{"id":350551,"date":"2017-10-26T15:13:31","date_gmt":"2017-10-26T19:13:31","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=350551\/"},"modified":"2017-10-30T11:30:32","modified_gmt":"2017-10-30T15:30:32","slug":"off-jazz-festival-montreal-octobre-2017-prise-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/arnaud-g-veydarier\/off-jazz-festival-montreal-octobre-2017-prise-2\/","title":{"rendered":"Off Jazz Festival, Montr\u00e9al, octobre 2017 (Prise 2)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Daniel Arthur Trio\u00a0<\/strong><strong>(Caf\u00e9 R\u00e9sonance. 11\/10)<\/strong><\/p>\n<p>Sans contredit l\u2019un des moments les plus \u00e9tonnants de cette 18e \u00e9dition du Festival Off Jazz, le Daniel Arthur Trio a offert une performance de haut calibre qui laisse entrevoir un avenir prometteur \u00e0 la jeune formation. Accompagn\u00e9 d\u2019une section rythmique compos\u00e9e du bassiste Ethan Cohn et du batteur \u00c9ric Maillet, le jeune pianiste a profit\u00e9 de l\u2019occasion pour pr\u00e9senter les pi\u00e8ces de son dernier album <em>Vivid<\/em>, paru le 7 juillet dernier.<\/p>\n<p>Puisant son inspiration dans des genres musicaux aussi divers que le jazz contemporain et la musique classique, Arthur d\u00e9montre qu\u2019il a pleinement assimil\u00e9 l\u2019influence de ses ma\u00eetres alors qu\u2019il livre des compositions bien travaill\u00e9es qui n\u2019\u00e9touffent en rien la spontan\u00e9it\u00e9 des solistes. Les parties improvis\u00e9es s\u2019encha\u00eenent parfaitement aux parties \u00e9crites, attestant du haut degr\u00e9 de chimie op\u00e9rant entre les musiciens. Soulignons \u00e9galement le caract\u00e8re progressif des compositions, qui pr\u00e9sentent de longs d\u00e9veloppements \u00e0 partir de motifs qui rappellent le jeu de Keith Jarrett tout en t\u00e9moignant d\u2019un sens aigu de la narration musicale. L\u2019auditeur est ainsi perp\u00e9tuellement tenu en haleine au fil de morceaux qui culminent progressivement vers des sommets exaltants. Si les musiciens font preuve d\u2019une ma\u00eetrise \u00e9vidente de leur r\u00e9pertoire, se permettant m\u00eame de glisser des standards de jazz \u00e0 l\u2019improviste (<em>Les feuilles mortes<\/em>, <em>Stablemates<\/em>), il leur a cependant fallu quelques instants avant de vraiment \u00e9taler l\u2019\u00e9tendue de leur savoir-faire. En effet, les premi\u00e8res pi\u00e8ces interpr\u00e9t\u00e9es par le trio donnent parfois l\u2019impression qu\u2019elles n\u2019atteignent pas le degr\u00e9 d\u2019intensit\u00e9 escompt\u00e9. Malgr\u00e9 cela, les musiciens reprennent rapidement du poil de la b\u00eate et offrent une deuxi\u00e8me partie de concert \u00e0 la hauteur de leur talent.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Fran\u00e7ois Bourassa Quartet\u00a0<\/strong><strong>(Lion d\u2019or, 11\/10)<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est avec un enthousiasme non dissimul\u00e9 que le public du Lion d\u2019or a pris part au concert de Fran\u00e7ois Bourassa. L\u2019\u00e9v\u00e9nement marquait d\u2019ailleurs le lancement du nouveau disque de son quartette. Entour\u00e9 des membres de son quartette, ce pianiste v\u00e9t\u00e9ran de la sc\u00e8ne montr\u00e9alaise depuis les ann\u00e9es\u00a01980 a pr\u00e9sent\u00e9 six des sept pi\u00e8ces du disque intitul\u00e9 <em>Number\u00a09 <\/em>(Effendi, 2017). D\u2019embl\u00e9e, la chimie entre les membres du groupe est palpable. D\u00e8s le d\u00e9but du spectacle, les musiciens donnent au public l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 une <em>jam-session<\/em> impromptue entre complices de longue date. Les musiciens ouvrent le bal avec <em>Five and Less<\/em>, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un titre d\u2019album de Miles Davis (<em>Four and More<\/em>), qui \u00e9voque du reste les sonorit\u00e9s \u00e9th\u00e9r\u00e9es du second quintette du c\u00e9l\u00e8bre trompettiste. S\u2019il est \u00e9vident que le public a affaire \u00e0 un groupe de musiciens chevronn\u00e9s et pass\u00e9s ma\u00eetres de leur art, il est \u00e9tonnant de constater l\u2019aisance avec laquelle les musiciens dialoguent entre eux\u00a0: chacun respecte l\u2019espace de l\u2019autre pour livrer une exp\u00e9rience musicale qui t\u00e9moigne d\u2019une grande maturit\u00e9 cr\u00e9ative. L\u2019\u00e9clectisme du langage de Bourassa donne lieu \u00e0 des moments musicaux tr\u00e8s contrastants au cours desquels les musiciens d\u00e9montrent toute l\u2019\u00e9tendue de leur savoir-faire. De d\u00e9licats passages au piano empreints de lyrisme succ\u00e8dent \u00e0 de furieuses improvisations du saxophoniste Andr\u00e9 Leroux, alors que certains moments plongent l\u2019auditeur au c\u0153ur d\u2019un \u00e9pais brouillard impressionniste. Malgr\u00e9 un d\u00e9part plut\u00f4t lent, les pi\u00e8ces s\u2019encha\u00eenent g\u00e9n\u00e9ralement sans accroc\u2009; peu \u00e0 peu, le concert prend son envol et donne alors une allure de cons\u00e9cration pour ce pianiste qui, une fois de plus, assure sa place au sein de l\u2019\u00e9lite du jazz montr\u00e9alais.<\/p>\n<p><strong>Erik Hove Chamber Ensemble (Chapelle historique du Bon-Pasteur,13\/10)<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est dans le cadre intimiste de la Chapelle historique du Bon-Pasteur que le saxophoniste et compositeur Erik Hove pr\u00e9sentait les pi\u00e8ces de son plus r\u00e9cent opus, <em>Polygon<\/em> (Inner Circle Music, 2017). \u00c0 la barre d\u2019un ensemble de dix musiciens compos\u00e9 \u00e0 la fois de cordes, de vents et d\u2019instruments traditionnellement associ\u00e9s au jazz, le jeune maestro a offert au public une exp\u00e9rience musicale ambitieuse et h\u00e9t\u00e9roclite, sans \u00eatre pour autant d\u00e9nu\u00e9e de ligne directrice. Si l\u2019univers de Hove se r\u00e9clame \u00e0 la fois du jazz et de la musique contemporaine, la proposition musicale, pour sa part, est sans \u00e9quivoque et assume pleinement ses influences d\u00e8s les premiers instants<strong>\u00a0<\/strong>: des techniques spectrales de G\u00e9rard Grisey aux atmosph\u00e8res satur\u00e9es de Gy\u00f6rgy Ligeti en passant par les structures polym\u00e9triques de Steve Coleman, Hove parvient \u00e0 frayer son propre chemin sans verser dans la caricature. Bien que l\u2019influence de compositeurs tiers se fait sentir, elle n\u2019att\u00e9nue en rien l\u2019originalit\u00e9 du langage de Hove. L\u2019emploi vari\u00e9 des ressources instrumentales donne lieu tant\u00f4t \u00e0 d\u2019\u00e9paisses masses sonores, tant\u00f4t \u00e0 de surprenantes gerbes polyphoniques, le tout solidement encadr\u00e9 par une section rythmique irr\u00e9prochable. Par moments, des boucles pr\u00e9enregistr\u00e9es viennent s\u2019ajouter aux sons acoustiques, rendant plus denses encore les masses sonores d\u00e9ploy\u00e9es par l\u2019ensemble. Bien que Hove avoue en concert que la complexit\u00e9 des pi\u00e8ces repr\u00e9sente une difficult\u00e9 de taille pour les musiciens, tous rel\u00e8vent le d\u00e9fi avec brio en offrant une performance \u00e0 la hauteur des attentes, avec une mention sp\u00e9ciale pour les solistes Anna Webber (fl\u00fbte), Jean Ren\u00e9 (violon alto) et Hove lui-m\u00eame. Seule ombre au tableau, les improvisateurs peinent \u00e0 faire entendre leurs voix, car les arrangements touffus ne laissent pas beaucoup d\u2019espace pour des solos. Somme toute, Hove navigue habilement entre les genres et parvient \u00e0 rallier l\u2019auditeur \u00e0 une musique qui, somme toute, reste quand m\u00eame assez accessible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Daniel Arthur Trio\u00a0(Caf\u00e9 R\u00e9sonance. 11\/10) Sans contredit l\u2019un des moments les plus \u00e9tonnants de cette 18e \u00e9dition du Festival Off Jazz, le Daniel Arthur Trio a offert une performance de haut calibre qui laisse entrevoir un avenir prometteur \u00e0 la jeune formation. 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