{"id":394557,"date":"2019-10-02T14:46:00","date_gmt":"2019-10-02T18:46:00","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=394557"},"modified":"2019-10-03T09:03:40","modified_gmt":"2019-10-03T13:03:40","slug":"julie-vincent-dameriques-plurielles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/olivier-dumas\/julie-vincent-dameriques-plurielles\/","title":{"rendered":"Julie Vincent: D&#8217;Am\u00e9riques plurielles"},"content":{"rendered":"<p>Depuis deux d\u00e9cennies, Julie Vincent poursuit ses explorations cr\u00e9atrices sur diverses contr\u00e9es d\u2019Am\u00e9rique, entre le Qu\u00e9bec et l\u2019h\u00e9misph\u00e8re sud. En solo ou en codirection, elle a veill\u00e9 et veille encore au destin de Singulier Pluriel.<\/p>\n<p>Un jour, Andr\u00e9 Brassard (un mentor qui l\u2019a dirig\u00e9e notamment dans deux pi\u00e8ces de Michel Tremblay) lance \u00e0 Julie Vincent qu\u2019elle sera \u00ab\u00a0toujours du deuxi\u00e8me monde (l\u00e0 o\u00f9 des artistes osent et prennent position, contrairement au premier monde, plus consensuel et \u00e9litiste)\u00a0\u00bb. Cette observation du metteur en sc\u00e8ne illustre bien la port\u00e9e de l\u2019axe Nord-Sud d\u00e9velopp\u00e9 depuis par la compagnie.<\/p>\n<p>Au bout du fil, la com\u00e9dienne, dramaturge, metteure en sc\u00e8ne et conseill\u00e8re artistique \u00e0 l\u2019\u00c9cole nationale de cirque s\u2019exprime avec ferveur sur le parcours de Singulier Pluriel, de ses d\u00e9buts \u00e0 aujourd\u2019hui, alors qu\u2019une intrigante \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale est pr\u00e9sent\u00e9e ces jours-ci \u00e0 la Chapelle de l\u2019Espace Fullum, <em>Valpara\u00edso <\/em>de Dominick Parenteau-Lebeuf (sous la gouverne de Julie Vincent). Tout a \u00e9merg\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 au moment de la pr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce <em>Le Marin<\/em> du Portugais Fernando Pessoa, \u00e9galement mise en sc\u00e8ne par Vincent. \u00ab\u00a0Je tra\u00eenais ce texte depuis 15 ans. Quand je le proposais \u00e0 diff\u00e9rents th\u00e9\u00e2tres, personne ne voulait prendre le risque de monter ce <em>drame statique<\/em>\u00a0\u00bb. En compagnie de Dani\u00e8le Panneton (qui a codirig\u00e9 Singulier Pluriel jusqu\u2019en 2004), de Marthe Turgeon et d\u2019Isabel Dos Santos (originaire du Portugal), elle se produit sur sc\u00e8ne dans une production ind\u00e9pendante \u00e0 la salle Jean-Claude Germain. La pr\u00e9sence d\u2019une actrice n\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Qu\u00e9bec et les \u00e9chos encourageants provoquent le d\u00e9sir de tisser des liens entre les cultures. Car \u00ab\u00a0\u00eatre Qu\u00e9b\u00e9cois, c\u2019est \u00eatre quelqu\u2019un d\u2019inachev\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_394562\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-394562\" class=\"wp-image-394562 size-medium\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-200x300.jpg 200w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-300x450.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-600x899.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-768x1151.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-683x1024.jpg 683w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/ferrer_xe.6541-scaled.jpg 1708w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-394562\" class=\"wp-caption-text\">Photo: Ferrer<\/p><\/div>\n<p>Une phrase de Pessoa (\u00ab\u00a0tout \u00e9tait multiple et nous n\u2019en savons rien\u00a0\u00bb) donne le go\u00fbt \u00e0 Julie Vincent de concevoir de nouvelles aventures au fil de voyages et de rencontres entre le Qu\u00e9bec et l\u2019Am\u00e9rique du Sud. Depuis, les \u00e9poques et les histoires, autant intimes que politiques et sociales, se conjuguent et se confrontent. Les langues fran\u00e7aise et espagnole