{"id":1087615,"date":"2025-06-17T19:16:43","date_gmt":"2025-06-17T23:16:43","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=1087615"},"modified":"2025-06-17T19:34:48","modified_gmt":"2025-06-17T23:34:48","slug":"en-memoire-dalfred-brendel-1931-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/kaitlyn-chan\/en-memoire-dalfred-brendel-1931-2025\/","title":{"rendered":"En m\u00e9moire d&#8217;Alfred Brendel (1931-2025)"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\">Le pianiste, auteur et compositeur Alfred Brendel est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 94 ans. Ses repr\u00e9sentants ont confirm\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;\u00e9tait \u00e9teint paisiblement \u00e0 son domicile londonien mardi.<\/p>\n<p>Brendel, reconnu comme l&#8217;un des plus grands interpr\u00e8tes de la musique pour piano de Beethoven, a fait la couverture du num\u00e9ro de mars 2001 de La Scena. Pour lui rendre hommage, nous republions ci-dessous notre interview et notre article sur son h\u00e9ritage.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<hr \/>\n<h3><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1087618 size-full\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507.png\" alt=\"Alfred Brendel\" width=\"1907\" height=\"1190\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507.png 1907w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507-300x187.png 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507-600x374.png 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507-1024x639.png 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507-768x479.png 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507-1536x958.png 1536w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Screenshot-2025-06-17-154507-343x215.png 343w\" sizes=\"(max-width: 1907px) 100vw, 1907px\" \/><\/h3>\n<h3><span style=\"font-size: 24px;\">Alfred Brendel : Paradoxe musical<\/span><\/h3>\n<p>par Lucie Renaud, 1 mars 2001<\/p>\n<p>Quand on contemple la quantit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale d\u2019articles parus \u00e0 son sujet, on peut juger futile de vouloir, encore une fois, remettre sur le m\u00e9tier cet ouvrage. Pourtant, Brendel, pianiste incomparable respect\u00e9 au plus haut point par ses pairs, est bien plus qu\u2019un technicien perfectionniste ou qu\u2019un interpr\u00e8te chevronn\u00e9. Il d\u00e9fie les normes, les attentes, les lois tacites de la jungle de la musique classique, pour en ressortir grandi mais en sachant conserver une candeur et une humilit\u00e9 d\u00e9concertantes. Dot\u00e9 d\u2019une grande facult\u00e9 d\u2019\u00e9coute, \u00e0 l\u2019instrument, bien s\u00fbr, mais \u00e9galement face \u00e0 la vie qui passe, ce g\u00e9ant de l\u2019instrument m\u00e8ne des existences parall\u00e8les qui l\u2019enrichissent. Chambriste (il s\u2019est r\u00e9cemment associ\u00e9 au baryton Matthias Goerne, au grand plaisir des amoureux de l\u2019art lyrique), concertiste (il se joindra \u00e0 Seiji Osawa et \u00e0 l\u2019Orchestre de Boston pour donner une int\u00e9grale des concertos de Beethoven en avril), soliste (il sera enfin en r\u00e9cital \u00e0 Montr\u00e9al et \u00e0 Ottawa dans les prochaines semaines), essayiste (<em>R\u00e9flexions<\/em> <em>faites<\/em> continue depuis plus de 30 ans \u00e0 alimenter les musiciens et les m\u00e9lomanes), po\u00e8te depuis peu (son recueil <em>One<\/em> <em>finger<\/em> <em>too<\/em> <em>many<\/em> t\u00e9moigne de son humour d\u00e9capant), collectionneur, grand lecteur devant l\u2019\u00e9ternel, ces facettes apparemment irr\u00e9conciliables en font un des artistes les plus complets de sa g\u00e9n\u00e9ration. <em>La<\/em> <em>Scena<\/em> <em>Musicale<\/em> a eu l\u2019immense privil\u00e8ge de partager avec lui quelques instants de pur bonheur.<\/p>\n<p>Brendel, n\u00e9 en Moravie en janvier 1931, a, d\u00e8s le d\u00e9but, abord\u00e9 la musique \u00e0 contre-courant. Il prend ses premi\u00e8res le\u00e7ons \u00e0 l\u2019\u00e2ge de six ans et explore presque aussit\u00f4t le processus compositionnel. Comme les divers m\u00e9tiers de son p\u00e8re am\u00e8ne la famille \u00e0 parcourir la Yougoslavie et l\u2019Autriche, les professeurs se succ\u00e8dent au fil des villes. Apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 16 ans, il n\u2019aura plus de professeurs. \u00ab Un professeur peut avoir une trop grande influence. \u00c9tant autodidacte, j\u2019ai appris \u00e0 me m\u00e9fier de tout ce que je ne n\u2019ai pas compris moi-m\u00eame \u00bb, estime-t-il. Plus utile que des professeurs \u00e9tait l\u2019\u00e9coute des autres pianistes, en particulier Edwin Fischer, Alfred Cortot et Wilhelm Kempff. Il parle d\u2019ailleurs avec d\u00e9f\u00e9rence de ces g\u00e9ants disparus. \u00ab Ils \u00e9taient des musiciens