{"id":349996,"date":"2017-10-11T13:51:45","date_gmt":"2017-10-11T17:51:45","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=349996\/"},"modified":"2017-10-11T13:52:27","modified_gmt":"2017-10-11T17:52:27","slug":"quelques-grandes-sopranos-canadiennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/pierre-chenier\/quelques-grandes-sopranos-canadiennes\/","title":{"rendered":"Quelques Grandes Sopranos Canadiennes"},"content":{"rendered":"<p>Pour ce num\u00e9ro de <em>La Scena Musicale<\/em>, j\u2019ai choisi quatre sopranos de notre temps, actives sur la sc\u00e8ne nationale et internationale\u00a0: Adrianne Pieczonka, Isabel Bayrakdarian, Karina Gauvin et\u00a0 Suzie LeBlanc. Mis \u00e0 part leur talent, je les ai choisies pour illustrer les voix, les genres et les styles divers qui existent parmi nos artistes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Adrianne-Pieczonka-photo-Bo-Huang.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-349997 alignright\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Adrianne-Pieczonka-photo-Bo-Huang.jpg\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"160\" \/><\/a> Adrianne Pieczonka est n\u00e9e aux \u00c9tats-Unis et s\u2019est install\u00e9e avec sa famille \u00e0 2 ans \u00e0 Burlington en Ontario. Dans le cadre d\u2019une carri\u00e8re internationale qui l\u2019a men\u00e9e sur toutes les grandes sc\u00e8nes, elle s\u2019est \u00e9tablie en Europe dans les ann\u00e9es 1980 et elle est revenue au Canada, \u00e0 Toronto, en 2005. La voix d\u2019Adrianne Pieczonka est une grande voix d\u2019op\u00e9ra, \u00e0 mi-chemin entre le soprano lyrique et le soprano dramatique, une voix riche, \u00e9gale et juste dans tout le registre. Son r\u00e9pertoire est centr\u00e9 sur les grands auteurs d\u2019op\u00e9ras du 19<sup>e<\/sup> et du d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, de Verdi \u00e0 Puccini, de Wagner \u00e0 Strauss. Son Mozart, bien que moins connu, est marqu\u00e9 de la puissance que donne la capacit\u00e9 de soprano dramatique \u00e0 la ligne vocale mozartienne. Elle est connue internationalement comme une remarquable Tosca, Sieglinde et Chrysoth\u00e9mis, ce qui illustre bien l\u2019alliage du lyrique et du dramatique. La caract\u00e9ristique de l\u2019interpr\u00e9tation vocale et dramatique de Pieczonka, c\u2019est la longue ligne vocale et la noblesse g\u00e9n\u00e9rale du maintien et de la pr\u00e9sence sc\u00e9nique. Elle n\u2019accentue pas chaque moment de la ligne ni chaque geste sc\u00e9nique, c\u2019est l\u2019ensemble qui l\u2019int\u00e9resse, l\u2019impression g\u00e9n\u00e9rale. \u00c9coutez sur You Tube sa Sieglinde du premier acte de <em>La Walkyrie<\/em> de Wagner, dirig\u00e9e par Christian Thielemann \u00e0 Bayreuth en 2007. Elle \u00ab\u00a0chante\u00a0\u00bb le r\u00f4le, ne crie pas, le vibrato est sous contr\u00f4le, c\u2019est la ligne vocale qui ressort et qui porte le drame.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Isabel-Bayrakdarian-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-349999 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Isabel-Bayrakdarian-1.jpg\" alt=\"\" width=\"143\" height=\"163\" \/><\/a>Avec Isabel Bayrakdarian, on entre dans un univers diff\u00e9rent, par la voix, qui est un soprano lyrique l\u00e9ger avec une capacit\u00e9 de colorature, et par la fusion des styles, que tant de jeunes chanteurs et artistes cultivent aujourd\u2019hui. Isabel est d\u2019origine arm\u00e9nienne, n\u00e9e au Liban en 1974, \u00e9tablie au Canada quand elle \u00e9tait adolescente. Son r\u00e9pertoire premier (si on excepte sa vocation scientifique, car elle est aussi bacheli\u00e8re en g\u00e9nie biom\u00e9dical) \u00e9tait l\u2019op\u00e9ra mozartien, rossinien. Bien vite, elle a voulu combiner cette carri\u00e8re avec l\u2019interpr\u00e9tation de musique de film et de folklore arm\u00e9nien. En plus, elle poursuit aujourd\u2019hui une carri\u00e8re de professeure de voix \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Santa Barbara. La voix est essentiellement jeune, \u00e9gale dans le registre, d\u2019une grande justesse et d\u2019un timbre riche, particuli\u00e8rement dans le m\u00e9dium. L\u2019aigu est ais\u00e9, lanc\u00e9 sans effort. Mais ce qui frappe chez Bayrakdarian, c\u2019est l\u2019aspect sc\u00e9nique, m\u00eame en r\u00e9cital. On n\u2019a pas affaire \u00e0 une chanteuse d\u2019op\u00e9ra qui \u00ab\u00a0chante\u00a0\u00bb pour nous, on a affaire \u00e0 un personnage. Le geste est premier chez Bayrakdarian, la situation dramatique est premi\u00e8re. Son <em>Una voce poco fa<\/em> du <em>Barbier de S\u00e9ville<\/em> nous fait oublier les vocalises, les pyrotechnies\u00a0: elles sont l\u00e0, mais ma\u00eetris\u00e9es et instruments de l\u2019expression de la situation.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Karina-Gauvin-photo-Julien-Fauge\u0300re.