{"id":394679,"date":"2019-10-03T18:03:38","date_gmt":"2019-10-03T22:03:38","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=394679"},"modified":"2019-10-07T14:03:45","modified_gmt":"2019-10-07T18:03:45","slug":"critiques-cd%e2%80%88reviews","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/critiques-cd%e2%80%88reviews\/","title":{"rendered":"Critiques CD\u2008Reviews"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><em>Skye Consort &amp;<\/em><em> Emma Bj\u00f6rling<br \/>\n<\/em>Leaf Music, LM225<br \/>\n<strong>4\/5<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Sentez l\u2019air frais du nord s\u2019insinuer dans vos oreilles avec cette rencontre remarquable entre la chanteuse su\u00e9doise Emma Bj\u00f6rling et l\u2019ensemble Skye Consort form\u00e9 de Se\u00e1n Dagher (bouzouki, banjo, voix), Alex Kehler (nyckelharpa, violon, voix) et Amanda Keesmaat (violoncelle, voix). N\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9 des artistes et au retard fortuit de l\u2019avion d\u2019Emma lors d\u2019un retour de concert au Qu\u00e9bec, l\u2019album <em>Skye Consort &amp; Emma Bj\u00f6rling<\/em> compile des airs traditionnels scandinaves, anglo-saxons et acadiens ponctu\u00e9s de compositions instrumentales. L\u2019album est bien \u00e9quilibr\u00e9 dans le choix des pi\u00e8ces; le groove fleuri et ensoleill\u00e9 dans <em>The Banks of the Sweet Primroses<\/em> r\u00e9v\u00e8le les talents d\u2019arrangeurs des musiciens, la ballade <em>En <\/em><em>\u00c4ngel<\/em> compos\u00e9e par Emma Bj\u00f6rling est un pur d\u00e9lice qui trouve id\u00e9alement sa place dans le corpus. La chanteuse r\u00e9v\u00e8le une voix douce, souple, a\u00e9rienne typique du folklore qui prend un caract\u00e8re ornement\u00e9 discret et toujours de bon go\u00fbt dans le r\u00e9pertoire su\u00e9dois qui lui va comme un gant. Les musiciens, habitu\u00e9s \u00e0 m\u00e9langer les traditions, marient habilement la touche celtique aux accents populaires modernes, avec par moments des lignes et respirations baroques. Skye Consort et Emma Bj\u00f6rling nous offrent un album po\u00e9tique, d\u00e9licat qui \u00e9tablit un pont naturel entre les folklores nordiques transatlantiques et fait revivre avec fra\u00eecheur les traditions musicales ancestrales. Une franche r\u00e9ussite. <strong>Benjamin Goron<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Beethoven: Piano Concertos<br \/>\nJan Lisiecki, piano and conductor.<br \/>\nAcademy of St. Martin in the Fields<br \/>\nDeutsche Grammophon 0289 483 7637 7 (3 CDs)<br \/>\nTotal Time: 173:56<br \/>\n<strong>4\/5<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Parfois, les meilleurs disques se font \u00e0 l\u2019improviste. Pour son d\u00e9part de l\u2019\u00e9tiquette Sony Classical, il \u00e9tait pr\u00e9vu que Murray Perahia enregistrerait les cinq concertos pour le 250<sup>e<\/sup> de Beethoven \u00e0 Berlin, o\u00f9 il avait des concerts planifi\u00e9s avec l\u2019Academy of St Martin in the Fields. Mais Perahia a souffert d\u2019une blessure r\u00e9currente \u00e0 la main et a d\u00fb \u00eatre remplac\u00e9 par le Canadien Jan Lisiecki. L\u2019\u00e9quipe de Deutsche Grammophon s\u2019\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e pour l\u2019enregistrement, elle est donc all\u00e9e de l\u2019avant. Et vous savez quoi\u00a0? Le r\u00e9sultat est meilleur qu\u2019anticip\u00e9. Bien meilleur.