{"id":352713,"date":"2017-12-08T13:12:41","date_gmt":"2017-12-08T17:12:41","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=352713\/"},"modified":"2017-12-10T22:51:18","modified_gmt":"2017-12-11T02:51:18","slug":"lucie-bazzo-peindre-avec-la-lumiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/nathalie-de-han\/lucie-bazzo-peindre-avec-la-lumiere\/","title":{"rendered":"Lucie Bazzo: Peindre avec la lumi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>La gagnante de la derni\u00e8re Bourse de ressourcement du studio du Qu\u00e9bec \u00e0 Londres, Lucie Bazzo, est revenue gonfl\u00e9e \u00e0 bloc de ce voyage n\u00e9cessaire et salutaire. Sit\u00f4t rentr\u00e9e, la plus sensible des conceptrices de lumi\u00e8res se lance dans un contrat prestigieux\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019<em>Enfant insignifiant<\/em>, le nouveau texte de Michel Tremblay qui sera pr\u00e9sent\u00e9 chez Duceppe d\u00e8s le 13 d\u00e9cembre. Entrevue.<\/p>\n<p>La bourse de mi-carri\u00e8re du studio du Qu\u00e9bec \u00e0 Londres n\u2019est pas un projet en tant que tel, mais une bourse de ressourcement. Lucie Bazzo a d\u00e9cid\u00e9 de jouer le jeu \u00e0 fond et s\u2019est comme on dit pay\u00e9 la traite, choisissant d\u2019aller voir un spectacle chaque jour et de terminer son s\u00e9jour dans le quartier artistique du centre-est de Londres par un projet photo. Elle raconte\u00a0: \u00ab\u00a0Parce qu\u2019une partie de mon inspiration est dans la rue et qu\u2019on ne peut pas reproduire un coucher de soleil si on n\u2019en a jamais observ\u00e9, j\u2019allais marcher et je prenais des photos chaque jour, histoire d\u2019aiguiser ma perception.\u00a0\u00bb La lumi\u00e8re est perceptible quand elle frappe un objet, autrement elle est impalpable. C\u2019est donc ce qui nous entoure qui nous fait d\u00e9couvrir la lumi\u00e8re, rappelle la cr\u00e9atrice. Quand on lui parle de luminosit\u00e9 diffuse, cette scientifique de la lumi\u00e8re r\u00e9pond que c\u2019est d\u00fb au pollen et \u00e0 la pollution qui tamisent la lumi\u00e8re. Se prom\u00e8ne-t-elle avec une panoplie d\u2019appareils sophistiqu\u00e9s\u00a0? \u00ab\u00a0Je n\u2019ai que mon vieux iPhone 4S\u00a0\u00bb, confie la surdou\u00e9e de l\u2019observation. Elle a ador\u00e9 son s\u00e9jour de huit mois \u00e0 Londres, son milieu <em>underground<\/em>. Les th\u00e9\u00e2tres londoniens ont plus d\u2019argent que les n\u00f4tres parce que les Londoniens vont tous au th\u00e9\u00e2tre\u00a0: les enfants vont voir du Shakespeare et c\u2019est une f\u00eate\u00a0! Les saisons sont vendues un an \u00e0 l\u2019avance et l\u00e0-bas, les communaut\u00e9s culturelles sont tr\u00e8s pr\u00e9sentes et le talent n\u2019a pas de couleur de peau, cons\u00e9quence directe de l\u2019ancien empire colonial de l\u2019Angleterre. Encore pleine de son voyage, Lucie Bazzo glisse\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai beaucoup aim\u00e9, je ne faisais que recevoir, c\u2019\u00e9tait fantastique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Lucie_Bazzo_creditRiche\u0300reTrudeau.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-352716\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Lucie_Bazzo_creditRiche\u0300reTrudeau-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"230\" height=\"300\" \/><\/a>\u00ab\u00a0C\u2019est vrai que des tableaux s\u2019imposent \u00e0 mon esprit quand je r\u00e8gle les \u00e9clairages et que je fais de la peinture lumineuse\u00a0\u00bb, confie celle qui a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e en sc\u00e9nographie au Conservatoire de Qu\u00e9bec. Lucie Bazzo court les mus\u00e9es, regarde les collections permanentes, qui font partie de notre ADN culturel et qu\u2019elle trouve de premi\u00e8re importance, m\u00eame si on a l\u2019impression qu\u2019elles sont rel\u00e9gu\u00e9es aux oubliettes. En travaillant avec Paul Andr\u00e9 Fortier pour <em>Trois<\/em>, elle voyait des Lemieux, des personnages qui ne se regardent pas, de grands espaces. Avec une certaine ferveur, Lucie Bazzo ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Pour <em>Enfant insignifiant<\/em>, je me suis inspir\u00e9e des couleurs et des tonalit\u00e9s des aquarelles de Michel Tremblay, celles qu\u2019on a pu voir dans <em>Encore une fois si vous le permettez<\/em>.