{"id":350101,"date":"2017-10-11T20:33:43","date_gmt":"2017-10-12T00:33:43","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/marc-chenard\/off-jazz-festival-montreal\/"},"modified":"2017-10-11T20:45:19","modified_gmt":"2017-10-12T00:45:19","slug":"off-jazz-festival-montreal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/marc-chenard\/off-jazz-festival-montreal\/","title":{"rendered":"L&#8217;Off Jazz Montr\u00e9al \u2013 disques en concert"},"content":{"rendered":"<p>Pour certains, l\u2019\u00e2ge adulte commence \u00e0 18 ans. Le festival Off jazz Montr\u00e9al atteint ce mois-ci ce chiffre symbolique, sa maturit\u00e9 toutefois acquise depuis son passage de l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019automne en 2010. Il a grandi, certes, mais n\u2019a pas grossi pour autant pour y arriver. Cette ann\u00e9e, vingt-deux concerts tiendront \u00adl\u2019affiche dont quatre programmes \u00e0 deux volets.<\/p>\n<p>Misant comme toujours sur notre communaut\u00e9 artistique, l\u2019\u00e9v\u00e9nement met l\u2019accent sur des projets in\u00e9dits, certains marqu\u00e9s par un lancement de disque. Quatre albums seront d\u00e9voil\u00e9s durant ces neuf jours et une poign\u00e9e d\u2019autres sont d\u00e9j\u00e0 parus cette ann\u00e9e.<\/p>\n<ul>\n<li>Fran\u00e7ois Bourassa \u2013\u00a0Number 9 (Disques Effendi)<\/li>\n<li>Mercredi\u00a011, Lion d\u2019or, 21\u00a0h\u00a030<\/li>\n<\/ul>\n<p>Apr\u00e8s six ans de silence, Fran\u00e7ois Bourassa \u00adpr\u00e9sente enfin son quartette dans un nouvel album dont le titre se passe de toute explication. Une fois de plus, il confirme son statut de musicien \u00e9volutionnaire. Ni styliste camp\u00e9 dans un langage bien appris ni radical aux vis\u00e9es r\u00e9volutionnaires, il fixe la barre un peu plus haut chaque fois, la surmontant avec la complicit\u00e9 de ses fid\u00e8les accompagnateurs, le saxo Andr\u00e9 Leroux \u00adsonnant la charge. Sept pi\u00e8ces sont au programme, l\u2019ouverture <em>Carla und Karlheinz<\/em> r\u00e9v\u00e9lant ses atomes crochus pour le jazz de Mme\u00a0Bley et la contemporan\u00e9it\u00e9 de\u00a0Stockhausen. Le groupe ratisse donc large en employant un \u00e9ventail de concepts sophistiqu\u00e9s, mais jamais herm\u00e9tiques.<\/p>\n<ul>\n<li>Josh Rager \u2013\u00a0<em>Jondo<\/em> (Bent River Records)<\/li>\n<li>Jeudi\u00a012, Maison de la culture C\u00f4te-des-Neiges, 20\u00a0h<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pianiste lui aussi, Josh Rager signe ici sa plus ambitieuse entreprise artistique \u00e0 jour\u00a0: une collection de sept \u00adoriginaux et un standard orchestr\u00e9s pour un tentette de musiciens montr\u00e9alais de premier plan. La pi\u00e8ce titre s\u2019appuie sur un style de chant propre \u00e0 la musique flamenco que le pianiste a cherch\u00e9 \u00e0 transposer dans un langage jazz. La pi\u00e8ce d\u2019ouverture (<em>Prodigal Son<\/em>) est un diptyque en hommage \u00e0 son regrett\u00e9 professeur Jan Jarczyk qui poussait ses \u00e9tudiants \u00e0 \u00add\u00e9velopper leur musique sous forme de suites.