{"id":358632,"date":"2018-04-07T19:55:28","date_gmt":"2018-04-07T23:55:28","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/charles-geyer\/voice-teacher-winston-purdy-remembrance\/"},"modified":"2018-04-07T19:59:07","modified_gmt":"2018-04-07T23:59:07","slug":"voice-teacher-winston-purdy-remembrance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/charles-geyer\/voice-teacher-winston-purdy-remembrance\/","title":{"rendered":"Winston Purdy : En souvenir du professeur de chant"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9cole de musique Schulich de l\u2019Universit\u00e9 McGill a perdu l\u2019un de ses plus grands en novembre dernier avec le d\u00e9c\u00e8s de Winston Purdy, professeur de chant, \u00e2g\u00e9 de 76 ans. Enseignant \u00e0 McGill depuis 1973, Purdy a form\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de chanteurs, dont plusieurs interpr\u00e8tes classiques de niveau international.<\/p>\n<p>Les souvenirs de Purdy et de son enseignement sont invariablement \u00e9voqu\u00e9s avec beaucoup de chaleur et d\u2019admiration. \u00ab\u00a0Il avait une profonde compr\u00e9hension du chant sous tous ses aspects, explique Dominique Labelle. Scientifique, spirituel, physique, culturel, et j\u2019en passe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Labelle, une soprano accomplie, a \u00e9tudi\u00e9 avec Purdy dans les ann\u00e9es 1980 et, plus tard, elle est retourn\u00e9e \u00e0 McGill comme enseignante, devenant ainsi l\u2019une des plus proches coll\u00e8gues de Purdy. Ses propos traitent d\u2019un th\u00e8me maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il \u00e9tait tellement intellectuel \u00e0 propos du chant, mais aussi sensible et instinctif\u00a0\u00bb, explique la renomm\u00e9e mezzo-soprano Mich\u00e8le Losier, qui a \u00e9tudi\u00e9 avec Purdy de 1998 \u00e0 2002.<\/p>\n<p>Rose Naggar-Tremblay, membre de l\u2019Atelier lyrique de l\u2019Op\u00e9ra de Montr\u00e9al et dipl\u00f4m\u00e9e de McGill l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, travaillait avec Purdy \u00e0 un r\u00e9cital conjoint avant son hospitalisation finale. C\u2019est avec \u00e9motion que ce concert a d\u00fb \u00eatre annul\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il aimait nous faire travailler avec le son le plus doux et le plus subtil que la voix puisse produire\u00a0\u00bb, explique Naggar-Tremblay. Remarquablement, il faisait en sorte que les \u00e9tudiants se sentent exalt\u00e9s dans le processus, insufflant de la confiance et m\u00eame un sens d\u2019une mission plus noble. \u00ab\u00a0Il nous apprenait \u00e0 nous oublier et \u00e0 servir la musique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Parmi les caract\u00e9ristiques de la p\u00e9dagogie de Purdy se trouvait un double engagement \u00e0 transmettre des connaissances techniques approfondies sur la physiologie vocale et \u00e0 susciter une appr\u00e9ciation richement imaginative de l\u2019architecture musicale compl\u00e8te.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il jouait un accord et disait\u00a0: \u201cAccorde-toi \u00e0 \u00e7a\u2026 ressens-le\u201d, se souvient Losier. Je lui suis reconnaissante pour cela. Winston nous ramenait toujours \u00e0 la partition. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s instructif.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il a toujours su ce que signifiait l\u2019accord\u00a0\u00bb, a reconnu le baryton \u00c9tienne Dupuis, qui a \u00e9tudi\u00e9 avec Purdy au m\u00eame moment que Losier.<\/p>\n<p>La conscience du d\u00e9tail de Purdy \u00e9tait exceptionnelle. Dupuis se souvient de son animation en expliquant comment Robert Schumann a cod\u00e9 le nom de sa femme, Clara, dans <em>Dichterliebe<\/em>.<\/p>\n<p>Le baryton Bruno Roy, \u00e9l\u00e8ve de Purdy de 2009 \u00e0 2015, se rappelle comment son professeur \u00ab\u00a0s\u2019\u00e9gayait\u00a0\u00bb quand il racontait une histoire. \u00ab\u00a0Vous pouviez ressentir sa passion et son enthousiasme\u00a0\u00bb, dit ce membre de l\u2019Ensemble studio de la Canadian Opera Company.<\/p>\n<p>Le local de Purdy \u00e9tait tapiss\u00e9 d\u2019illustrations anatomiques. Son int\u00e9r\u00eat pour la physiologie se d\u00e9veloppa par des ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes avec le c\u00e9l\u00e8bre p\u00e9dagogue du Coll\u00e8ge Oberlin, Richard Miller, un pionnier de ce genre d\u2019analyse.