{"id":340777,"date":"2017-04-01T00:00:04","date_gmt":"2017-04-01T05:00:04","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=340777\/"},"modified":"2017-04-17T14:40:14","modified_gmt":"2017-04-17T19:40:14","slug":"glenn-gould-et-la-metaphysique-de-la-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/robert-kilborn\/glenn-gould-et-la-metaphysique-de-la-musique\/","title":{"rendered":"Glenn Gould et la m\u00e9taphysique de la musique"},"content":{"rendered":"<p>Beaucoup de gens, en \u00e9coutant un concert de musique, ont fait l\u2019exp\u00e9rience du \u00ab\u00a0sentiment oc\u00e9anique\u00a0\u00bb, sentiment que l\u2019on d\u00e9crit diversement comme un \u00e9tat alt\u00e9r\u00e9 de la conscience, une sensation d\u2019infini, une exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, l\u2019impression de ne faire qu\u2019un avec l\u2019univers, un r\u00eave idyllique o\u00f9 vous voguez dans une r\u00eaverie l\u00e9g\u00e8re et perdez les limites de votre moi. L\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais Romain Rolland (qui a cr\u00e9\u00e9 l\u2019expression) notait la pr\u00e9sence de ce \u00ab\u00a0sentiment oc\u00e9anique\u00a0\u00bb chez les mystiques dans toutes les traditions religieuses. Il croyait que ce sentiment \u00e9tait la source de toute \u00e9nergie religieuse, et que l\u2019on pouvait se d\u00e9finir comme religieux uniquement sur la base de ce sentiment, ind\u00e9pendamment du fait de croire ou pas. Sigmund Freud, qui a popularis\u00e9 cette expression (et a admis qu\u2019il \u00e9tait incapable de trouver ce sentiment en lui-m\u00eame), le consid\u00e9rait \u2013 en admettant qu\u2019il existe \u2013 comme le reliquat du \u00ab\u00a0sentiment de soi primitif\u00a0\u00bb de l\u2019enfance, avant que l\u2019enfant d\u00e9couvre l\u2019existence des autres, une manifestation de l\u2019union primaire narcissique entre la m\u00e8re et l\u2019enfant. Glenn Gould l\u2019appelait \u00ab\u00a0extase\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9tat ou l\u2019on se tient en dehors du temps alors qu\u2019on se fond dans la musique de certains compositeurs, d\u2019Orlando Gibbons et Bach \u00e0 Sch\u00f6nberg et Richard Strauss.<\/p>\n<p>Le pianiste canadien Glenn Gould (1932-1982) est devenu un personnage culte pour les autres musiciens et pour le public alors qu\u2019il \u00e9tait encore dans la jeune vingtaine. Plusieurs de ses enregistrements, et notamment ses deux versions des <em>Variations Goldberg<\/em> de Bach (1855 et 1981) demeurent des incontournables de l\u2019interpr\u00e9tation musicale au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il est v\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans le monde\u00a0 entier pour l\u2019incroyable expressivit\u00e9, le sentiment de spontan\u00e9it\u00e9 et la virtuosit\u00e9 de son jeu. L\u2019intelligence extraordinaire, presque verbale, et\u00a0 l\u2019originalit\u00e9 de sa voix pianistique \u2013 \u00e0 la fois retenue et expansive, pleine et ludique \u2013 continuent d\u2019\u00e9veiller chez ses auditeurs le sentiment du myst\u00e9rieux pouvoir d\u2019une personnalit\u00e9 hors du commun dans le monde du g\u00e9nie musical. Mais l\u2019art de Gould \u00e9veille-il, transmet-il une sensibilit\u00e9, un \u00e9tat d\u2019esprit, une attitude qui incarne un \u00e9tat alt\u00e9r\u00e9 de la conscience, un sentiment de l\u2019infini, l\u2019exp\u00e9rience de se tenir hors du temps, qui indique une moralit\u00e9, voire une m\u00e9taphysique de la musique\u00a0?<\/p>\n<h3><strong>C\u2019est un feu qui me consume, mais je suis le feu<\/strong><\/h3>\n<blockquote class=\"modern-quote full\"><p>\u00ab Nous devons reconna\u00eetre dans la musique une signification plus g\u00e9n\u00e9rale et plus profonde, en rapport avec l\u2019essence du monde et notre propre essence. \u00bb<\/p>\n<p>\u2014Arthur Schopenhauer<\/p><\/blockquote>\n<p>Est-il besoin de pr\u00e9ciser que le sentiment oc\u00e9anique de Romain Rolland \u2013 l\u2019\u00ab\u00a0extase\u00a0\u00bb de Gould \u2013 est une exp\u00e9rience subjective et est, comme l\u2019amour, l\u2019intuition ou la compassion, exp\u00e9rientiel et de fait incommunicable par des moyens intellectuels, car ne se pr\u00eatant pas \u00e0 la description ou l\u2019analyse en mots et en concepts. On comprend alors que les nombreuses personnes qui doutent de la r\u00e9alit\u00e9 de cette exp\u00e9rience peuvent voir l\u2019id\u00e9e comme un non-sens romantique, et tout le discours qui s\u2019y rattache comme un vide rhapsodique. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, on peut argumenter que, de la m\u00eame fa\u00e7on que l\u2019aveugle de naissance n\u2019a aucune id\u00e9e de ce que veut dire que quelque chose ressemble \u00e0 quelque chose et que pour lui, l\u2019apparence visuelle, la notion de pr\u00e9sence sont incompr\u00e9hensibles, il peut en \u00eatre de m\u00eame pour les gens qui remettent en question le sentiment oc\u00e9anique de Rolland ou l\u2019extase de Gould\u00a0: il leur manque peut-\u00eatre simplement la pr\u00e9disposition psychique, la facult\u00e9 sp\u00e9cifique du cerveau et du syst\u00e8me nerveux central pour faire l\u2019exp\u00e9rience de cet \u00e9tat particulier de la conscience. Ils ne per\u00e7oivent pas ou ne ressentent pas cet \u00e9tat, et ainsi cet \u00e9tat n\u2019existe pas <em>pour eux.<\/em><\/p>\n<p>Nous ne pouvons nier l\u2019aspect exp\u00e9rientiel de la musique. Il transcende les cat\u00e9gories de la pens\u00e9e. Beaucoup de musiciens et d\u2019auditeurs vont attester du puissant effet que la musique produit sur leur psychisme. Les liens bruts du corps semblent se d\u00e9sint\u00e9grer et, pour un court moment, l\u2019esprit et l\u2019\u00e2me sont lib\u00e9r\u00e9s. Philosophiquement, nous ne savons pas vraiment ce que cela signifie. La musique est s\u00e9quentielle; elle existe donc dans le temps. Elle cr\u00e9e des ondes sonores; elle existe donc dans l\u2019espace. Que savons-nous d\u2019autre sur la musique\u00a0? Pas grand-chose. Comme la conscience elle-m\u00eame \u2013 que la science nous d\u00e9crit comme une mati\u00e8re organique se reproduisant et d\u00e9riv\u00e9e d\u2019une mati\u00e8re non anim\u00e9e, la musique est une \u00e9nigme drap\u00e9e dans le myst\u00e8re.<\/p>\n<blockquote class=\"modern-quote full\"><p>\u00ab Et ceux qui dansaient furent consid\u00e9r\u00e9s comme fous par ceux qui ne pouvaient entendre la musique. \u00bb<\/p>\n<p>\u2014Friedrich Nietzsche<\/p><\/blockquote>\n<p>Que ce soit la mer de Debussy et son orchestration diaphane (influenc\u00e9e par le caract\u00e8re non structur\u00e9 de la musique chinoise) ou le sublime pa\u00efen noir d\u2019Ozzy Osbourne dans <em>No More Tears<\/em> (blues afro-am\u00e9ricain transform\u00e9 par le groupe heavy m\u00e9tal britannique et les techniques d\u2019enregistrement modernes), la musique est un chaudron d\u2019\u00e9motions exprim\u00e9es et r\u00e9prim\u00e9es depuis que les premiers humains ont grogn\u00e9, hurl\u00e9, frapp\u00e9 une pierre contre l\u2019autre, et souffl\u00e9 dans des roseaux creux pour cr\u00e9er le premier son organis\u00e9. L\u2019esp\u00e8ce <em>Homo sapiens<\/em> semble avoir plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin de la musique que de toute autre forme d\u2019art qu\u2019il ne peut s\u2019emp\u00eacher de cr\u00e9er. Il semble que nous avons un besoin plus profond de la musique que du sacrement de la po\u00e9sie ou du rituel de l\u2019art visuel qui a d\u00e9but\u00e9 lorsque nous avons fait des pochoirs avec nos mains et peint des bisons sur les murs des grottes il y a 35\u00a0000 ans. La musique plonge plus profond\u00e9ment au c\u0153ur de notre cerveau reptilien que toute autre forme d\u2019art. C\u2019est pourquoi Platon en reconnaissait les dangers et en voulait un strict contr\u00f4le dans sa R\u00e9publique. C\u2019est aussi la raison pour laquelle l\u2019\u00c9glise catholique m\u00e9di\u00e9vale a interdit la musique contenant de la polyphonie (plus d\u2019une partie musicale \u00e0 la fois), craignant que cela cr\u00e9e chez le peuple un doute quant \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de Dieu. Et c\u2019est aussi pourquoi, de nos jours, les \u00c9tats autoritaires comme la Cor\u00e9e du Nord et l\u2019Iran contr\u00f4lent toujours s\u00e9v\u00e8rement la musique.<\/p>\n<p>Dans un dialogue d\u2019Oscar Wilde, on peut lire que la musique nous r\u00e9v\u00e8le un pass\u00e9 personnel dont nous n\u2019avions pas conscience jusque-l\u00e0 et qui nous pousse \u00e0 regretter les malheurs qui ne nous sont pas arriv\u00e9s et les fautes que nous n\u2019avons pas commises.