<\/p>\n<p>Lisiecki, 24 ans, erre un peu depuis son \u00e9mergence \u00e0 la fin de la d\u00e9cennie gr\u00e2ce \u00e0 une technique et une sensibilit\u00e9 rarement vues chez un joueur aussi jeune et un attendrissant refus de jouter dans les ar\u00e8nes de gladiateurs des nouveaux pianistes \u00e0 Varsovie et \u00e0 Moscou. Peut-\u00eatre attendait-il seulement son heure. Si c\u2019est le cas, elle a sonn\u00e9.<\/p>\n<p>Ses interpr\u00e9tations des deux premiers concertos ont le m\u00e9rite d\u2019afficher une absence totale d\u2019intentions. Lisiecki n\u2019essaie pas de montrer que ces \u0153uvres proviennent d\u2019un Beethoven \u00e0 peu pr\u00e8s du m\u00eame \u00e2ge que lui, qui s\u2019arrachait du style de Haydn et de Mozart pour marquer Vienne de son poing. Au contraire, sa lecture laisse libre cours au lyrisme et tient l\u2019oreille riv\u00e9e \u00e0 la ligne m\u00e9lodique.<\/p>\n<p>Le jeu atteint les grandeurs dans le <em>Concerto en do mineur<\/em> qui, avec une approche audacieusement sobre, fait se d\u00e9ployer la musique couche par couche, emportant l\u2019auditeur dans sa qu\u00eate. Lisiecki, en tant que pianiste et chef, est un guide de confiance dans le labyrinthe luxuriant de l\u2019esprit \u00e0 peine p\u00e9n\u00e9trable de Beethoven.<\/p>\n<p>Le <em>Concerto en sol majeur<\/em> n\u2019est pas moins impressionnant. Son ouverture feutr\u00e9e est parfaitement calibr\u00e9e et rien dans la partition n\u2019est excessif. Je ne suis pas s\u00fbr de pouvoir compter ce <em>Concerto no\u00a05<\/em> parmi mes favoris de tous les temps, ne serait-ce que parce que le jeu de l\u2019Acad\u00e9mie ne se mesure pas \u00e0 l\u2019aisance calcul\u00e9e des orchestres de niveau sup\u00e9rieur de Vienne et de Berlin. Cela dit, je soup\u00e7onne que je pourrais finir par \u00eatre conquis. Quoi qu\u2019il en soit, il s\u2019agit d\u2019une magnifique r\u00e9alisation par un jeune artiste canadien dont le manque d\u2019empressement est \u00e9norm\u00e9ment rafra\u00eechissant en ces temps d\u2019\u00e9gos disproportionn\u00e9s. Je ferais plusieurs d\u00e9tours pour entendre Lisiecki de nouveau, et je le dis en sachant que j\u2019attends au moins trois autres s\u00e9ries de concertos pour piano tout juste envoy\u00e9es par la poste. <strong>Norman Lebrecht<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>Chopin: Ballades and Impromptus<br \/>\nCharles Richard-Hamelin, piano.<br \/>\nAnalekta AN 2 9145<br \/>\nTotal Time: 59:45<br \/>\n<strong>5\/5<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Charles Richard-Hamelin d\u00e9montre clairement ici qu\u2019il m\u00e9ritait amplement sa m\u00e9daille d\u2019argent au Concours Chopin de Varsovie en 2015. La puret\u00e9 du son, le raffinement du toucher, l\u2019assurance avec laquelle il presse le jeu ou le mod\u00e8re, tout indique une ma\u00eetrise de haut niveau, sans parler d\u2019une pleine appr\u00e9ciation de l\u2019\u00e9tendue de la pens\u00e9e musicale de Chopin. L\u2019ouverture en douceur de la <em>Ballade en fa majeur<\/em> ne laisse rien poindre \u2013 comme il est juste \u2013 des temp\u00eates \u00e0 venir. Apr\u00e8s quatre minutes de la <em>Ballade en la b\u00e9mol majeur<\/em>, nous sommes enchant\u00e9s par l\u2019\u00e9vocation toute naturelle de voix int\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Les <em>Impromptus<\/em> d\u00e9montrent qu\u2019une approche d\u00e9tendue de la musique n\u2019a nul besoin d\u2019\u00eatre banale. L\u2019esprit agitato de la <em>Fantaisie-Impromptu<\/em> est joliment refl\u00e9t\u00e9 dans un volume adouci et la