\u00a0\u00bb Il faut s\u2019approcher de l\u2019esprit de la chose, l\u2019espace influe aussi sur la conception. La lumi\u00e8re n\u2019a pas de fronti\u00e8re, elle touche le th\u00e9\u00e2tre, la danse, la musique, la performance, des expositions. \u00ab\u00a0Je me suis fait une sp\u00e9cialit\u00e9 des lieux non th\u00e9\u00e2traux, j\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 en danse et c\u2019est vrai que j\u2019ai commenc\u00e9 en haut de l\u2019\u00e9chelle et que je suis rest\u00e9e\u00a0\u00bb, dit Lucie Bazzo, qui a illumin\u00e9 <em>La trilogie des dragons<\/em> de Robert Lepage d\u00e8s son premier contrat. Qu\u2019est-ce qui la fait accepter certains projets plut\u00f4t que d\u2019autres\u00a0? \u00ab\u00a0Probablement le fait qu\u2019ils soient propos\u00e9s par des amis, r\u00e9pond gaiement Lucie Bazzo. Quand Robert Lepage est venu me voir et m\u2019a demand\u00e9 de faire la lumi\u00e8re pour <em>Quills<\/em>, j\u2019ai tout de suite accept\u00e9. Il y a des gens avec qui je veux travailler, ce sont des rencontres d\u2019artistes et m\u00eame si ce sont de petites affaires de rien du tout, sans budget, c\u2019est important de les faire\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle. Ainsi, la conceptrice a cr\u00e9\u00e9 notamment pour le Festival Ph\u00e9nomena des bijoux de tableaux-installations lumineux qui pars\u00e8ment les vitrines des commer\u00e7ants du Mile-End.<\/p>\n<p>Lucie Bazzo fonctionne de fa\u00e7on tr\u00e8s picturale, par touches. \u00ab\u00a0Oui je dessine, mais la peinture n\u2019est pas mon m\u00e9dium, c\u2019est plut\u00f4t la photo.\u00a0\u00bb Elle aime trouver la po\u00e9sie dans les objets les plus quotidiens; elle prend par exemple en photo des cabanes de stationnement. C\u2019est de la po\u00e9sie citadine, un travail de perception, de ressenti sc\u00e9nographique de la lumi\u00e8re. \u00ab\u00a0Ce ne n\u2019est pas forc\u00e9ment ce que le chor\u00e9graphe d\u00e9sire que j\u2019exprime \u2013 je peux plut\u00f4t vouloir aller avec la lumi\u00e8re en contrepoint et \u00e7a se marie tr\u00e8s bien\u00a0\u00bb, continue la polyvalente \u00e9clairagiste. Lucie Bazzo donne en exemple sa collaboration avec Linda Gaudreault\u00a0: \u00ab\u00a0Linda \u00e9tait incroyablement cart\u00e9sienne et moi tr\u00e8s organique, mais je sais pas comment, la chimie fonctionnait.\u00a0\u00bb En th\u00e9\u00e2tre, Lucie Bazzo \u00e9vite de lire le texte avant la premi\u00e8re lecture avec les com\u00e9diens pour mieux sentir ce qu\u2019ils vont imprimer dans son esprit. A-t-elle r\u00e9ussi \u00e0 faire de m\u00eame avec <em>Enfant insignifiant<\/em>\u00a0? \u00ab\u00a0Non, j\u2019ai trich\u00e9\u2026 Je n\u2019aurais jamais cru avoir l\u2019honneur de participer \u00e0 une cr\u00e9ation dramatique de Michel Tremblay; c\u2019est un auteur prolifique, mais \u00e7a fait un moment qu\u2019il a arr\u00eat\u00e9 de produire pour le th\u00e9\u00e2tre.\u00a0\u00bb Le texte, qui est de deux heures trente, a \u00e9t\u00e9 resserr\u00e9 pour que la repr\u00e9sentation soit plus enlev\u00e9e. \u00ab\u00a0Chaque projet est une nouvelle aventure&#8230; Je suis tr\u00e8s motiv\u00e9e\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Lucie Bazzo, amus\u00e9e par son propre enthousiasme.<\/p>\n<blockquote><p>Le nouveau texte de Michel Tremblay, <em>Enfant insignifiant,<\/em> sera pr\u00e9sent\u00e9 du 13 d\u00e9cembre au 3 f\u00e9vrier, dans une mise en sc\u00e8ne de Michel Poirier au th\u00e9\u00e2tre Jean-Duceppe <a href=\"http:\/\/www.duceppe.com\">www.duceppe.com<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La gagnante de la derni\u00e8re Bourse de ressourcement du studio du Qu\u00e9bec \u00e0 Londres, Lucie Bazzo, est revenue gonfl\u00e9e \u00e0 bloc de ce voyage n\u00e9cessaire et salutaire. 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