{"id":388503,"date":"2019-07-12T13:28:45","date_gmt":"2019-07-12T17:28:45","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=388503"},"modified":"2019-07-12T14:01:39","modified_gmt":"2019-07-12T18:01:39","slug":"jeu-de-dames-au-fijm-28-juin-au-6-juillet-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/collectif-jazz\/jeu-de-dames-au-fijm-28-juin-au-6-juillet-2019\/","title":{"rendered":"Jeu de dames au FIJM (28 juin au 6 juillet, 2019)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">De sa naissance au si\u00e8cle dernier jusqu\u2019au tournant du mill\u00e9naire, le jazz a \u00e9t\u00e9 largement domin\u00e9 par les hommes, au point d\u2019\u00eatre un bastion masculin par excellence, pour ne pas dire une chasse gard\u00e9e. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une nouvelle conscience se d\u00e9veloppe, laquelle donne droit de cit\u00e9 \u00e0 la gent f\u00e9minine. Jadis cantonn\u00e9es aux r\u00f4les de chanteuses ou de pianistes, les femmes de jazz de notre temps jouent de tous les instruments, beaucoup d\u2019entre elles avec autant de panache et de verve que leurs confr\u00e8res masculins. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">Au-del\u00e0 de cette question d\u2019une meilleure repr\u00e9sentativit\u00e9 des femmes dans le jazz et de la reconnaissance publique qui en d\u00e9coule, il y a \u00e9galement celle de la parit\u00e9 dans les conditions de travail, incluant bien s\u00fbr la r\u00e9mun\u00e9ration. Th\u00e9matique de l\u2019heure s\u2019il en est une, le m\u00eame salaire pour le m\u00eame travail ne concerne pas juste le monde du spectacle, mais bien tous les secteurs de notre \u00e9conomie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">En Angleterre, une initiative milite depuis trois ans pour cette cause. Keychange a pour objet de promouvoir une meilleure visibilit\u00e9 des femmes dans les festivals en sensibilisant leurs organisateurs \u00e0 cette probl\u00e9matique. Au Canada, par exemple, le Festival international de jazz d\u2019Ottawa a accord\u00e9 cette ann\u00e9e presque autant de places aux femmes qu\u2019aux hommes en tant que t\u00eates d\u2019affiche et compte m\u00eame poursuivre sa d\u00e9marche dans ses prochaines \u00e9ditions.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">Au Festival international de jazz de Montr\u00e9al en revanche, on est en bien loin encore\u00a0: en faisant le compte de tous les spectacles en salle, on arrive au rapport de 25\/80 en faveur des hommes. Quoiqu\u2019il en soit, ce critique a remarqu\u00e9 que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de ses choix de concerts, soit quatre sur dix, \u00e9tait plac\u00e9 sous la direction de femmes, l\u2019une avec une distribution enti\u00e8rement f\u00e9minine. Sur les quatorze musiciens participants aux spectacles concern\u00e9s, le partage \u00e9tait parfaitement \u00e9quilibr\u00e9, soit sept messieurs et autant de dames. Un heureux hasard, quoi.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">Par del\u00e0 ces consid\u00e9rations, il faut, en tant que m\u00e9lomane, fixer son attention sur la musique d\u2019abord, sur ce qui se d\u00e9roule sur sc\u00e8ne, et moins sur ceux ou celles qui la produisent. Personne n\u2019a le monopole sur la bonne musique, car il y a autant de femmes qui sont en mesure d\u2019interpeller les spectateurs (et spectatrices) que d\u2019hommes. Voici quelques impressions recueillies de cet \u00e9chantillon de concerts vus au festival cette ann\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_388495\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/cH.Weinsteincredit.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-388495\" class=\"wp-image-388495 size-medium\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/cH.Weinsteincredit-300x262.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"262\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/cH.Weinsteincredit-300x262.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/cH.Weinsteincredit-600x523.