m\u00e9lodie des \u00ab\u00a0arcs-en-ciel\u00a0\u00bb \u00e9chappe \u00e0 sa r\u00e9putation de sentimentalit\u00e9. Les rafales de la main droite dans l\u2019<em>Impromptu no 2 en fa di\u00e8se majeur<\/em> sont aussi engageantes qu\u2019impeccablement bross\u00e9es. \u00c0 vrai dire, le simple aplomb du jeu de Richard-Hamelin pourrait faire sourciller ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent une approche plus explosive \u00e0 la Horowitz de ce compositeur. Pour ceux qui penchent pour une lecture \u00e0 la Rubinstein, ce disque s\u2019impose comme une \u00e9vidence. La superbe captation des ing\u00e9nieurs d\u2019Analekta se per\u00e7oit d\u00e8s le <em>do<\/em> r\u00e9sonant de la premi\u00e8re ballade. <strong>Arthur Kaptainis<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>Beethoven: Clarinet Trio Op. 38.<br \/>\nBrahms: Clarinet Trio Op. 114.<br \/>\nAlexander Bedenko, clarinet; Kyril Zlotnikov, cello;<br \/>\nItamar Golan, piano<br \/>\nOrchid Classics ORC100102<br \/>\nTotal Time: 62:00<br \/>\n<strong>4\/5<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Le premier concert de Beethoven o\u00f9 il a mis de l\u2019avant ses propres \u0153uvres a eu lieu \u00e0 Vienne en avril 1800. Il y avait jou\u00e9, outre des \u0153uvres de Mozart et de Haydn, sa propre <em>Symphonie no 1<\/em>, un concerto pour piano et un <em>Septuor, <\/em>opus 20, qui fut le clou de la soir\u00e9e. Suivant l\u2019id\u00e9e que rien n\u2019a autant de succ\u00e8s qu\u2019un succ\u00e8s, Beethoven vendit \u00e0 son \u00e9diteur une version suppl\u00e9mentaire du septuor, r\u00e9duit \u00e0 un trio pour clarinette (ou violon), violoncelle et piano, et enregistr\u00e9e en tant qu\u2019opus 38. Contrairement aux attentes, cette version n\u2019a jamais connu la m\u00eame popularit\u00e9 que le septuor. Et je ne me souviens pas d\u2019avoir entendu un enregistrement vraiment saisissant.<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation d\u2019Alexander Bedenko, Kyril Zlotnikov et Itamar Golan emprunte une approche sereine, cherchant des silences intimes entre les lignes instrumentales. Cela s\u2019apparente \u00e0 une conversation de famille o\u00f9 chacun prend soin de ne pas interrompre l\u2019autre. Il s\u2019agit de la version la plus solide que j\u2019aie entendue jusqu\u2019\u00e0 maintenant de ce joyeux septuor.<\/p>\n<p>Brahms, qui a acquis un amour tardif pour la clarinette, a r\u00e9serv\u00e9 cet instrument pour ses cr\u00e9ations les plus r\u00e9fl\u00e9chies, notamment dans l\u2019ultime paire de sonates pour clarinette, opus 120. Dans le m\u00eame \u00e9lan cr\u00e9atif, il a \u00e9crit un quintette et un trio pour clarinette, le tout au profit du virtuose Richard M\u00fchlfeld. Le trio, qui s\u2019ouvre sur une ligne de violoncelle langoureuse, est du Brahms \u00e0 son meilleur, contr\u00f4lant ses participants comme un animateur de talk-show veillant \u00e0 ce que le propos ne tombe jamais \u00e0 plat. En approchant de la mort, Brahms regardait fermement devant lui \u00e0 la recherche de nouvelles lignes m\u00e9lodiques. Il n\u2019y a rien de vieilli chez lui. Il est vivant comme vous et moi. <strong>Norman Lebrecht<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>Shostakovich: Preludes and Piano Sonatas<br \/>\nHyperion CDA68267<br \/>\nTotal time: 79:13<br \/>\n<strong>5\/5<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Si j\u2019\u00e9coute encore une fois Andrey Gugnin jouer Chostakovitch, je serai probablement contraint de me faire interner pour ma propre s\u00e9curit\u00e9, du moins jusqu\u2019apr\u00e8s le Brexit. Mais \u00e7a se produira quand m\u00eame. Comme le Brexit, d\u2019ailleurs. Je n\u2019y peux rien.