<\/p>\n<p>Le sentiment provoqu\u00e9 souvent par la musique est celui de la perte des fronti\u00e8res du moi. Enlevez les cat\u00e9gories de la pens\u00e9e, et nous devenons tous une entit\u00e9 unie et indivisible. Bien que commune dans la pens\u00e9e orientale (et occidentale parfois), cette id\u00e9e demeure d\u00e9rangeante et d\u00e9stabilisante pour beaucoup. TS Eliot a \u00e9crit une fois, au sujet des philosophes indiens, qu\u2019ils \u00ab\u00a0font para\u00eetre la plupart des grands philosophes occidentaux comme des \u00e9coliers\u00a0\u00bb. Les sages des Upanishad, par exemple, ont exprim\u00e9 le fait de notre unit\u00e9 ultime de diff\u00e9rentes mani\u00e8res dont l\u2019une, bien connue, met en sc\u00e8ne tous les \u00eatres vivants et non vivants de ce monde d\u00e9filant en succession en pr\u00e9sence du novice. \u00c0 chaque \u00eatre, on prononce la formule\u00a0: Tu es Ceci. Toutes les choses, y compris le bourreau et la victime, sont litt\u00e9ralement une. De ce point de vue, Jorge Luis Borges \u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0Le temps est la substance dont je suis fait. Le temps est une rivi\u00e8re qui m\u2019entra\u00eene, mais je suis la rivi\u00e8re; c\u2019est un tigre qui me d\u00e9truit, mais je suis le tigre; c\u2019est un feu qui me consume, mais je suis le feu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le monde dans lequel nous devons vivre \u2013 appr\u00e9hend\u00e9 \u00e0 travers les cat\u00e9gories de la conscience \u2013 est n\u00e9cessairement divis\u00e9 et cass\u00e9. Cette opposition entre l\u2019un et le multiple, et toutes ses implications, est la vraie signification int\u00e9rieure des dix mille choses du <em>Tao Te Ching<\/em>, de la <em>prajna<\/em> (sagesse, enseignement) du bouddhisme, de la chute et de la r\u00e9demption bibliques de l\u2019homme, du <em>Hamlet<\/em> de Shakespeare, du <em>Proc\u00e8s<\/em> de Kafka et du <em>Finnegan\u2019s Wake <\/em>de Joyce.<\/p>\n<h3><strong>Il n\u2019y a pas d\u2019art au paradis<\/strong><\/h3>\n<blockquote class=\"modern-quote full\"><p>\u00ab\u00a0L\u2019art n\u2019a pas pour but de donner cours \u00e0 une effusion momentan\u00e9e d\u2019adr\u00e9naline, mais plut\u00f4t de b\u00e2tir graduellement, tout au long d\u2019une vie, un \u00e9tat d\u2019\u00e9merveillement et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2014Glenn Gould<\/p><\/blockquote>\n<p>Point fixe dans ce monde en mouvement, l\u2019art aspire vers \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9merveillement et la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9\u00a0\u00bb de Gould, atteints dans des \u00e9tats de ravissement d\u00e9clench\u00e9s par l\u2019art. Walter Pater \u00e9crit que \u00ab\u00a0chaque art tend et aspire \u00e0 se transformer en musique\u00a0\u00bb. Autant Gould pouvait \u00eatre \u00e9thique dans sa vie personnelle, autant dans son art il n\u2019\u00e9tait pas opprim\u00e9, mais bien exalt\u00e9 dans cet effort artistique qui transcendait l\u2019\u00e9thique et la moralit\u00e9. L\u2019art n\u2019est pas d\u00e9mocratique. Il n\u2019est pas m\u00eame humaniste. Il est d\u00e9moniaque au sens grec du terme, et extatique, au sens gouldien du terme.<\/p>\n<p>Au paradis d\u2019avant la chute, lieu de naissance de la loi morale et des gestes sobres, il n\u2019y a ni art, ni po\u00e9sie, ni musique.<\/p>\n<p><strong>Traduction :\u00a0Brigitte Objois<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Beaucoup de gens, en \u00e9coutant un concert de musique, ont fait l\u2019exp\u00e9rience du \u00ab\u00a0sentiment oc\u00e9anique\u00a0\u00bb, sentiment que l\u2019on d\u00e9crit diversement comme un \u00e9tat alt\u00e9r\u00e9 de la conscience, une sensation d\u2019infini, une exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, l\u2019impression de ne faire qu\u2019un avec l\u2019univers, un r\u00eave idyllique o\u00f9 vous voguez dans une r\u00eaverie l\u00e9g\u00e8re et perdez les limites<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/robert-kilborn\/glenn-gould-et-la-metaphysique-de-la-musique\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":3033,"featured_media":340775,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[28147,17277],"tags":[4710],"class_list":{"0":"post-340777","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-la-scena-plein-feux","8":"category-musique-canadienne","9":"tag-glenn-gould","10":"type-article-fr","11":"volume-volume-22","12":"issue-vol-22-issue-6-fr","13":"section-special-fr"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Glenn-Gould-Statue.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Glenn-Gould-Statue.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Glenn-Gould-Statue.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/340777"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3033"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=340777"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/340777\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/340775"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=340777"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=340777"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=340777"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}