<\/p>\n<ul>\n<li>Daniel Arthur Trio \u2013\u00a0<em>Vivid<\/em> (Production d\u2019artiste)<\/li>\n<li>Mercredi\u00a011, Caf\u00e9 r\u00e9sonance, 17\u00a0h<\/li>\n<\/ul>\n<p>Natif de Seattle, le pianiste Daniel Arthur pr\u00e9sente ici sa premi\u00e8re carte de visite argent\u00e9e. Issu d\u2019une famille musicale, il commence \u00e0 pianoter d\u00e8s six ans. Empreint autant de classique que de jazz, il nomme Keith Jarrett, Chick Corea et McCoy Tyner comme influences, sans oublier Oscar Peterson et Erroll Garner parmi les plus vieux. Il souligne aussi l\u2019apport important de Jean-Michel Pilc avec qui il a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 McGill. Mais le classique r\u00e9sonne aussi dans les dix plages de son album, la pi\u00e8ce <em>Shostakovich<\/em> \u00e9tant une r\u00e9duction pour trio de la <em>14<sup>e<\/sup> Symphonie<\/em> du Russe et <em>Messiaen<\/em> reposant sur l\u2019usage de ses modes \u00e0 transpositions limit\u00e9es. Il en r\u00e9sulte de facture moderne, bien au-del\u00e0 des formules convenues du jazz standard. Ses acolytes Ethan Cohn, b, et \u00c9ric Maille, btr., sont tout aussi solides, produisant ainsi un v\u00e9ritable triangle \u00e9quilat\u00e9ral.<\/p>\n<ul>\n<li>Mario Allard Quintet \u2013\u00a0<em>Diaporama<\/em> (Disques\u00a0MCM)<\/li>\n<li>Dimanche 8, Upstairs Jazz Bar, 20\u00a0h<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans son second disque, l\u2019alto Mario Allard se sert d\u2019une formule \u00e9prouv\u00e9e en jazz\u00a0: le quintette saxo-trompette avec section rythmique. Il explique son silence discographique de pr\u00e8s de dix par un besoin de recherche personnelle et de maturit\u00e9. En 2012, il part \u00e9tudier avec Donny McCaslin \u00e0 New York, lequel lui permet d\u2019approfondir sa conception musicale par un travail sur les intervalles. Deux ans plus tard, il s\u2019inscrit \u00e0 la ma\u00eetrise \u00e0 McGill o\u00f9 il fait connaissance de John Hollenbeck avec qui il parfait ses connaissances en composition. Le disque, pour sa part, se situe dans la lign\u00e9e du hard bop, mais en version plus actualis\u00e9e, autant par l\u2019\u00e9criture que par des interpr\u00e9tations tr\u00e8s vigoureuses, rehauss\u00e9es du reste par une prise sonore des plus dynamiques. Quant au titre, il se renvoie \u00e0 des images mentales \u00ad\u00e9voqu\u00e9es par des \u00e9v\u00e9nements ou des personnes qu\u2019Allard a voulu projeter sur des \u00e9crans sonores. Le premier des huit titres (<em>Snowden<\/em>) se rapporte au \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e8bre\u00a0\u00bb d\u00e9lateur am\u00e9ricain, selon les points de vue.<\/p>\n<h3>Sorties r\u00e9centes<\/h3>\n<ul>\n<li>Benjamin Deschamps Quintet \u2013\u00a0<em>Demi-Nuit<\/em> (Disques\u00a0MCM)<\/li>\n<li>Dimanche 8, Upstairs Jazz Bar, 20\u00a0h\u00a030<\/li>\n<\/ul>\n<p>Benjamin Deschamps, alto \u00e9galement, partage aussi la m\u00eame section rythmique que son coll\u00e8gue Allard dans son premier opus, lanc\u00e9 le printemps dernier. La pochette sombre et son titre laisse d\u00e9j\u00e0 entendre la teneur musicale, assez r\u00e9fl\u00e9chie dans l\u2019ensemble avec une attention particuli\u00e8re \u00e0 la composition. Preuve \u00e0 \u00adl\u2019appui, <em>La proph\u00e9tie<\/em>, suite de plus de 25 minutes, a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue avec l\u2019intention de laisser chaque membre intervenir en soliste. Deschamps reconna\u00eet tout sp\u00e9cialement l\u2019impact de trois de ses professeurs, Jean-Pierre Zanella, pour l\u2019amour de la musique et de l\u2019instrument, R\u00e9mi Bolduc pour la rigueur et Frank Lozano pour le sens de la d\u00e9couverte. Par ailleurs, Cannonball Adderley demeure toujours sa r\u00e9f\u00e9rence \u00adpersonnelle, \u00e0 laquelle il ajoute Dick Oatts. \u00c0 noter, Deschamps et Allard se partageront les honneurs de la m\u00eame soir\u00e9e.