se c\u00f4toient ou se r\u00e9pondent. Apr\u00e8s <em>Le Marin<\/em>, Julie Vincent r\u00e9dige, pilote, en plus de jouer (avec d\u2019autres interpr\u00e8tes) <em>La Robe de mari\u00e9e de Gis\u00e8le Schmidt<\/em>. En 2010, c\u2019est au tour du <em>Portier de la gare Windsor<\/em> (\u00e9crit et mis en sc\u00e8ne \u00e0 nouveau par elle) de s\u00e9duire des critiques et des publics curieux \u00e0 la salle Fred-Barry (Montr\u00e9al) et \u00e0 Buenos Aires (Argentine). Ce chass\u00e9-crois\u00e9 autour d\u2019un architecte-vagabond originaire de l\u2019Uruguay, exil\u00e9 dans la m\u00e9tropole qu\u00e9b\u00e9coise apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9tat de 1973, prend racine dans le r\u00e9cit biographique d\u2019un ami r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de la femme de th\u00e9\u00e2tre. Le protagoniste \u00e9prouve par ailleurs une grande tendresse pour la po\u00e9sie de Gaston Miron et de Mich\u00e8le Lalonde, alors que grondent les soubresauts de la gr\u00e8ve \u00e9tudiante de 2005. Les connexions entre le Nord et le Sud se poursuivent l\u2019ann\u00e9e suivante entre Montr\u00e9al et quatre pays d\u2019Am\u00e9rique du Sud avec la prestation solo de Julie Vincent dans <em>Jocaste<\/em>, mythe r\u00e9actualis\u00e9 par l\u2019Uruguayenne Mariana Percovich. Dans <em>Soledad au hasard<\/em>, de la plume et sous la gouverne de Julie Vincent, une photographe qu\u00e9b\u00e9coise victime de la crise financi\u00e8re de 2001 \u00e0 Buenos Aires se lie avec une \u00e9tudiante argentine exil\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al durant le printemps \u00e9rable de 2012.<\/p>\n<div id=\"attachment_394564\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-par-Camila-F..jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-394564\" class=\"size-medium wp-image-394564\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-par-Camila-F.-300x199.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-par-Camila-F.-300x199.jpeg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-par-Camila-F.-600x398.jpeg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-par-Camila-F..jpeg 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-394564\" class=\"wp-caption-text\">Photo: Camila Forteza<\/p><\/div>\n<p>\u00c9galement \u00e9crite et orchestr\u00e9e par Julie Vincent, <em>La Mondiola<\/em> \u00ab\u00a0s\u2019impr\u00e8gne d\u2019une pratique alternative populaire dans le circuit ind\u00e9pendant de Buenos Aires et de Montevideo\u00a0: pr\u00e9senter du th\u00e9\u00e2tre dans une maison (une id\u00e9e de la codirectrice de Singulier Pluriel depuis 2016, Ximena Ferrer, cr\u00e9atrice originaire de Montevideo)\u00a0\u00bb. L\u2019axe Nord-Sud se r\u00e9percute \u00e9galement parmi ses mod\u00e8les, \u00ab\u00a0ma\u00eetres de l\u2019avant-garde\u00a0\u00bb comme le dramaturge et directeur de th\u00e9\u00e2tre argentin Mauricio Kartun, l\u2019un des fondateurs du th\u00e9\u00e2tre ind\u00e9pendant de cette terre d\u2019Am\u00e9rique, \u00ab\u00a0un \u00eatre inspirant qui cultive lui-m\u00eame son jardin\u00a0\u00bb, ou encore Gabriel Calder\u00f3n, artiste de Montevideo portant de multiples chapeaux (\u00e9crivain, acteur, directeur) comme la polyvalente artiste qu\u00e9b\u00e9coise.<\/p>\n<p>Admirative depuis des ann\u00e9es de la dramaturgie de Dominick Parenteau-Lebeuf, la codirectrice et cofondatrice de Singulier Pluriel a saisi l\u2019occasion de d\u00e9velopper avec elle une complicit\u00e9 r\u00e9ciproque. Avec ses multiples couches, <em>Valpara\u00edso<\/em> (ville portuaire du Chili) s\u2019inscrit parfaitement dans le r\u00e9pertoire de la compagnie globetrotteuse. Nous y rencontrons, entre autres, une jeune Chilienne androgyne qui d\u00e9barque \u00e0 Montr\u00e9al avec sa m\u00e8re. Celle-ci erre dans les rues de la ville et voit son existence boulevers\u00e9e par un coffre dans