{"id":379015,"date":"2019-04-07T15:43:04","date_gmt":"2019-04-07T19:43:04","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=379015"},"modified":"2019-04-07T15:56:22","modified_gmt":"2019-04-07T19:56:22","slug":"critiques-de-disques-et-de-livres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/bernard-justin\/critiques-de-disques-et-de-livres\/","title":{"rendered":"Critiques de disques et de livres"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">par Benjamin Goron, Norman Lebrecht, Paul Robinson<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong>Beethoven\u00a0: <em>Symphonies 1-9<br \/>\n<\/em><\/strong><strong>Philharmonique de Berlin\/Herbert von Karajan<br \/>\n<\/strong><strong>Dolby Atmos. DG 2 BRA 073 5557<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-379013 aligncenter\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven-768x768.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Karayan-Beethoven.jpg 900w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Au cours de sa longue carri\u00e8re, Herbert von Karajan a enregistr\u00e9 quatre cycles complets des symphonies de Beethoven. Le premier a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 Londres avec le Philharmonia Orchestra pour EMI (1952-55), le deuxi\u00e8me avec le Philharmonique de Berlin pour DG (1961-62), le troisi\u00e8me aussi avec le Philharmonique de Berlin pour DG (1975-77) et enfin un cycle final toujours avec le Philharmonique de Berlin pour DG (1982-85). C\u2019est ce dernier cycle de 1975-77 qui fait l\u2019objet de cette nouvelle parution utilisant la remast\u00e9risation la plus r\u00e9cente et la technologie Blu-ray.<\/p>\n<p>Selon moi, la premi\u00e8re version de Karajan avec le Philharmonique de Berlin du d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 demeure in\u00e9gal\u00e9e. Le son de l\u2019orchestre est remarquablement chaleureux et plein et le lieu d\u2019enregistrement \u00e9tait la l\u00e9gendaire Jesus-Christus-Kirche \u00e0 Berlin. Une partie de cette chaleur a \u00e9t\u00e9 perdue lorsque l\u2019orchestre a commenc\u00e9 \u00e0 enregistrer \u00e0 la Philharmonie, sa salle de concert. N\u00e9anmoins, ce cycle de 1975-77 offre du jeu magistral et profite d\u2019une technologie d\u2019enregistrement beaucoup plus avanc\u00e9e. Quant aux interpr\u00e9tations, peu de choses ont chang\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1960. Une exception notable est le tempo plus vif du premier mouvement de l\u2019<em>Eroica.<\/em><\/p>\n<p>Un autre avantage de cette nouvelle parution est le fait que la totalit\u00e9 des neuf symphonies ne fait que deux disques. Quant \u00e0 la remast\u00e9risation Dolby Atmos, son principal attribut est la cr\u00e9ation d\u2019un espace tridimensionnel qui va au-del\u00e0 des restrictions de canaux. C\u2019est la version la plus r\u00e9cente du son ambiophonique (<em>surround<\/em>), si l\u2019on veut, et cela ne sera probablement pleinement per\u00e7u qu\u2019en utilisant une cha\u00eene sonore <em>surround <\/em>comportant une fonctionnalit\u00e9 Dolby Atmos. PR<\/p>\n<h4><strong><em>Destination Rachmaninov. Departure<\/em><\/strong><strong>.<br \/>\n<\/strong><strong>Daniil Trifonov, piano. Philadelphia Orchestra\/Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin.<br \/>\n<\/strong><strong>DG B0028799-02 <\/strong><strong>*****<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-379011 aligncenter\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-768x768.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Selon le pianiste russe Daniil Trifonov, \u00ab\u00a0les concertos de Rachmaninov repr\u00e9sentent un voyage \u2013 et une destination\u00a0\u00bb. Ainsi, le titre quelque peu intrigant de ce nouveau disque. Ce \u00e0 quoi Trifonov fait allusion est \u00e0 la fois le d\u00e9placement physique de Rachmaninov de la Russie natale \u00e0 l\u2019Europe et aux \u00c9tats-Unis et son progr\u00e8s artistique du juv\u00e9nile <em>Concerto pour piano no 1<\/em> \u00e0 son plus cosmopolite <em>Concerto pour piano no 4<\/em>. Ce disque est le plus r\u00e9cent volet de la travers\u00e9e Trifonov-Orchestre de Philadelphie-N\u00e9zet-S\u00e9guin de toutes les \u0153uvres pour piano et orchestre de Rachmaninov pour Deutsche Grammophon \u2013 et c\u2019est une r\u00e9ussite majeure.