{"id":368605,"date":"2018-09-04T13:10:04","date_gmt":"2018-09-04T17:10:04","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=368605\/"},"modified":"2018-09-04T13:10:04","modified_gmt":"2018-09-04T17:10:04","slug":"melodies-facette-respectable-du-toronto-edouardien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/la-scena-musicale-team\/melodies-facette-respectable-du-toronto-edouardien\/","title":{"rendered":"M\u00e9lodies : facette respectable du Toronto \u00e9douardien"},"content":{"rendered":"<p>Bertha Crawford (1886-1937) fut remarquable pour avoir \u00e9t\u00e9 la seule Canadienne \u00e0 chanter sur les sc\u00e8nes d\u2019op\u00e9ra \u00e0 travers la Russie pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale et en Pologne dans les ann\u00e9es 1920. Pourtant, elle a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re dans les \u00e9glises de Toronto au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dant la guerre. Les moments les plus importants de Crawford sur la sc\u00e8ne ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 les r\u00f4les traditionnels du bel canto, mais les m\u00e9lodies \u00e9taient un \u00e9l\u00e9ment essentiel de son r\u00e9pertoire d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge.<\/p>\n<p><em>Le texte qui suit est tir\u00e9 du chapitre 4 de<\/em> The Canadian Nightingale: Bertha Crawford and the Dream of the Prima Donna, <em>FriesenPress, 2017. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-368608\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK-693x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"279\" height=\"412\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK-693x1024.jpg 693w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK-300x443.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK-600x887.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK-203x300.jpg 203w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK-768x1135.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Untitled-1_CMYK.jpg 780w\" sizes=\"(max-width: 279px) 100vw, 279px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Alors que Bertha continuait \u00e0 chanter \u00e0 Toronto, dans les \u00e9glises comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, la plupart des concerts traditionnels exigeaient des chansons, des hymnes ou des ballades traditionnelles. Bertha n\u2019\u00e9tait pas la seule parmi ses coll\u00e8gues solistes \u00e0 vouloir essayer de nouvelles formes de chansons. En 1908, elle rejoint un quatuor de chanteurs qui voulaient cr\u00e9er un m\u00e9dium pour pr\u00e9senter une musique profane diff\u00e9rente afin de varier le r\u00e9pertoire incessant de musique sacr\u00e9e qu\u2019ils chantaient tous les dimanches.<\/p>\n<p>Le groupe, baptis\u00e9 Orpheus Quartette, fut form\u00e9 par un jeune et ambitieux chanteur et professeur torontois, Arthur Blight (1874-1928). Il comprenait Bertha, soprano (et, \u00e0 21 ans, la cadette), Elizabeth Campbell, contralto, R.A. Shaw, t\u00e9nor et Blight, baryton-basse. Tous les quatre \u00e9taient des solistes d\u2019\u00e9glise r\u00e9guliers qui travaillaient dans les plus grandes \u00e9glises de Toronto et apparaissaient r\u00e9guli\u00e8rement dans des concerts autour de la ville. R.A. Shaw a chant\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9glise Metropolitan Methodist avec Bertha. Campbell chantait \u00e0 l\u2019\u00e9glise pr\u00e9c\u00e9dente de Bertha, l\u2019\u00e9glise m\u00e9thodiste de Sherbourne Street, tandis que Blight \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9glise presbyt\u00e9rienne de Bloor Street. Campbell et Blight \u00e9taient \u00e9galement des professeurs de chant bien connus.