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/cH.Weinsteincredit-110x96.jpg 110w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/cH.Weinsteincredit.jpg 750w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-388495\" class=\"wp-caption-text\">Photo : H. Weinstein<\/p><\/div>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\"><strong>Melissa Aldana Quartet \u2014 jeudi\u00a028, 22\u00a0h\u00a030<\/strong><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">Laur\u00e9ate du prestigieux concours de l\u2019Institut Thelonious Monk en 2014, la saxophoniste t\u00e9nor Melissa Aldana effectuait, en soir\u00e9e d\u2019ouverture, son second passage sur les planches du festival. Chilienne d\u2019origine, mais install\u00e9e dans la Grosse Pomme avant m\u00eame sa participation au concours, elle prenait le chemin des festivals cet \u00e9t\u00e9, au Canada d\u2019abord, poursuivant d\u00e9sormais son p\u00e9riple en Europe. Pour l\u2019occasion, elle reprit la musique de son second enregistrement (<em>Visions<\/em> sur \u00e9tiquette Motema), sorti \u00e0 la mi-mai. Dans ce qu\u2019il y a de plus classique comme formation instrumentale, elle \u00e9tait appuy\u00e9e d\u2019une section rythmique d\u2019usage, soit le trio piano, basse et batterie. La musique au programme tirait son inspiration de la vie et de l\u2019\u0153uvre de l\u2019artiste visuelle mexicaine Freda Kahlo (1907-1954), rescap\u00e9e en quelque sorte des limbes de l\u2019oubli ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans la jeune trentaine, Aldana est une musicienne de jazz bien de notre temps\u00a0: sonorit\u00e9 ample, ma\u00eetrise de tous les registres, jeu fluide, parfois prolixe, parfois plus retenu, mais comme tant d\u2019autres qui \u00e9voluent dans le style. En fait, on se pose la question s\u2019il \u00e9tait possible de l\u2019identifier sans rep\u00e8res aucuns, comme l\u2019on fait dans les Blindfold tests. Tel est le d\u00e9fi pos\u00e9 \u00e0 tellement de jeunes musiciens et musiciennes de nos jours\u00a0: comment raconte-t-on une histoire unique, facilement reconnaissable au son ou encore par la phrase tourn\u00e9e comme personne d\u2019autre\u2009?&#8230; Ses compositions, toutes bien fignol\u00e9es, ne se d\u00e9tachent pas du lot de pi\u00e8ces \u00e9crites dans ce genre de jazz contemporain, respectueuses des valeurs traditionnelles du swing, des harmonies tonales et de l\u2019agencement de solos, divis\u00e9s pour la plupart entre elle et son pianiste Sam Harris. S\u2019il y avait un \u00e9lectron plus libre, c\u2019\u00e9tait justement ce dernier, quoique son jeu, souvent limit\u00e9 \u00e0 des blocs d\u2019accords, n\u2019arrivait pas \u00e0 d\u00e9coller. En tout et partout, le concert se d\u00e9roula comme il fallait, dans la bonne moyenne, mais en mal de surprises.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_388504\" style=\"width: 322px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/S.Lainezcr.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-388504\" class=\"wp-image-388504\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/S.Lainezcr.jpeg\" alt=\"\" width=\"312\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/S.Lainezcr.jpeg 225w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/S.Lainezcr-100x100.jpeg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/S.Lainezcr-150x150.jpeg 150w\" sizes=\"(max-width: 312px) 100vw, 312px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-388504\" class=\"wp-caption-text\">Photo : S. Lainez<\/p><\/div>\n<p><strong><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">Linda May Han Oh Quintet \u2014 dimanche\u00a030, 17\u00a0h<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">\u00c0 peine cinq minutes apr\u00e8s le d\u00e9but de cette prestation en plein air (la seule des dix vues au festival), ce critique se rappela tout d\u2019un coup pourquoi il \u00e9vite les sc\u00e8nes ext\u00e9rieures. En un mot\u00a0: la sono.\u00a0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">La r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale veut que le meilleur endroit pour bien entendre soit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la console, mais l\u2019auditeur se postant l\u00e0, \u00e0 une cinquantaine de m\u00e8tres de l\u2019estrade, se rendait compte que les premiers sons crach\u00e9s des haut-parleurs donnaient l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 un show de rock et non de jazz. La contrebasse de la cheffe de groupe, Linda May Han Oh, \u00e9tait un bourdon indistinct et lourd qui enterrait le piano de Fabian Almezan \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Ben Wendel, pour sa part, devait braquer le pavillon de son saxo t\u00e9nor dans le micro pour se faire entendre. Seul un d\u00e9placement vers la barri\u00e8re plac\u00e9e juste devant la sc\u00e8ne a permis de rectifier le probl\u00e8me un peu, quoique le batteur Rudy Royster a jou\u00e9 de mani\u00e8re excessive, suscitant alors l\u2019interrogation sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre des micros devant chacune des caisses et cymbales. Hormis de tels al\u00e9as, le groupe \u00e9tait quand m\u00eame tr\u00e8s bon. N\u00e9e en Malaisie, mais \u00e9lev\u00e9e en Australie, Oh s\u2019est rendue aux \u00c9tats-Unis pour \u00e9tudier, puis