<\/p>\n<p>Trifonov poss\u00e8de toutes les qualit\u00e9s d\u2019un grand interpr\u00e8te de Rachmaninov\u00a0: il a un son puissant, de la virtuosit\u00e9 dans les passages rapides et la maturit\u00e9 requise pour creuser profond\u00e9ment dans les passages plus introspectifs. Dans les ann\u00e9es Stokowski, l\u2019Orchestre de Philadelphie entretenait des rapports \u00e9troits avec le compositeur et cette affinit\u00e9 pour la musique de Rachmaninov s\u2019est poursuivie pendant l\u2019\u00e8re Ormandy et elle \u00e9merge de nouveau sous la baguette de Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin. Le soliste et l\u2019orchestre sont en tout temps au m\u00eame diapason dans ces splendides prestations.<\/p>\n<p>Les premier et troisi\u00e8me concertos sont toujours \u00e0 venir avec ces m\u00eames artistes, ainsi qu\u2019un cycle des symphonies de Rachmaninov de N\u00e9zet-S\u00e9guin et l\u2019Orchestre de Philadelphie. PR<\/p>\n<h4><strong>Mozart\u00a0: <em>Piano Concerto No. 20 in D minor K. 466<\/em>. <em>Piano Sonatas No. 3 &amp; No. 12<br \/>\n<\/em><\/strong><strong>Seong-Jin Cho, piano. Chamber Orchestra of Europe\/Yannick N\u00e9zet-Seguin.<br \/>\n<\/strong><strong>DG 483 5522 <\/strong><strong>*****<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Mozart-Seong-Jin-Cho.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-379009 aligncenter\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Mozart-Seong-Jin-Cho.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Mozart-Seong-Jin-Cho.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Mozart-Seong-Jin-Cho-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Mozart-Seong-Jin-Cho-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le pianiste cor\u00e9en de vingt-cinq ans Seong-Jin Cho a pris d\u2019assaut le monde de la musique classique ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Sa r\u00e9putation est mont\u00e9e en fl\u00e8che \u00e0 partir de sa victoire en 2015 au Concours international Chopin. Depuis, il a triomph\u00e9 partout dans le monde et produit de nombreux enregistrements de musique de Chopin, Debussy et Mozart pour Deutsche Grammophon. Sur son dernier disque, il offre avec Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin et le Chamber Orchestra of Europe une superbe version du <em>Concerto en r\u00e9 mineur<\/em> de Mozart.<\/p>\n<p>Seong-Jin Cho poss\u00e8de nettement une technique quasi parfaite, mais aussi une maturit\u00e9 du phras\u00e9 qui pourrait le mener loin. En outre, les \u00e9changes vifs et perceptifs entre soliste, orchestre et chef indiquent que le jeune Cor\u00e9en cherche plus qu\u2019\u00e0 \u00e9pater\u00a0: si l\u2019on se fie \u00e0 cette prestation, il est un authentique musicien, attentif \u00e0 ce qui se passe autour de lui et satisfait d\u2019\u00eatre le <em>primus inter pares<\/em>, comme il doit l\u2019\u00eatre dans ce r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p>Les deux sonates re\u00e7oivent \u00e9galement des interpr\u00e9tations exemplaires. Seong-Jin Cho trouve \u00e0 la fois le drame et l\u2019humour dans la musique et, sur le plan du style, il est impeccable. PR<\/p>\n<h4><strong>Wilhelm Furtw\u00e4ngler: The Radio Recordings, 1939-45<br \/>\n<\/strong><strong>Berlin Philharmonic <\/strong><strong>*****<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/furtwangler.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-379007\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/furtwangler-300x231.