{"id":352698,"date":"2017-12-08T12:57:29","date_gmt":"2017-12-08T16:57:29","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=352698\/"},"modified":"2017-12-17T23:18:47","modified_gmt":"2017-12-18T03:18:47","slug":"catherine-anne-toupin-la-meute-plus-loin-dans-lecriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/nathalie-de-han\/catherine-anne-toupin-la-meute-plus-loin-dans-lecriture\/","title":{"rendered":"Catherine-Anne Toupin: La meute \u2013 Plus loin dans l\u2019\u00e9criture"},"content":{"rendered":"<p>Dix ans apr\u00e8s le succ\u00e8s de sa pi\u00e8ce <em>\u00c0 pr\u00e9sent<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 2008 par La Manufacture et r\u00e9cemment mise en sc\u00e8ne en Angleterre par le grand Michael Boyd, ancien pilier du Royal Shakespeare de Londres, Catherine-Anne Toupin ouvre la saison d\u2019hiver de la Licorne avec <em>La meute<\/em>, un texte inqui\u00e9tant qu\u2019elle signe et quelle interpr\u00e9tera sous la direction de Marc Beaupr\u00e9, au Th\u00e9\u00e2tre de la Licorne. Entrevue.<\/p>\n<div id=\"attachment_352707\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/A-present-C.-Anne-Toupin-CMYK.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-352707\" class=\"size-medium wp-image-352707\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/A-present-C.-Anne-Toupin-CMYK-300x212.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"212\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/A-present-C.-Anne-Toupin-CMYK-300x212.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/A-present-C.-Anne-Toupin-CMYK-600x424.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/A-present-C.-Anne-Toupin-CMYK.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-352707\" class=\"wp-caption-text\">\u00c0 pr\u00e9sent<\/p><\/div>\n<p>\u00ab\u00a0<em>La meute<\/em> marque mon retour \u00e0 l\u2019\u00e9criture pour le th\u00e9\u00e2tre, mais j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire pour la t\u00e9l\u00e9vision\u00a0\u00bb, commence Catherine-Anne Toupin, faisant allusion \u00e0 <em>Boomerang,<\/em> la populaire \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e familiale diffus\u00e9e sur les ondes de TVA qu\u2019elle a cr\u00e9\u00e9e et dans laquelle elle joue aussi, ce qui lui a valu le troph\u00e9e Artis de la Meilleur(e) interpr\u00e8te dans une com\u00e9die en mai 2017. \u00ab\u00a0D\u00e8s mon arriv\u00e9e, ce voyage \u00e0 Londres m\u2019a emplie d\u2019un sentiment de libert\u00e9 incroyable qui m\u2019a permis d\u2019aller tr\u00e8s loin dans l\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb, indique l\u2019auteure qu\u00e9b\u00e9coise qui a \u00e9crit le texte tr\u00e8s rapidement, en trois mois seulement. La pi\u00e8ce n\u2019\u00e9tait pas encore commenc\u00e9e, mais Catherine-Anne Toupin savait exactement o\u00f9 elle voulait aller\u00a0: elle r\u00e9fl\u00e9chit en effet au th\u00e8me de la vengeance, de la violence pour r\u00e9pondre \u00e0 la violence depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Ce que j\u2019avais \u00e0 \u00e9crire est tr\u00e8s d\u00e9rangeant et ce voyage m\u2019a donn\u00e9 toute la latitude dont j\u2019avais besoin pour le sortir et me d\u00e9coller du regard que les gens ont sur moi. L\u2019exp\u00e9rience s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e surr\u00e9aliste et nourrissante. Les artisans du th\u00e9\u00e2tre anglais que j\u2019ai pu rencontrer me voyaient comme une auteure, pas comme la petite blonde comique qui joue dans une \u00e9mission populaire\u00a0\u00bb, raconte la cr\u00e9atrice, agr\u00e9ablement surprise. Com\u00e9dienne combl\u00e9e, Catherine-Anne Toupin n\u2019\u00e9crit pas pour se cr\u00e9er un r\u00f4le, mais plut\u00f4t pour d\u00e9fendre un point de vue qui lui est cher. Elle a \u00e9t\u00e9 ravie d\u2019arriver devant une page blanche et de pouvoir se r\u00e9inventer\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Ici, les gens aiment l\u2019image qu\u2019ils ont de moi, alors il est plus difficile d\u2019oser la briser en montant sur sc\u00e8ne avec quelque chose qui n\u2019est ni mignon ni dr\u00f4le.