e9criture savante, que l\u2019on pourrait qualifier de post-moderne, est un amalgame de musique de chambre dans la tradition germanique (et viennoise, bien s\u00fbr) et de cool jazz am\u00e9ricain des ann\u00e9es\u00a01950. Riche en clins d\u2019\u0153il, elle cite parfois de mani\u00e8re explicite des morceaux issus de ces deux \u00adtraditions, comme dans ce nouveau disque qui marque son retour \u00e0 l\u2019\u00e9tiquette suisse Hat Art apr\u00e8s plus de vingt ans d\u2019absence. L\u2019emploi du mot \u00ab\u00a0solitude\u00a0\u00bb dans le titre \u00e9voque Duke Ellington, il va sans dire, et la premi\u00e8re des trois variations incluses cite cette m\u00e9lodie r\u00eaveuse. La caract\u00e9ristique la plus frappante \u00e0 noter dans l\u2019album est son instrumentation, laquelle comprend, outre les cuivres du chef, hautbois, \u00adclarinette (ou saxo t\u00e9nor), basson, cor, violoncelle et contrebasse. Les neuf morceaux, totalisant un peu plus de 45 minutes, s\u2019inscrivent dans une esth\u00e9tique de musique de chambre tout \u00e0 fait europ\u00e9enne, l\u2019absence d\u2019une batterie permettant au compositeur de fignoler des arrangements subtils et nuanc\u00e9s, entrecoup\u00e9s d\u2019interludes improvis\u00e9s assez contenus. \u00c0 notre \u00e9poque, si domin\u00e9e par des musiques hyperactives, celle de Koglmann est un antidote bienvenu. <a href=\"http:\/\/www.squidco.com\">www.squidco.com<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>IIro Rantala<\/strong><\/p>\n<p>My Finnish Calendar \u2013 Act 882-2<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401712 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7-300x270.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7-300x270.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7-600x540.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7-768x691.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7-1024x921.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/7.jpg 1648w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Dans les ann\u00e9es\u00a01980 et 1990, le pianiste finlandais IIro Rantala faisait ses premi\u00e8res armes \u00e0 la t\u00eate du trio T\u00f6kye\u00e4t, nom assez singulier voulant dire \u00ab\u00a0pourri\u00a0\u00bb dans sa langue maternelle. Si ce n\u2019avait \u00e9t\u00e9 du regrett\u00e9 Esbjorn Svensson, son homologue su\u00e9dois qui enregistrait \u00e9galement pour cette m\u00eame \u00e9tiquette allemande, peut-\u00eatre aurait-il \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9 sur la sc\u00e8ne internationale comme t\u00eate d\u2019affiche de la sc\u00e8ne nordique. Quoi qu\u2019il en soit, il poursuit toujours son propre chemin, trac\u00e9 par contre en solitaire depuis les dix \u00adderni\u00e8res ann\u00e9es. Apr\u00e8s des hommages \u00e0 ses h\u00e9ros du jazz et de la pop (John Lennon \u00e9tant l\u2019objet de sa parution pr\u00e9c\u00e9dente de 2015), il revient avec un tout autre propos, s\u2019inspirant des mois de l\u2019ann\u00e9e pour dresser son calendrier personnel. En moins de 50 minutes, il offre donc douze pi\u00e8ces \u00e0 la fois concises (une seule d\u00e9passant les cinq minutes) et vari\u00e9es dans les tempos, les harmonies restant toutefois bien ancr\u00e9es dans le langage tonal. Il en r\u00e9sulte une musique assez accessible, quoique le pianiste l\u2019habille de multiples fa\u00e7ons\u00a0: dans les morceaux plus rythm\u00e9s, il utilise diff\u00e9rentes \u00adpr\u00e9parations sur les cordes pour cr\u00e9er un \u00e9ventail de timbres inusit\u00e9s, d\u00e9formant ainsi des \u00e9l\u00e9ments d\u2019un langage assez convenu sans toutefois les occulter compl\u00e8tement dans son discours. Il ne fait aucun doute que ce programme musical a \u00e9t\u00e9 travaill\u00e9 \u00e0 fond par le pianiste, si bien que toute prestation en concert pourrait \u00eatre un reflet tr\u00e8s, peut-\u00eatre m\u00eame trop, fid\u00e8le de cet enregistrement. Reconnaissons pourtant sa grande culture musicale (et pianistique), sans laquelle il n\u2019aurait pu mener son projet \u00e0 terme. Une belle galette \u00e0 d\u00e9lecter pour tout amateur de piano aux oreilles plus curieuses. <a href=\"http:\/\/www.actmusic.com\">www.actmusic.com<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Draksler\/Eldh\/Lillinger<\/strong><\/p>\n<p>Punkt.Vrt.Plastik \u2013 Intakt CD\u00a0318<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-401714 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/8-300x297.