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-350001 alignright\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Karina-Gauvin-photo-Julien-Fauge\u0300re.jpg\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"172\" \/><\/a>Les r\u00e9pertoires de Karina Gauvin et de Suzie LeBlanc se croisent et se d\u00e9tachent \u00e0 la fois. Les deux se retrouvent sur le territoire baroque, notamment Haendel, mais LeBlanc y vient par le biais de la musique plus ancienne, du 16<sup>e<\/sup> et 17<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et avant, et des folklores anciens, alors que Gauvin y est venue directement, dans le cadre du d\u00e9veloppement de l\u2019interpr\u00e9tation de la musique du 18<sup>e<\/sup> par les formations d\u2019instruments d\u2019\u00e9poque. Karina Gauvin, n\u00e9e \u00e0 Repentigny en 1967, joue un r\u00f4le de premier plan au Qu\u00e9bec, au Canada et dans plusieurs pays dans les interpr\u00e9tations de musique baroque par ce type d\u2019ensemble. Qu\u2019on pense notamment aux Violons du Roy, avec lesquels elle a \u00e9tabli une \u00e9troite collaboration. Elle apporte \u00e0 ce r\u00e9pertoire une opulence de voix, surtout un m\u00e9dium de mezzo, qui rappelle les grandes voix f\u00e9minines du pass\u00e9 qui ont abord\u00e9 ce r\u00e9pertoire, mais elle y ajoute la technique des vocalises extr\u00eames et des passages coloratures qui font partie int\u00e9grante de la technique et de la signification m\u00eame de la musique. Dans son interpr\u00e9tation d\u2019<em>Armatae face et anguibus<\/em> de <em>Juditha Triumphans<\/em> de Vivaldi, Gauvin r\u00e9ussit l\u2019exploit d\u2019interpr\u00e9ter avec pr\u00e9cision les vocalises en saccades extr\u00eames qui expriment la furie totale du personnage tout en maintenant une voix chaude et riche et surtout juste pendant tout l\u2019air. Karina est aussi une excellente interpr\u00e8te de compositeurs du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle comme Debussy, Satie et Dutilleux.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Suzie-Leblanc.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-350003 alignleft\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Suzie-Leblanc.jpg\" alt=\"\" width=\"164\" height=\"177\" \/><\/a>Avec Suzie LeBlanc, n\u00e9e en 1961 \u00e0 Edmundston au Nouveau-Brunswick, bien qu\u2019une partie du r\u00e9pertoire se recoupe avec celui de Karina Gauvin, c\u2019est un monde diff\u00e9rent que nous rencontrons. C\u2019est le monde des voix pures et cristallines qui vient de l\u2019interpr\u00e9tation renouvel\u00e9e de la musique du Moyen-\u00c2ge et de la Renaissance qu\u2019on a connue ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. C\u2019est d\u2019abord l\u2019univers de la chanson qui vient des si\u00e8cles qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la musique baroque, auquel des artistes comme LeBlanc trouvent une affinit\u00e9 avec les chansons folkloriques traditionnelles, et le m\u00eame style de simplicit\u00e9 s\u2019applique aux deux. Elle est aussi connue pour son interpr\u00e9tation de la musique ancienne que pour celle du folklore acadien. Sa voix affiche un vibrato tr\u00e8s discret. Elle est marqu\u00e9e par la puret\u00e9 et l\u2019\u00e9l\u00e9gance de la ligne vocale, une voix l\u00e9g\u00e8re, elle aussi tr\u00e8s \u00e9gale dans le registre. Son expressivit\u00e9 est justement dans cette puret\u00e9 de ligne et dans cette simplicit\u00e9.<\/p>\n<p>Cela s\u2019applique \u00e0 son interpr\u00e9tation de la musique ancienne et du folklore et aussi de Monteverdi et Haendel. Suzie LeBlanc est elle aussi li\u00e9e \u00e0 la floraison des formations \u00e0 instruments d\u2019\u00e9poque ici et dans de nombreux pays o\u00f9 elle se produit r\u00e9guli\u00e8rement. Elle est une ambassadrice de cette musique et du folklore acadien et donne des ateliers sur ces styles musicaux. Suzie participe aussi de ce d\u00e9sir des interpr\u00e8tes d\u2019aujourd\u2019hui d\u2019aborder d\u2019autres styles, des musiques d\u2019autres p\u00e9riodes, et \u00e0 ce titre elle s\u2019est fait conna\u00eetre comme une interpr\u00e8te d\u2019\u0153uvres contemporaines. Elle a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 de la cr\u00e9ation de <em>Shadows VII<\/em>, du compositeur canadien Robert Aitken.<\/p>\n<p>Ces quatre sopranos canadiennes illustrent abondamment la diversit\u00e9 de talents et de genres qui existent parmi nos artistes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour ce num\u00e9ro de La Scena Musicale, j\u2019ai choisi quatre sopranos de notre temps, actives sur la sc\u00e8ne nationale et internationale\u00a0: Adrianne Pieczonka, Isabel Bayrakdarian, Karina Gauvin et\u00a0 Suzie LeBlanc. Mis \u00e0 part leur talent, je les ai choisies pour illustrer les voix, les genres et les styles divers qui existent parmi nos artistes. Adrianne<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/pierre-chenier\/quelques-grandes-sopranos-canadiennes\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":3098,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17251,399],"tags":[12972,13208,33269,524,938,33270],"class_list":{"0":"post-349996","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-musique-vocale","7":"category-opera-fr","8":"tag-adrianne-pieczonka","9":"tag-isabel-bayrakdarian","10":"tag-karine-gauvin","11":"tag-puccini","12":"tag-strauss","13":"tag-suxie-leblanc","14":"type-article-fr","15":"volume-volume-23","16":"issue-vol-23-issue-2-fr","17":"section-articles-de-fond"},"featured_image_src":"","blog_images":{"medium":"","large":""},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/349996"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3098"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=349996"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/349996\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=349996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=349996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=349996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}