<\/p>\n<p>En mars 1908, l\u2019Orpheus Quartette appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois en public. Ce premier concert \u00e9tait une production d\u2019ensemble d\u2019un cycle de m\u00e9lodies dans la salle du Conservatoire de musique. Les m\u00e9lodies sont des \u0153uvres de po\u00e9sie, g\u00e9n\u00e9ralement de style classique, con\u00e7ues pour capturer l\u2019humeur du vers. Les m\u00e9lodies deviendront un compl\u00e9ment majeur au r\u00e9pertoire d\u2019op\u00e9ra de Bertha dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, mais \u00e0 ce stade de sa carri\u00e8re, les chanter lui permettait de s\u2019\u00e9loigner de la musique d\u2019\u00e9glise qui avait domin\u00e9 son exp\u00e9rience de chant.<\/p>\n<p>Ce premier concert de m\u00e9lodies offre un aper\u00e7u des forces sociales qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019\u00e9conomie musicale autour de Bertha. Le concert \u00e9tait parrain\u00e9 par un groupe de 14 \u00ab\u00a0patronnes\u00a0\u00bb repr\u00e9sentant un microcosme de la classe dirigeante torontoise qui d\u00e9terminait quelle musique une \u00e9minente soliste d\u2019\u00e9glise comme Bertha pouvait et ne pouvait pas chanter en public. Presque toutes \u00e9taient des femmes m\u00fbres dans la force de l\u2019\u00e2ge, principalement dans la quarantaine et la cinquantaine, et toutes se retrouvaient dans <em>The Society Blue Book of Toronto<\/em>, l\u2019annuaire mondain des 4000 familles de l\u2019\u00e9lite torontoise.<\/p>\n<div id=\"attachment_368606\" style=\"width: 217px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-368606\" class=\"size-medium wp-image-368606\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-207x300.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-207x300.jpg 207w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-300x436.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-600x871.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-768x1115.jpg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-705x1024.jpg 705w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Bertha-Crawford-c.-1909-scaled.jpg 1763w\" sizes=\"(max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-368606\" class=\"wp-caption-text\">Bertha Crawford c. 1909<\/p><\/div>\n<p>La plupart \u00e9taient n\u00e9es et avaient grandi en Ontario, ce qui les distinguait d\u2019une ou plusieurs g\u00e9n\u00e9rations des vaillants immigrants qui ont accumul\u00e9 la richesse dont ces femmes ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. Elles semblaient probablement parfois assez pr\u00e9tentieuses; elles donnaient \u00e0 leurs grandes maisons de ville des noms comme \u00ab\u00a0Holwood\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Llawhaden\u00a0\u00bb et passaient leurs vacances loin de la ville dans des maisons d\u2019\u00e9t\u00e9 avec des noms comme \u00ab\u00a0Kawandeg\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Glen Oak\u00a0\u00bb, \u00e0 Muskoka et m\u00eame \u00e0 Kawarthas. Elles vivaient \u00e0 des adresses exclusives comme Jarvis Street, Queen\u2019s Park et St. George Street, o\u00f9 elles \u00e9taient servies par des domestiques. N\u00e9anmoins, elles versaient probablement elles-m\u00eames le th\u00e9 de leurs th\u00e9i\u00e8res en argent bien polies dans leurs d\u00e9licates tasses en porcelaine lorsqu\u2019elles \u00ab\u00a0recevaient\u00a0\u00bb d\u2019autres femmes de la soci\u00e9t\u00e9 lors de leurs journ\u00e9es portes ouvertes r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>Les Crawford, plus modestes, n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9s dans le <em>Blue Book<\/em> de Toronto. De nombreuses familles du boulevard Palmerston l\u2019\u00e9taient, mais ces familles vivaient toutes dans les grandes