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>La meute<\/em> est un suspense psychologique qui parle de vengeance, de r\u00e9ponse aux coups par les coups. Que se passe-t-il quand le vernis social craque\u00a0? On a perdu le contr\u00f4le du discours ambiant sur les r\u00e9seaux sociaux comme dans la vie de tous les jours\u00a0et nous sommes tous contamin\u00e9s, souligne l\u2019auteure. \u00c0 force de voir les unes r\u00e9voltantes des journaux, des nouvelles inacceptables \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, sans oublier l\u2019exemple r\u00e9p\u00e9t\u00e9 du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis qui d\u00e9passe tout dans la d\u00e9mesure et l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9, quelque chose se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l\u2019individu comme au public, quel qu\u2019il soit. La misogynie, le racisme, l\u2019homophobie \u00e9clatent au grand jour dans le discours social et par ricochet dans le discours individuel. \u00ab\u00a0Cette violence omnipr\u00e9sente transforme jusqu\u2019\u00e0 la fa\u00e7on dont nous entrons en relation avec les autres, affirme-t-elle, parce que maintenant m\u00e9chancet\u00e9 et lynchage public sont de mise.\u00a0\u00bb Et que se passe-t-il si un individu d\u00e9cide de r\u00e9pondre \u00e0 la violence qui lui a \u00e9t\u00e9 faite\u00a0?\u00a0\u00ab\u00a0Dans l\u2019inconscient collectif, la charge g\u00e9n\u00e9rale de la vengeance est satisfaisante et c\u2019est ce qui est terrible\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-elle. Comment r\u00e9agir, sortir du mar\u00e9cage de l\u2019inacceptable dans lequel tout s\u2019engloutit\u00a0? \u00ab\u00a0\u00c9videmment, je ne d\u00e9fends aucun des actes inacceptables \u00e9voqu\u00e9s dans la pi\u00e8ce, mais comprenez qu\u2019un artiste doit prendre position et j\u2019ai la chance de travailler avec une \u00e9quipe qui appuie mes propositions.\u00a0\u00bb \u00c0 bon entendeur, salut.<\/p>\n<p>Le spectacle <em>La meute<\/em> sera-t-il interdit aux moins de seize ans\u00a0? \u00ab\u00a0Je recommande plut\u00f4t d\u2019avoir au moins seize ans pour y assister, car je veux que le public soit averti de la violence du propos de la pi\u00e8ce\u00a0\u00bb, s\u2019empresse de rectifier celle \u00e0 qui la tatillonne critique britannique a accord\u00e9 quatre \u00e9toiles sur cinq. L\u2019id\u00e9e est de pr\u00e9venir les parents des jeunes qui regardent le personnage de Karine \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et qui voudront voir le spectacle qu\u2019on est ailleurs<em>. <\/em>\u00ab\u00a0On navigue dans des zones tr\u00e8s grises, des actes ind\u00e9fendables se d\u00e9roulent, mais on leur fait tout de m\u00eame place sur sc\u00e8ne.\u00a0\u00bb Se r\u00e9clamant de la g\u00e9n\u00e9ration Spielberg qui croit que pour raconter une bonne histoire, il faut avant tout surprendre, Catherine-Anne Toupin refuse de faire circuler le texte jusqu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0On comprend ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans les cinq derni\u00e8res minutes de la pi\u00e8ce, alors je ne veux pas br\u00fbler le d\u00e9nouement et g\u00e2cher le plaisir des spectateurs, je veux qu\u2019ils aient des surprises jusqu\u2019\u00e0 la fin\u00a0!\u00a0\u00bb <em>\u00c0 pr\u00e9sent<\/em> \u00e9voquait la mort en bas \u00e2ge d\u2019un enfant; les blessures que l\u2019on s\u2019efforce de dissimuler l\u2019int\u00e9ressent-elles\u00a0? \u00ab\u00a0Non, mais les pulsions irr\u00e9pressibles m\u2019int\u00e9ressent, parce que quelque chose sort des personnages malgr\u00e9 eux et que cette humanit\u00e9 noire, qu\u2019on a tous en nous, peut arriver \u00e0 nous poss\u00e9der si on la laisse faire\u00a0\u00bb, r\u00e9torque l\u2019auteure montr\u00e9alaise.