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je me souviens d\u2019avoir regard\u00e9 une vid\u00e9o que Winston m\u2019a donn\u00e9e sur l\u2019enseignement de Richard Miller, dit Dupuis. J\u2019ai mieux aim\u00e9 la fa\u00e7on de Winston de l\u2019expliquer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Winston n\u2019essayait jamais de vous faire fabriquer un son, ajoute Losier. Il enlevait ce qui \u00e9tait artificiel et nous faisait d\u00e9couvrir notre son naturel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aucun \u00e9l\u00e9ment du style distinctif de Purdy n\u2019est plus universellement attest\u00e9 que son humour. \u00ab\u00a0Il adorait rire\u00a0\u00bb, raconte C\u00e9cile Gendron, soprano et professeur de chant qui fut aussi la partenaire inestimable de Purdy et la compagne de ses derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Nous nous endormions en riant\u00a0!\u00a0\u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>Cependant, les obstacles personnels auxquels l\u2019humour de Purdy devait se mesurer \u00e9taient moins connus. Afflig\u00e9 toute sa vie d\u2019un b\u00e9gaiement, il devait s\u2019assurer d\u2019avoir une id\u00e9e claire de ce qu\u2019il allait dire. \u00ab\u00a0Cela a am\u00e9lior\u00e9 son enseignement\u00a0\u00bb, note Gendron.<\/p>\n<p>Atteint de poliomy\u00e9lite lorsqu\u2019il \u00e9tait enfant, Purdy utilisa une canne \u00e0 la fin de sa vie, mais continua toujours \u00e0 monter sans aide \u00e0 son studio situ\u00e9 au 6<sup>e<\/sup> \u00e9tage de la salle Pollack de McGill.<\/p>\n<p>Alert\u00e9 par les m\u00e9decins d\u00e8s 2006 de graves probl\u00e8mes de sant\u00e9, Purdy a finalement \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 en 2010 que son \u00e9tat \u00e9tait inop\u00e9rable. \u00ab\u00a0Ils ont vu que cela [\u00e9tait] all\u00e9 trop loin, confie Gendron. Puis il a v\u00e9cu sept ann\u00e9es de plus. C\u2019\u00e9tait un homme tr\u00e8s fort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En effet, la vie productive, engag\u00e9e et irr\u00e9prochable de Purdy acquiert une dimension de quasi-saintet\u00e9\u00a0: les bonnes \u0153uvres, la vertu h\u00e9ro\u00efque, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du c\u0153ur face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 \u2013 et peut-\u00eatre m\u00eame l\u2019accomplissement de miracles.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 atteint d\u2019une paralysie des cordes vocales, lit-on dans un hommage anonyme en ligne \u00e0 Purdy. Il a travaill\u00e9 avec moi jusqu\u2019\u00e0 ce que je chante mieux que jamais.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est une histoire qui ne surprend personne qui connaissait Purdy.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Habituellement, en tant que chanteurs, nous ne voulons pas \u00e9tudier les maladies, explique Gendron. Mais il \u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 par tout \u00e7a, aux traitements.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, Purdy a fait circuler en priv\u00e9 aux \u00e9tudiants une \u00e9bauche en constante \u00e9volution d\u2019un livre sans titre. Consult\u00e9 pour cet article, il s\u2019av\u00e8re provocateur, pratique, \u00e9minemment clair, avec des commentaires saisissants sur le vibrato, l\u2019<em>appoggio<\/em> et la psychologie autour des prestations. Et il capture magnifiquement la personnalit\u00e9 et la brillance p\u00e9dagogique singuli\u00e8re de son auteur.<\/p>\n<p>Sachant que le temps \u00e9tait compt\u00e9, C\u00e9cile Gendron a encourag\u00e9 Purdy \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 terminer son travail pour le rendre pr\u00eat \u00e0 la publication. Mais, avec sa modestie caract\u00e9ristique (ou une adroite dissimulation), il a r\u00e9pondu que personne ne serait int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 le lire.<\/p>\n<p>Pour Gendron et les autres admirateurs de Purdy, la publication de cet ouvrage est une priorit\u00e9 compr\u00e9hensible. (McGill-Queen\u2019s University Press ferait un partenaire \u00e9vident.)<\/p>\n<p>Sans aucun doute le v\u00e9ritable chef-d\u2019\u0153uvre de Winston Purdy fut-il sa vie d\u2019enseignant et son h\u00e9ritage, la l\u00e9gion de chanteurs qu\u2019il a aid\u00e9 \u00e0 perfectionner et dont il a \u00e9lev\u00e9 le calibre artistique.<\/p>\n<p>Traduction par M\u00e9lissa Brien<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9cole de musique Schulich de l\u2019Universit\u00e9 McGill a perdu l\u2019un de ses plus grands en novembre dernier avec le d\u00e9c\u00e8s de Winston Purdy, professeur de chant, \u00e2g\u00e9 de 76 ans. 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