maisons individuelles, au nord de la rue College \u2013 jamais dans les duplex plus modestes, comme la maison des Crawford sur Palmerston au sud de College. Les s\u0153urs Crawford avaient bien des inscriptions individuelles dans le <em>Toronto City Directory<\/em> (Bertha en tant que chanteuse et Lucia en tant que st\u00e9nographe), mais ces listes d\u00e9crivaient leur employabilit\u00e9 et \u00e9taient en contraste direct avec les entr\u00e9es du <em>Blue Book<\/em>, qui mentionnaient les jours de la semaine o\u00f9 l\u2019\u00e9pouse \u00ab\u00a0recevait\u00a0\u00bb \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, Arthur Blight et sa femme se sont annonc\u00e9s dans le <em>Blue Book<\/em> et ont \u00e9t\u00e9 des contemporains et de bons amis de John Craig Eaton, qui avait r\u00e9cemment h\u00e9rit\u00e9 de la t\u00eate de l\u2019empire commercial des grands magasins et catalogues Eaton. Mme Flora Eaton, qui appr\u00e9ciait particuli\u00e8rement la musique et les arts, \u00e9tait la plus jeune des patronnes et une \u00e9tudiante en chant d\u2019Arthur Blight. Son amiti\u00e9 musicale avec les Blight est peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de ce premier concert de l\u2019Orpheus Quartette. Une g\u00e9n\u00e9ration plus jeune que les autres patronnes, Flora \u00e9tait r\u00e9cemment devenue f\u00e9rue d\u2019op\u00e9ra et, en cela, elle \u00e9tait probablement diff\u00e9rente de ses coll\u00e8gues plus \u00e2g\u00e9s du comit\u00e9.<\/p>\n<p>En parrainant des \u00e9v\u00e9nements comme le concert de l\u2019Orpheus Quartette, ces matrones donnaient le ton de ce qui constituait une prestation musicale acceptable en bonne soci\u00e9t\u00e9. Elles ont eu une puissante influence et leur go\u00fbt musical incluait rarement l\u2019op\u00e9ra europ\u00e9en. Elles \u00e9taient toutes protestantes \u2013 principalement m\u00e9thodistes et presbyt\u00e9riennes \u2013 et leurs vies \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9es de ce qu\u2019elles consid\u00e9raient comme des valeurs protestantes sans faille. Elles respectaient le travail acharn\u00e9, bien que leur propre travail consistait en activit\u00e9s de club et de charit\u00e9 comme ce concert, jamais en travail salari\u00e9. Et elles \u00e9taient victoriennes jusqu\u2019\u00e0 la moelle, croyant \u00e0 la ma\u00eetrise de soi, \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 la frugalit\u00e9 (quoique leur propre niveau de vie ne l\u2019exige\u00e2t en rien). Ces leaders autoproclam\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 torontoise n\u2019auraient jamais pu imaginer qu\u2019elles avaient quoi que ce soit en commun avec les h\u00e9ro\u00efnes tragiques si souvent d\u00e9crites dans les op\u00e9ras italiens et fran\u00e7ais. Elles n\u2019auraient certainement eu aucune sympathie pour les courtisanes ou les artistes d\u00e9truites par des \u00e9pisodes d\u2019amour passionn\u00e9&#8230; Non, le grand op\u00e9ra n\u2019\u00e9tait simplement pas \u00e0 leur go\u00fbt.<\/p>\n<p>Le concert de l\u2019Orpheus Quartette \u00e9tait beaucoup plus proche de ce que les dames du <em>Blue Book<\/em> appr\u00e9ciaient, m\u00eame si la seconde moiti\u00e9 \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 des m\u00e9lodies relativement avant-gardistes susceptibles d\u2019accro\u00eetre leur exp\u00e9rience musicale. Le programme au Conservatoire s\u2019est donn\u00e9 \u00e0 guichets ferm\u00e9s avec Bertha et Blight qui ont chant\u00e9 le duo <em>I Feel Thy Angel Spirit<\/em> de Gustav Graben-Hoffmann, suivis par le t\u00e9nor Shaw qui a chant\u00e9 <em>Dorris<\/em> en solo. Campbell a interpr\u00e9t\u00e9 deux solos, <em>Eldorado<\/em> et <em>Only a Rose<\/em>, puis le Dr Frederic Nicolai, violoncelliste, a jou\u00e9 trois pi\u00e8ces instrumentales.