<\/p>\n<p>Sophie, l\u2019h\u00e9ro\u00efne ou l\u2019anti-h\u00e9ro\u00efne de la pi\u00e8ce, a 40 ans \u2013 l\u2019\u00e2ge auquel Catherine-Anne Toupin arrive maintenant. Elle avait donc une excellente raison de faire partie de la distribution, mais elle assure ne pas y avoir pens\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part. Quand elle \u00e9crit, elle se concentre sur l\u2019\u00e9criture. \u00ab\u00a0Par contre, c\u2019est vrai que ne pas traverser toute l\u2019arcade de la cr\u00e9ation, ne pas participer \u00e0 la distribution aurait relev\u00e9 du co\u00eft interrompu\u00a0!\u00a0\u00bb C\u2019est Marc Beaupr\u00e9, qui proposait tout r\u00e9cemment une brillante adaptation slamm\u00e9e de l\u2019<em>Iliade<\/em> au Denise-Pelletier, qui signera la mise en sc\u00e8ne du spectacle\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est une premi\u00e8re collaboration, comme avec le reste de la distribution \u2013 et c\u2019est ce que je voulais\u00a0: abreuver mon imaginaire au talent des autres, aller ailleurs.\u00a0\u00bb Questionn\u00e9e au sujet du titre, <em>La meute<\/em>, Catherine-Anne Toupin r\u00e9pond l\u2019avoir choisi il y a deux ans et qu\u2019il n\u2019a donc aucun lien avec de r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements. L\u2019auteure s\u2019est demand\u00e9 si elle devait le modifier et a consult\u00e9 \u00e0 ce sujet le directeur artistique de La Licorne, Denis Bernard. Dans un rire ironique, elle conclut\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a aucun recoupement avec le groupuscule de Qu\u00e9bec et de toute fa\u00e7on, je ne pense pas que leurs membres aillent beaucoup au th\u00e9\u00e2tre. \u00bb<\/p>\n<blockquote><p><em>La meute<\/em>, \u00e0 voir au Th\u00e9atre La Licorne du 16 janvier au 17 f\u00e9vrier 2018.<br \/>\nwww.theatrelalicorne.com<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dix ans apr\u00e8s le succ\u00e8s de sa pi\u00e8ce \u00c0 pr\u00e9sent, cr\u00e9\u00e9e en 2008 par La Manufacture et r\u00e9cemment mise en sc\u00e8ne en Angleterre par le grand Michael Boyd, ancien pilier du Royal Shakespeare de Londres, Catherine-Anne Toupin ouvre la saison d\u2019hiver de la Licorne avec La meute, un texte inqui\u00e9tant qu\u2019elle signe et quelle interpr\u00e9tera<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/nathalie-de-han\/catherine-anne-toupin-la-meute-plus-loin-dans-lecriture\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2943,"featured_media":352701,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[29949,401],"tags":[34688],"class_list":{"0":"post-352698","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-les-arts-scena","8":"category-theatre-fr","9":"tag-catherine-anne-toupin","10":"type-article-fr","11":"type-entrevue","12":"type-profil","13":"volume-volume-23","14":"issue-vol-23-issue-4-fr","15":"section-la-scena-arts-fr"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Guillaume-Cyr-et-Lise-Roy-la-meute-CMYK.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Guillaume-Cyr-et-Lise-Roy-la-meute-CMYK.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Guillaume-Cyr-et-Lise-Roy-la-meute-CMYK.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352698"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2943"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=352698"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/352698\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/352701"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=352698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=352698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=352698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}