<\/p>\n<p>La musique de ce disque fascinant nous provient des tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me du compositeur, qui l\u2019a \u00e9crite au moment o\u00f9 il \u00e9tait accabl\u00e9 par des probl\u00e8mes plus personnels que politiques. Sa <em>Sonate pour piano no 1<\/em>, compos\u00e9e en 1927 alors qu\u2019il avait 21 ans, c\u00f4toie sa <em>Symphonie no\u00a02<\/em> et elle a beaucoup de traits communs avec la sonate de 1926 de Bart\u00f3k, mais aussi avec celle d\u2019Alban Berg.<\/p>\n<p>La <em>Sonate no\u00a02<\/em>, \u00e9crite au milieu de la Seconde Guerre mondiale, est une sorte d\u2019\u00e9pitaphe pour le professeur de piano de Chostakovitch, qui venait de s\u2019\u00e9teindre. Dans l\u2019intervalle, Gugnin interpr\u00e8te les <em>Vingt-quatre pr\u00e9ludes<\/em> de 1932-1933, une s\u00e9rie si introspective qu\u2019elle fait penser \u00e0 un homme qui se parle \u00e0 lui-m\u00eame devant le miroir. Bach est le mod\u00e8le \u00e9vident \u2013 comme il le sera vingt ans plus tard pour les <em>Pr\u00e9ludes et fugues, <\/em>op. 87 \u2013 et pourtant, ce compositeur qui n\u2019a pas voyag\u00e9 et qui est rest\u00e9 cantonn\u00e9 dans l\u2019enclave sovi\u00e9tique montre un int\u00e9r\u00eat pour un large \u00e9ventail de cultures. Le cinqui\u00e8me des pr\u00e9ludes se rapproche d\u2019un Vaughan Williams pastoral et le septi\u00e8me ressemble \u00e0 du Kurt Weill excit\u00e9 au caf\u00e9 noir.<\/p>\n<p>Gugnin, un jeune Russe qui a remport\u00e9 un concours de piano \u00e0 Sydney, en Australie, joue par moments avec une folle rapidit\u00e9, uniquement pour montrer qu\u2019il en est capable. Mais au milieu de cette agitation, il y a des moments de tendresse et contemplation profonde que j\u2019\u00e9prouve le besoin de r\u00e9entendre encore et encore.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tiquette Hyperion a connu son premier succ\u00e8s il y a de nombreuses ann\u00e9es avec une interpr\u00e9tation captivante des <em>Pr\u00e9ludes et fugues, <\/em>op.\u00a087 par Tatiana Nikolayeva. Pour tous ceux qui connaissent ce disque \u00e9pique, laissez-moi seulement vous dire que l\u2019enregistrement dont il est question ici en est tr\u00e8s proche. Il nous emm\u00e8ne presque ailleurs.\u00a0<strong>Norman Lebrecht<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Montero: Piano Concerto No. 1 \u201cLatin Concerto.\u201d Ravel: Piano Concerto in G Major.<br \/>\nGabriela Montero, piano.<br \/>\nThe Orchestra of the Americas\/Carlos Miguel Prieto<br \/>\nOrchid Classics ORC100104<br \/>\nTotal Time: 51:47<\/p><\/blockquote>\n<p>La plupart des musiciens m\u00e8nent leur vie en essayant d\u2019\u00e9viter les ennuis, particuli\u00e8rement les tracas d\u2019ordre politique. Gabriela Montero est une exception. N\u00e9e au V\u00e9n\u00e9zu\u00e9la et vivant en exil depuis l\u2019enfance, elle s\u2019est fait un nom comme une soliste flamboyante dans les concertos pour piano du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Comme rappels, elle a invent\u00e9 ses propres riffs sur des th\u00e8mes demand\u00e9s par le public. Au fil du temps, ceux-ci sont devenus de plus longues compositions.