<\/p>\n<ul>\n<li>Eric Hove Chamber Ensemble \u2013\u00a0<em>Polygon<\/em> (Inner Circle Music)<\/li>\n<li>Chapelle historique du Bon-Pasteur, 20\u00a0h<\/li>\n<\/ul>\n<p>Jamais deux sans trois, Erik Hove joue du m\u00eame instrument que Deschamps et Allard. Sa proposition musicale, est r\u00e9solument, sinon radicalement diff\u00e9rente\u00a0: \u00adutilisant l\u2019approche dite spectrale, bas\u00e9e sur les \u00adfondamentales et leurs harmoniques naturelles, ce Vancouv\u00e9rois d\u2019origine abonde dans la microtonalit\u00e9. En 2015, il autoproduisait <em>Saturated Colours<\/em> pour une formation mixte avec cordes et bois, plus proche d\u2019une instrumentation de musique dite contemporaine que du jazz. Le printemps dernier, il r\u00e9cidivait avec la m\u00eame combinaison d\u2019instruments, cette fois-ci avec un compl\u00e9ment de sonorit\u00e9s \u00e9lectroniques. Huit pi\u00e8ces de Hove sont au programme, assez succinctes, mais ouvertes \u00e0 des interventions solistes, le chef prenant la part du lion. En un mot donc\u00a0: une excursion aux confins m\u00eames du jazz et des musiques savantes.<\/p>\n<h3>Ailleurs au festival<\/h3>\n<p>Quelques autres concerts \u00e0 signaler<\/p>\n<h6>Soir\u00e9e d\u2019ouverture au Lion d\u2019or (5)<\/h6>\n<p>Sympathetic Frequencies (quartette du \u00adbatteur Mark Nelson) suivi d\u2019un ensemble du pianiste Rafael Zaldivar avec invit\u00e9 de New York, le saxo t\u00e9nor Ben Wendell<\/p>\n<h6>Concert de cl\u00f4ture, salle du Ges\u00f9 (14)<\/h6>\n<p><em>Il \u00e9tait une fois dans l\u2019Off<\/em>. Formation orchestrale sous la direction de MarianneTrudel<\/p>\n<h6>Pour amateurs de jazz orchestral<\/h6>\n<p>Joe Sullivan Big Band, Lion d\u2019or (6)<\/p>\n<h6>Une l\u00e9gende au festival<\/h6>\n<p>Burton Greene trio avec Eric Normand, b. et Isaiah Ceccareilli, btr,. Maison de la culture C\u00f4te-des-Neiges (10).<\/p>\n<p>Figure embl\u00e9matique du free jazz, ce pianiste de 80 ans a enregistr\u00e9 d\u00e8s 1965 pour la \u00adpremi\u00e8re \u00e9tiquette am\u00e9ricaine consacr\u00e9e \u00e0 cette musique, les disques ESP. Une occasion unique \u00e0 ne pas rater pour tout amateur du genre. (Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par le tentette de Josh Rager.)<\/p>\n<p>Programmation compl\u00e8te et billetteri <a href=\"http:\/\/www.loffjazz.com\">www.loffjazz.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour certains, l\u2019\u00e2ge adulte commence \u00e0 18 ans. Le festival Off jazz Montr\u00e9al atteint ce mois-ci ce chiffre symbolique, sa maturit\u00e9 toutefois acquise depuis son passage de l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019automne en 2010. Il a grandi, certes, mais n\u2019a pas grossi pour autant pour y arriver. 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