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"231\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/furtwangler-300x231.jpeg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/furtwangler.jpeg 539w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00c0 la fin de la guerre, lorsque les Russes ont occup\u00e9 le centre de la radio de Berlin, un officier vers\u00e9 en musique appel\u00e9 Konstantin Adzhemov a rassembl\u00e9 quelque mille cinq cents bandes d\u2019enregistrement et les a envoy\u00e9es \u00e0 Moscou. On ignore dans quel but, sinon que cela s\u2019inscrivait peut-\u00eatre dans l\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral de piller tout ce qui tombait sous la main. Le r\u00e9sultat, cependant, fut qu\u2019un portrait historique a pu \u00eatre conserv\u00e9 de la musique qui fut jou\u00e9e \u00e0 Berlin durant les ann\u00e9es du r\u00e9gime hitl\u00e9rien.<\/p>\n<p>Les musiciens de l\u2019Orchestre philharmonique de Berlin avaient \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9s du service militaire et leur chef, Wilhelm Furtw\u00e4ngler, \u00e9tait connu pour \u00eatre l\u2019interpr\u00e8te de Wagner pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 du F\u00fchrer. Les musiciens vivaient bien et Furtw\u00e4ngler, en d\u00e9pit de toutes ses lamentations apr\u00e8s la guerre, a fait une v\u00e9ritable fortune. Une note dans le livret accompagnant ces vingt-deux disques indique qu\u2019il recevait un suppl\u00e9ment de 1000 reichsmarks au bas mot pour chaque diffusion. Pour un concert, il a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 17\u00a0000\u00a0RM (\u00e9quivalant aujourd\u2019hui \u00e0 60\u00a0000 euros).<\/p>\n<p>Adzhemov a fini par devenir professeur au Conservatoire de Moscou. Quand les enregistrements ont \u00e9t\u00e9 rendus par les Russes dans les ann\u00e9es 1990, certains des concerts sont parus sur disque, mais cette compilation est la premi\u00e8re \u00e0 \u00eatre compl\u00e8te et je manquerais \u00e0 mon devoir si je ne mentionnais pas son caract\u00e8re historiquement unique et musicalement indispensable.<\/p>\n<p>Ce que nous avons ici est la musique comme reflet du Troisi\u00e8me Reich et comme \u00e9chappatoire \u00e0 son invasion totalitaire des esprits. Artiste ph\u00e9nom\u00e9nal, Furtw\u00e4ngler impr\u00e8gne chaque concert de l\u2019esprit de son temps. Entendre le concerto pour violon de Beethoven jou\u00e9 en mars 1944 avec le premier violon Erich R\u00f6hn en tant que soliste, c\u2019est sentir l\u2019imminence proph\u00e9tique de la catastrophe, un effet atteint sans aucun changement \u00e0 la partition de Beethoven. La septi\u00e8me symphonie rev\u00eat une teinte sinistre, aussi t\u00f4t que 1942, alors que la neuvi\u00e8me est nettement optimiste. (Comment, se demande-t-on, pouvaient-ils jouer un hymne \u00e0 la fraternit\u00e9 alors que des Berlinois \u00e9taient envoy\u00e9s \u00e0 Auschwitz\u00a0?)<\/p>\n<p>Les tempos de Furtw\u00e4ngler sont souvent rapides et toujours tendus, ce qui contredit son association habituelle avec les rythmes d\u00e9cousus. Il ne laisse jamais les solistes s\u2019\u00e9terniser dans les concertos de Schumann et entre brusquement dans Sibelius, d\u00e9stabilisant m\u00eame le violoniste Georg Kulenkampff. Plusieurs compositeurs nazis figurent dans la compilation, mais pour ce qui est de la cinqui\u00e8me symphonie de Beethoven, l\u2019approche de Furtw\u00e4ngler est moins propagandiste que dans certaines versions entendues \u00e0 Londres durant cette p\u00e9riode noire.<\/p>\n<p>Je ne peux couvrir la compilation en entier dans un bref article. La quatri\u00e8me symphonie de Brahms, de janvier 1945, m\u00e9rite un article \u00e0 elle seule et les \u0153uvres de Richard Strauss prennent un scintillement in\u00e9gal\u00e9. Il y a \u00e9galement un concerto symphonique de Furtw\u00e4ngler d\u2019une dur\u00e9e d\u2019une heure\u2026 d\u2019un ennui absolu. Si vous vous demandez le moindrement comment des musiciens ont cr\u00e9\u00e9 leurs plus belles musiques alors que l\u2019humanit\u00e9 \u00e9tait mise \u00e0 sac, cette compilation pourrait \u00eatre l\u2019amorce de votre r\u00e9flexion. Vous pouvez la commander ou la t\u00e9l\u00e9charger sur le site Internet de la Philharmonie de Berlin. NL<\/p>\n<h4><strong>Grace Williams, Chamber music<br \/>\n<\/strong><strong>Madelaine Mitchell, violon; London Chamber Ensemble<br \/>\n<\/strong><strong>Naxos 8571380 <\/strong><strong>****<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-379005 aligncenter\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-300x300.