<\/p>\n<p>Refusant d\u2019ignorer la d\u00e9sint\u00e9gration de son pays natal provoqu\u00e9e par le gouvernement, elle a infus\u00e9 dans plusieurs de ses pens\u00e9es musicales un message politique de rayonnement et d\u2019espoir. L\u2019\u0153uvre principale de l\u2019album est un <em>Concerto pour piano<\/em> de Montero qui fusionne des tropes latino-am\u00e9ricains avec une vision de forme longue. Les th\u00e8mes sont accrocheurs et le d\u00e9veloppement ne fl\u00e9chit jamais. Montero est r\u00e9solument au premier plan comme soliste et l\u2019orchestre, comptant une lourde section de percussion, joue les accompagnements en obbligato, la plupart sur des rythmes de danse et de jazz. Le concerto dure trente minutes et le finale <em>Allegro Venezolano<\/em> n\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment pas pessimiste. Montero affirme la vie. Le V\u00e9n\u00e9zu\u00e9la rena\u00eetra. Amusez-vous.<\/p>\n<p>L\u2019autre \u0153uvre au programme est une ex\u00e9cution \u00e9blouissante du <em>Concerto en sol majeur<\/em> de Ravel, plus jazz que la plupart des interpr\u00e9tations et fort d\u2019un authentique swing des ann\u00e9es 1920. Dans l\u2019Adagio, o\u00f9 Montero reprend son souffle, on saisit la pleine mesure de l\u2019artiste originale qu\u2019elle est. <strong>Norman Lebrecht<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Memories of Places Past<br \/>\nTrio Dell\u2019Aria<br \/>\nReally Records<br \/>\n<strong>3\/5<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><em>Memories of Places Past<\/em> est le premier album du Trio Dell\u2019Aria; un trio inhabituel, constitu\u00e9 de la soprano Kripa Nageshwar, du clarinettiste Michael Westwood et de la pianiste Ruta Viavade. Sur cet album, ils ont choisi l\u2019une des rares \u0153uvres du r\u00e9pertoire compos\u00e9es pour leur effectif. Il s\u2019agit des <em>Six Lieder<\/em> de Louis Spohr, compos\u00e9s en 1837. \u00c0 cela s\u2019ajoutent deux \u0153uvres contemporaines de compositeurs canadiens : <em>Memory of a Place<\/em>, auquel le titre de l\u2019album fait allusion, de Franck Horvat et <em>Ashes of Soldiers<\/em> de Colin Eatock.<\/p>\n<p>\u00c0 la clarinette, Michael Westwood d\u00e9montre une bonne musicalit\u00e9. Ses phras\u00e9s sont ex\u00e9cut\u00e9s avec fluidit\u00e9 et ses aigus sont agr\u00e9ables \u00e0 l\u2019oreille. Toutefois, la captation sonore de l\u2019enregistrement est telle qu\u2019on l\u2019entend beaucoup, presque trop par rapport \u00e0 ses deux partenaires. Ruta Vaivade, au piano, est difficilement audible; un accompagnement qui manque \u00e0 la soprano et au trio dans son ensemble. Outre le fait qu\u2019elle ne soit pas assez soutenue musicalement et qu\u2019elle paraisse ainsi manquer de conviction, Mme Nageshwar montre ses limites dans le m\u00e9dium-grave et le grave, sa voix n\u2019\u00e9tant pas assez timbr\u00e9e. On retiendra, toutefois, son interpr\u00e9tation pleine d\u2019\u00e9motions dans <em>Ashes of Soldiers<\/em>, derni\u00e8re piste de l\u2019album. Une \u0153uvre magnifiquement compos\u00e9e par Colin Eatock, dont on rappelle ici le nom. <strong>Justin Bernard<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Skye Consort &amp; Emma Bj\u00f6rling Leaf Music, LM225 4\/5 Sentez l\u2019air frais du nord s\u2019insinuer dans vos oreilles avec cette rencontre remarquable entre la chanteuse su\u00e9doise Emma Bj\u00f6rling et l\u2019ensemble Skye Consort form\u00e9 de Se\u00e1n Dagher (bouzouki, banjo, voix), Alex Kehler (nyckelharpa, violon, voix) et Amanda Keesmaat (violoncelle, voix). 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