s\u2019\u00e9tablir. Une collaboration avec le trompettiste \u00e9toile Dave Douglas a rehauss\u00e9 son profil consid\u00e9rablement, lui permettant de se lancer dans ses propres projets, comme celui-ci. La musique jou\u00e9e ce jour-l\u00e0 \u00e9tait tir\u00e9e de son premier disque sur la nouvelle \u00e9tiquette Biophilia (g\u00e9r\u00e9 par le pianiste), le second sorti en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e. Comme on pouvait s\u2019y attendre, elle s\u2019est bien mise en \u00e9vidence comme soliste, autant \u00e0 la contrebasse qu\u2019\u00e0 la basse \u00e9lectrique qu\u2019elle joua pendant toute la seconde demi-heure. Quant aux autres musiciens, le pianiste ajouta quelques manipulations \u00e9lectroniques, pas toujours bien entendues \u00e0 cause de l\u2019amplification excessive, le guitariste Matt Stevens y allant de quelques envol\u00e9es aux accents rock. Notons enfin que ce spectacle a eu lieu \u00e0 l\u2019\u00e9cart du site principal au centre-ville, mais dans la banlieue de Verdun, soit sur un tron\u00e7on de sa rue principale. Belle id\u00e9e que le festival se d\u00e9centralise un peu, quoi qu\u2019il leur ait fallu 40 ans pour y penser.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_388499\" style=\"width: 338px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Randy-Colecredit.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-388499\" class=\"wp-image-388499\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Randy-Colecredit.jpg\" alt=\"\" width=\"328\" height=\"218\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-388499\" class=\"wp-caption-text\">Photo. : R. Cole<\/p><\/div>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\"><strong>Christine Jensen New York Quartet \u2014 mercredi 3 juillet, 22\u00a0h\u00a030<\/strong><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\">Ces derniers temps, la saxophoniste Christine Jensen (jouant principalement de l\u2019alto, mais aussi un peu de soprano) a consolid\u00e9 sa r\u00e9putation en tant que compositrice et arrangeuse. Apr\u00e8s deux disques \u00e0 la t\u00eate de son grand orchestre, elle signa ensuite le second disque de l\u2019ONJ avec son <em>Under the Influence Suite<\/em> pour alors se tourner vers un projet conjoint en quintette avec sa s\u0153ur trompettiste Ingrid de New York. \u00c0 peine une semaine apr\u00e8s la tenue d\u2019un concert de grand orchestre d\u00e9di\u00e9 aux femmes de jazz, \u00e9v\u00e9nement dont le Festival de jazz d\u2019Ottawa lui avait confi\u00e9 la direction, Jensen offrait cette fois-ci une tout autre proposition musicale, et une occasion parfaite pour vraiment d\u00e9ployer ses ailes d\u2019instrumentiste. Entour\u00e9e de trois cons\u0153urs new-yorkaises, Helen Sung (pno), Noriko Ueda (cb.) et Allison Miller (btr.), la saxophoniste ne pouvait demander mieux pour se lancer \u00e0 corps perdu dans la musique. Les r\u00e9sultats de cette premi\u00e8re rencontre sur sc\u00e8ne \u00e9taient franchement convaincants. Les quatre dames ont livr\u00e9 leur marchandise avec une telle assurance qu\u2019on aurait cru la formation \u00e9tablie depuis un bon moment. Le programme de compositions \u00e9tait vari\u00e9 du fait que tous les membres ont contribu\u00e9, certaines pi\u00e8ces assez enlev\u00e9es, d\u2019autres plus recueillies et bien senties. Le plaisir \u00e9tait donc au rendez-vous, tant sur sc\u00e8ne que dans la salle, les spectateurs leur accordant des applaudissements bien m\u00e9rit\u00e9s et demandant m\u00eame un rappel, qui leur a \u00e9t\u00e9 consenti. Pour quand la suite, mesdames\u2009?&#8230;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_388501\" style=\"width: 353px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P-Gannushkincr.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-388501\" class=\"wp-image-388501\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P-Gannushkincr-300x215.jpg\" alt=\"\" width=\"343\" height=\"246\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P-Gannushkincr-300x215.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P-Gannushkincr-536x386.jpg 536w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P-Gannushkincr-269x192.jpg 269w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/P-Gannushkincr.