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-600x600.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-768x768.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grace-Williams-CMYK-1024x1024.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Si vous n\u2019avez pas entendu parler de Grace Williams (1906-1977), ce n\u2019est pas enti\u00e8rement d\u00fb \u00e0 une vilaine r\u00e9pression machiste\u00a0:\u00a0dans les ann\u00e9es\u00a01920\u00a0les compositrices \u00e9mergeaient et elles recevaient de forts d\u2019encouragements.\u00a0D\u2019ailleurs, la compositrice galloise\u00a0\u00e9tudiait \u00e0 Londres avec Ralph Vaughan Williams \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment que ses deux cons\u0153urs Elizabeth Maconchy et Imogen Holst.<\/p>\n<p>Williams \u00e9tait particuli\u00e8rement amie avec Benjamin Britten,\u00a0comme en t\u00e9moignent les lettres conserv\u00e9es.\u00a0Elle est rest\u00e9e \u00e0 Londres dans les ann\u00e9es\u00a01930 et prenait ostensiblement part \u00e0 la vie musicale de la ville. Elle a commenc\u00e9 \u00e0 souffrir de d\u00e9pression pendant la guerre et est rentr\u00e9e chez elle \u00e0 Barry, en 1945, o\u00f9 elle est rest\u00e9e pour les trente derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie.<\/p>\n<p>Aucune des pi\u00e8ces sur cet album, r\u00e9alis\u00e9 par Madeleine Mitchell et son ensemble, n\u2019avait encore \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e. Chaque pi\u00e8ce est hautement agr\u00e9able \u00e0 entendre, sans \u00eatre pour autant frappante d\u2019originalit\u00e9. Un superbe sextuor \u00e9voque le son de Vaughan Williams dans ce qu\u2019il a de plus pastoral, une sonate pour violon rappelle celui de Frank Bridge \u00e0 son plus aquatique et une suite pour neuf instruments aurait plu \u00e0 Nadia Boulanger pour ses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Stravinsky.<\/p>\n<p>Mitchell investit son c\u0153ur et son \u00e2me dans la sonate pour violon et dirige les autres pi\u00e8ces avec effervescence et flair. Je qualifierais cette musique d\u2019\u00ab\u00a0occasionnelle\u00a0\u00bb, au sens litt\u00e9ral du terme\u00a0: elle s\u2019\u00e9coute bien au bon moment et dans le bon \u00e9tat d\u2019esprit. J\u2019\u00e9coute toujours\u2026NL<\/p>\n<h4><strong>Giovanni Giornovich: London Concertos<br \/>\n<\/strong><strong>Bojan \u010ci\u010di\u0107 (violin), The Illyria Consort<br \/>\n<\/strong><strong>Delphian DCD34219 <\/strong><strong>****<\/strong><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-379003 aligncenter\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK-300x297.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK-300x297.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK-100x100.jpg 100w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK-600x595.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK-150x150.jpg 150w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK-768x761.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Giovanni-Giornovich-CMYK.jpg 900w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00c0 premi\u00e8re \u00e9coute, ces trois concertos pour violon de 1790 ressemblent \u00e0 ceux de Haydn. On pourrait m\u00eame croire que le second d\u2019entre eux est de Mozart, si nous ne savions que Mozart n\u2019a \u00e9crit que cinq concertos et que ceux-ci sont num\u00e9rot\u00e9s de 13 \u00e0 15. Qui \u00e9tait donc ce Giornovichi pour \u00e9crire de si belle mani\u00e8re, et pourquoi n\u2019avons-nous jamais entendu cette musique auparavant (il s\u2019agit, en effet, d\u2019une premi\u00e8re mondiale)\u00a0? Giornovichi \u00e9tait, entre autres choses, bien connect\u00e9.