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre une concession \u00e0 la popularit\u00e9 incontournable de l\u2019op\u00e9ra, Bertha a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e \u00e0 montrer sa colorature dans un aria italien. Elle a chant\u00e9 la <em>Grande valse<\/em> de Rosine du <em>Barbier de S\u00e9ville<\/em> \u2013 mais l\u2019aria n\u2019aura pas soulev\u00e9 beaucoup de sourcils puisque, contrairement aux h\u00e9ro\u00efnes dramatiques d\u2019op\u00e9ra, Rosine est une h\u00e9ro\u00efne comique essentiellement vertueuse (bien que toujours s\u00e9duisante). Le \u00ab\u00a0chant intelligent\u00a0\u00bb de Bertha fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le lendemain dans <em>The Globe<\/em> comme un \u00ab\u00a0triomphe\u00a0\u00bb. La premi\u00e8re partie du concert se termina avec Blight interpr\u00e9tant en solo <em>The Wreck of the Hesperus<\/em>, une version du po\u00e8me de Longfellow mis en musique par Hatton.<\/p>\n<p>Au cours de la seconde moiti\u00e9 de la soir\u00e9e, consacr\u00e9e aux m\u00e9lodies, le groupe a pr\u00e9sent\u00e9 le cycle de douze chansons <em>Daisy Chain<\/em> d\u2019une dur\u00e9e d\u2019environ trois quarts d\u2019heure. Bien que musicalement avant-gardiste, le sujet des chansons restait en terrain tr\u00e8s s\u00fbr. Le cycle consistait en une s\u00e9lection de po\u00e8mes anglais pour enfants \u00e9crits par Robert Louis Stevenson et Laurence Alma-Tadema et mis en musique par Liza Lehmann quelques ann\u00e9es auparavant. Typique de l\u2019orchestration de Lehmann, le cycle \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 un quatuor de voix diff\u00e9rentes et les chansons alternaient entre duos, trios et quatuors. Consid\u00e9rant que c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re prestation du quatuor, le chroniqueur du <em>Globe<\/em> a not\u00e9 que le \u00ab\u00a0chant \u00e9tait marqu\u00e9 par beaucoup de beaut\u00e9 de ton, bien qu\u2019il sembl\u00e2t y avoir un manque d\u2019\u00e9quilibre dans l\u2019ensemble parfois. N\u00e9anmoins, le quatuor a chant\u00e9 avec sinc\u00e9rit\u00e9 et phras\u00e9 intelligent.\u00a0\u00bb Nul doute que les dames se sont retir\u00e9es satisfaites dans leurs maisons bien tenues, charm\u00e9es par la qualit\u00e9 du spectacle et sans \u00e9motions indues \u00ab\u00a0d\u2019op\u00e9ra\u00a0\u00bb. D\u2019autre part, le journaliste visionnaire du magazine <em>Saturday Night<\/em> est revenu chez lui pour \u00e9crire que Bertha \u00e9tait une \u00ab\u00a0jeune chanteuse intelligente poss\u00e9dant une excellente voix de qualit\u00e9 lyrique et r\u00e9v\u00e8le des capacit\u00e9s qui correspondent parfaitement au domaine de l\u2019op\u00e9ra\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Traduction par M\u00e9lissa Brien<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jane Cooper est une chercheuse infatigable qui n\u2019a pas m\u00e9nag\u00e9 ses efforts dans une qu\u00eate de six ans pour rassembler les preuves de la vie de Bertha Crawford. The Canadian Nightingale est sa premi\u00e8re biographie compl\u00e8te. Plus d\u2019information sur www.janeclarecooper.ca.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bertha Crawford (1886-1937) fut remarquable pour avoir \u00e9t\u00e9 la seule Canadienne \u00e0 chanter sur les sc\u00e8nes d\u2019op\u00e9ra \u00e0 travers la Russie pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale et en Pologne dans les ann\u00e9es 1920. Pourtant, elle a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re dans les \u00e9glises de Toronto au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dant la guerre. 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