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 343px) 100vw, 343px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-388501\" class=\"wp-caption-text\">Photo : P. Gannushkin<\/p><\/div>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\"><strong>Kris Davis solo \u2014 samedi\u00a06 juillet, 22\u00a0h\u00a030<\/strong><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"color: #000000\">Du quartette stimulant de Jensen, le retour au Ges\u00f9 trois soirs plus tard se d\u00e9roulait dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un concert de piano solo. Kris Davis, Canadienne d\u2019origine, mais New-Yorkaise d\u2019adoption depuis presque vingt ans, s\u2019est int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 une certaine \u00e9lite de jazz, disons, plus exp\u00e9rimental. Sa pr\u00e9sence dans un festival comme Montr\u00e9al \u00e9tait un tant soit peu surprenante, ses pratiques musicales d\u00e9cid\u00e9ment \u00e9loign\u00e9es des grands courants commerciaux pris\u00e9s par le FIJM. Parmi les connaisseurs, les attentes \u00e9taient l\u00e0, ce critique inform\u00e9 par une connaissance d\u2019Ottawa que sa prestation en duo avec la saxophoniste Ingrid Laubrock \u00e9tait selon lui un fait saillant de ce festival. Tout portait \u00e0 croire que&#8230; et pourtant, pour une raison quelconque, le courant ne passa pas. Remarquons que la salle n\u2019\u00e9tait qu\u2019au tiers plein, on pouvait s\u2019y attendre un peu \u00e9tant donn\u00e9 que seule une poign\u00e9e de gens la connaissent ici. Par ailleurs, le piano \u00e9tait plac\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 ce que son dos soit au public, cr\u00e9ant ainsi une certaine distance et un manque de rapport avec lui. Musicalement, elle a fait vibrer les cordes au moyen de deux appareils employ\u00e9s par des guitaristes pour alors produire des effets de piano pr\u00e9par\u00e9 en martelant d\u2019autres cordes qu\u2019elle avait recouvertes au pr\u00e9alable de bandes adh\u00e9sives. Cette introduction somme toute fascinante bascula dans une s\u00e9quence d\u2019ostinato de la main gauche qui gomma la musique \u00e0 la longue. Il n\u2019y eut que deux pauses durant l\u2019heure, la finale passant d\u2019un autre long ostinato vers une interpr\u00e9tation tout \u00e0 fait inattendue de <em>Ask me Now<\/em>, th\u00e8me m\u00e9connu de Monk. \u00c0 l\u2019instar de la musique, les applaudissements \u00e9taient assez r\u00e9serv\u00e9s, sans rappel aucun bien s\u00fbr. Meilleure chance la prochaine fois Kris et dans un contexte autre que celui du FIJM. Son placement en fin de festival n\u2019aida pas \u00e0 la cause, car les auditeurs, gagn\u00e9s par l\u2019usure de dix jours d\u2019activit\u00e9s intenses, n\u2019\u00e9taient sans doute pas aussi dispos\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9coute d\u2019une musique somme toute exigeante.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\"><b><span style=\"color: #000000\">Propos de Marc Ch\u00e9nard<\/span><\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Times New Roman, serif\"><span style=\"font-size: medium\"><b><span style=\"color: #000000\">Voir critiques des spectacles de la <a href=\"https:\/\/myscena.org\/collectif-jazz\/atmospheres-ecm-focus-montreal-june-july-2019\/\">S\u00e9rie Invitation ECM<\/a> (en anglais) <\/span><\/b><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De sa naissance au si\u00e8cle dernier jusqu\u2019au tournant du mill\u00e9naire, le jazz a \u00e9t\u00e9 largement domin\u00e9 par les hommes, au point d\u2019\u00eatre un bastion masculin par excellence, pour ne pas dire une chasse gard\u00e9e. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une nouvelle conscience se d\u00e9veloppe, laquelle donne droit de cit\u00e9 \u00e0 la gent f\u00e9minine. Jadis cantonn\u00e9es aux r\u00f4les<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/collectif-jazz\/jeu-de-dames-au-fijm-28-juin-au-6-juillet-2019\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":3585,"featured_media":388212,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17036,17281,404],"tags":[],"class_list":{"0":"post-388503","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques-de-spectacles","8":"category-mainstream-fr","9":"category-scena-jazz-fr"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Girls-Jazz-Day-mh-1600x890-1024x570.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Girls-Jazz-Day-mh-1600x890-300x167.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Girls-Jazz-Day-mh-1600x890-1024x570.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/388503"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3585"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=388503"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/388503\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/388212"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=388503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=388503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=388503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}