<\/p>\n<p>Croate d\u2019origine, dont le nom peut \u00eatre mal orthographi\u00e9 d\u2019au moins trente fa\u00e7ons diff\u00e9rentes, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Palerme, mais est devenu citoyen fran\u00e7ais parce que c\u2019est ce qu\u2019il fallait \u00eatre. En 1791, il faisait partie des musiciens qui ont accueilli Joseph Haydn \u00e0 Londres et qui ont jou\u00e9 dans son orchestre. Cela a d\u00fb sembler \u00eatre une bonne occasion de composer de la musique qui sonnait comme du Haydn, et Giornovichi ne manquait pas d\u2019\u00e9diteurs \u2013 Longman, Clementi et Dussek, entre autres. Les critiques indiquent que Giornovichi n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pris tr\u00e8s au s\u00e9rieux par le public cultiv\u00e9 de l\u2019\u00e9poque et il est parti s\u2019installer \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, o\u00f9 il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1804, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 57 ans.<\/p>\n<p>Les concertos d\u00e9butent de mani\u00e8re m\u00e9lodique, vari\u00e9e et enjou\u00e9e, perdant un peu de leur allant lorsque la reprise appara\u00eet et que Giornovichi n\u2019a plus rien \u00e0 ajouter. Ses mouvements du milieu sont plus\u00a0<em>amoroso<\/em>\u00a0qu\u2019<em>adagio<\/em>\u00a0et le cerveau critique ne sera pas toujours tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par la mani\u00e8re dont cela va se terminer. Giornovichi est n\u00e9anmoins, presque autant que Haydn, tout \u00e0 fait s\u00e9duisant. Le genre de musique que Classic FM pourrait jouer toute la nuit.<\/p>\n<p>Le violoniste baroque Bojan \u010ci\u010di\u0107 y donne son meilleur et l\u2019Illyria Consort se pr\u00e9sente comme un tr\u00e8s bon groupe. Assez consistant pour un quiz d\u00eenatoire\u00a0: je parie qu\u2019ils penseront tous que c\u2019est du Haydn. NL<\/p>\n<p>Traduction : Andr\u00e9anne Venne<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Benjamin Goron, Norman Lebrecht, Paul Robinson &nbsp; Beethoven\u00a0: Symphonies 1-9 Philharmonique de Berlin\/Herbert von Karajan Dolby Atmos. DG 2 BRA 073 5557 Au cours de sa longue carri\u00e8re, Herbert von Karajan a enregistr\u00e9 quatre cycles complets des symphonies de Beethoven. Le premier a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 Londres avec le Philharmonia Orchestra pour EMI (1952-55),<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/bernard-justin\/critiques-de-disques-et-de-livres\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":3680,"featured_media":379012,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17038,394],"tags":[39303,37291,821,39673,39672],"class_list":{"0":"post-379015","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques-de-disques-et-livres","8":"category-musique-classique","9":"tag-bojan-cicic-fr","10":"tag-daniil-trifonov-fr","11":"tag-furtwangler","12":"tag-herbert-von-karajan-fr","13":"tag-yannick-nezet-seguin-seong-jin-cho","14":"type-critique","15":"volume-volume-24","16":"issue-vol-24-issue-6-fr","17":"section-critiques"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-e1554666922629-1024x699.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-e1554666922629-300x205.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/departure-rachmaninov-CMYK-e1554666922629-1024x699.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379015"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3680"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=379015"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379015\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/379012"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=379015"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=379015"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=379015"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}