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/8-300x297.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/8-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/8-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/8.jpg 467w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\u00c0 l\u2019instar de son titre incongru (aucune explication n\u2019\u00e9tant offerte), cet album nous pr\u00e9sente un trio piano d\u2019instrumentation classique adoptant une approche non orthodoxe pour ce genre de formation. Oubliez la \u00adformule th\u00e8me-solos-th\u00e8me si ch\u00e8re au jazz, ne cherchez pas les notes bleues, les bons vieux saucissons r\u00e9chauff\u00e9s ou les accompagnements m\u00e9tronomiques de basse et de batterie. Ce groupe se jette plut\u00f4t \u00e0 corps perdu dans la musique, brouillant toutes les pistes sur son passage. La pianiste slov\u00e8ne Kaja Draksler, qui fait beaucoup parler d\u2019elle en Europe, est dou\u00e9e d\u2019un jeu tr\u00e8s angulaire, ses tournures de phrases \u00e9tant aussi impr\u00e9visibles et nerveuses que celles de ses partenaires, le Su\u00e9dois Peter Eldh et l\u2019Allemand Christian Lillinger (ce dernier \u00e9tant aussi tr\u00e8s en vue dans son pays). Des neuf plages, cinq sont du batteur, trois du bassiste et une seule de la pianiste. En d\u00e9pit de ses exigences, cet enregistrement audacieux, qui ne dure que quarante minutes, nous rappelle cette vertu de la concision, trop souvent oubli\u00e9e dans les musiques improvis\u00e9es. Pour en tirer pleinement son parti, on recommande une \u00e9coute attentive au casque, les yeux \u00adferm\u00e9s, et de se laisser tout simplement envahir par la musique, laquelle d\u00e9filera en un rien de temps, garanti. <a href=\"http:\/\/www.intaktrec.ch\">www.intaktrec.ch \u00a0<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouveaut\u00e9s am\u00e9ricaines Michael Formanek Very Practical Trio Even Better \u2013 Intakt CD335 Voici un disque qui s\u2019adresse autant aux \u00adamateurs de jazz plus aventureux que d\u2019autres plus enclins \u00e0 la tradition. Bien connus dans le milieu jazz am\u00e9ricain contemporain, le saxophoniste alto Tim Berne et le chef de ce projet, le bassiste Michael Formanek, se<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/marc-chenard\/la-ronde-des-disques-laxe-amerique-europe\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2781,"featured_media":389671,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17038,404],"tags":[],"class_list":{"0":"post-401692","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques-de-disques-et-livres","8":"category-scena-jazz-fr","9":"type-critique-de-disque","10":"volume-volume-25","11":"issue-vol-25-issue-4-fr","12":"section-jazz-fr"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/La-Scena-RSS-square-blue.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/La-Scena-RSS-square-blue-300x144.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/La-Scena-RSS-square-blue.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/401692"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2781"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=401692"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/401692\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/389671"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=401692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=401692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=401692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}