les archives des s\u0153urs de la Providence. S\u2019enchev\u00eatre une relation avec ses a\u00efeules dans un tango incessant entre le Qu\u00e9bec et le Chili, entre les 19<sup>e<\/sup> et 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cles. Pour Julie Vincent, il s\u2019agit \u00ab\u00a0d\u2019une pi\u00e8ce imposante par toutes ses dimensions ins\u00e9r\u00e9es les unes dans les autres (telle une poup\u00e9e gigogne); dans son \u00e9criture, Dominick ressentait un besoin de transformation autant sur la forme que sur le contenu\u00a0\u00bb. Une lign\u00e9e de femmes a interpell\u00e9 cette derni\u00e8re, notamment une religieuse qu\u00e9b\u00e9coise m\u00e9connue qui a pourtant jou\u00e9 un r\u00f4le primordial au Chili. Le r\u00eave d\u2019une femme sortant de la trappe d\u2019une maison a provoqu\u00e9 des \u00e9tincelles. \u00ab\u00a0Elle a reconnu la maison de son enfance \u00e0 Saint-Blaise-sur-Richelieu (ville o\u00f9 ont demeur\u00e9 de nombreux patriotes)\u00a0\u00bb, confie Julie Vincent.<\/p>\n<p>Pour illustrer ces ressemblances et discordances entre les cultures du Nord et du Sud, Julie Vincent cite une phrase m\u00e9morable de Michel Garneau, po\u00e8te qu\u2019elle affectionne particuli\u00e8rement. \u00ab\u00a0Les g\u00e9n\u00e9rations ne s\u2019annulent pas. Il faut aller chercher les autres (que la sienne) pour ne pas mourir.\u00a0\u00bb Cette philosophie d\u2019\u00e9changes et de rencontres plurielles guidera certainement toute l\u2019\u00e9quipe d\u2019un <em>Valpara\u00edso<\/em> aux pas voyageurs.<\/p>\n<blockquote><p>Pour en conna\u00eetre davantage sur la compagnie\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.singuliernordsudpluriel.com\">www.singuliernordsudpluriel.com<\/a><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis deux d\u00e9cennies, Julie Vincent poursuit ses explorations cr\u00e9atrices sur diverses contr\u00e9es d\u2019Am\u00e9rique, entre le Qu\u00e9bec et l\u2019h\u00e9misph\u00e8re sud. En solo ou en codirection, elle a veill\u00e9 et veille encore au destin de Singulier Pluriel. Un jour, Andr\u00e9 Brassard (un mentor qui l\u2019a dirig\u00e9e notamment dans deux pi\u00e8ces de Michel Tremblay) lance \u00e0 Julie Vincent<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/olivier-dumas\/julie-vincent-dameriques-plurielles\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":3434,"featured_media":394558,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[29949,401],"tags":[41190,41189,41191,41188,41161,41187,41162],"class_list":{"0":"post-394557","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-les-arts-scena","8":"category-theatre-fr","9":"tag-daniele-panneton","10":"tag-dominick-parenteau-lebeuf","11":"tag-fernando-pessoa","12":"tag-isabel-dos-santos","13":"tag-julie-vincent","14":"tag-marthe-turgeon","15":"tag-singulier-pluriel","16":"type-article-fr","17":"volume-volume-25","18":"issue-vol-25-issue-2-fr","19":"section-la-scena-arts-fr"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-Vincent-en-re\u0301pe\u0301ttion-Valparaiso.-par-Camila-Forteza-e1570041346598.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-Vincent-en-re\u0301pe\u0301ttion-Valparaiso.-par-Camila-Forteza-300x207.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Julie-Vincent-en-re\u0301pe\u0301ttion-Valparaiso.-par-Camila-Forteza-e1570041346598.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/394557"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3434"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=394557"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/394557\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/394558"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=394557"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=394557"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=394557"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}