complets, pas seulement des pianistes virtuoses, souligne-t-il. Ils \u00e9taient chambristes, certains composaient, d\u2019autres dirigeaient, des ma\u00eetres absolus en sonorit\u00e9s pianistiques. Ils savaient orchestrer au piano et respectaient plus que tout le compositeur, ne se pla\u00e7ant jamais dans la ligne de mire. Pourtant, ils n\u2019\u00e9taient absolument pas ennuyeux ou une simple copie carbone de la partition ! \u00bb Brendel reste un pianiste qu\u2019on a souvent qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab intellectuel \u00bb. Il \u00a0n\u2019a particip\u00e9 qu\u2019une seule fois \u00e0 un concours international, le Bolzano, en Italie, o\u00f9 il s\u2019est class\u00e9 quatri\u00e8me (aucun premier prix n\u2019avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9). Son r\u00e9pertoire a toujours sembl\u00e9 \u00e0 l\u2019antith\u00e8se des p\u00e9tarades virtuoses propos\u00e9es par plusieurs de ses coll\u00e8gues. \u00c0 part quelques excursions dans le territoire contemporain \u2014 Brendel a d\u00e9fendu depuis les presque d\u00e9buts le <em>Concerto<\/em> de Schoenberg, par exemple \u2014 son r\u00e9pertoire a toujours \u00e9t\u00e9 centr\u00e9 autour des grands classiques : Bach, Haydn, Mozart, Schubert et, bien s\u00fbr, Beethoven, dont il a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs int\u00e9grales des 32 sonates, en r\u00e9cital et sur disque. Il d\u00e9laisse le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais, russe, Schumann et Brahms mais, depuis les tous d\u00e9buts, a inclus Liszt le malaim\u00e9 dans ses programmes.<\/p>\n<p>Les enregistrements ont servi de tremplin \u00e0 la carri\u00e8re de Brendel, plut\u00f4t que les concours ou le <em>star-system<\/em>. Bien avant ses d\u00e9buts am\u00e9ricains en 1963, de nombreux enregistrements de Beethoven et de Liszt pour la compagnie Vox \u00e9taient connus du public. Il consid\u00e8re d\u2019ailleurs les accomplissements technologiques de l\u2019industrie du disque avec un grain de sel. \u00ab Nous avons assist\u00e9 \u00e0 des pertes et \u00e0 des gains, nuance-t-il. L\u2019ordinateur qui permet une \u00e9dition rapide est bien s\u00fbr une \u00e9volution tr\u00e8s positive. Pourtant, pour moi, plusieurs enregistrements des ann\u00e9es 1930 et 1940, ou certains enregistrements de Kempff des ann\u00e9es 1950, restent in\u00e9gal\u00e9s. Un enregistrement <em>live<\/em>, s\u2019il est r\u00e9alis\u00e9 au bon moment, prouve hors de tout doute les capacit\u00e9s du pianiste. \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame si son r\u00e9pertoire d\u2019interpr\u00e8te ne couvre que quelques si\u00e8cles, en tant qu\u2019auditeur, Brendel se dit particuli\u00e8rement attir\u00e9 par le r\u00e9pertoire tr\u00e8s contemporain dont l\u2019encre a \u00e0 peine s\u00e9ch\u00e9 sur la port\u00e9e. \u00ab Il y a \u00e0 peine 100 ans, la musique a bris\u00e9 les barri\u00e8res de la tonalit\u00e9 et de l\u2019harmonie, s\u2019enthousiasme-t-il. Cela reste certainement un des \u00e9v\u00e9nements les plus surprenants dans l\u2019histoire de l\u2019art. Cela continue de me fasciner compl\u00e8tement. Je suis bien meilleur connaisseur maintenant et cela me permet de juger de la nouveaut\u00e9 r\u00e9elle des exp\u00e9riences musicales r\u00e9alis\u00e9es. Cette attitude guide \u00e9galement mon \u00e9coute de la musique plus ancienne. Pour comprendre les composantes d\u2019un chef-d\u2019\u0153uvre, j\u2019utilise les m\u00eames bar\u00e8mes : est-ce totalement original, comment cela diff\u00e8re-t-il du reste de la production du compositeur, l\u2019\u0153uvre pr\u00e9sente-t-elle un aspect surprenant mais n\u00e9cessaire ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"font-size: 14px; font-family: 'Open Sans', Arial, sans-serif;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1087622 size-full\" style=\"font-size: 14px; font-family: 'Open Sans', Arial, sans-serif;\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2.jpg\" alt=\"Alfred Brendel\" width=\"700\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2.jpg 700w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2-300x214.jpg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2-600x429.jpg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2-269x192.jpg 269w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 une technique inattaquable, Brendel a toujours vu plus loin que son clavier. Sa carri\u00e8re d\u2019essayiste et plus r\u00e9cemment de po\u00e8te et son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019art lui ont ouvert des horizons qu\u2019il consid\u00e8re essentiels. \u00ab J\u2019ai besoin de cette nourriture pour alimenter mes pens\u00e9es, mes sens et simplement pour mon plaisir esth\u00e9tique \u00bb, r\u00e9sume-t-il. Il se dit depuis toujours intrigu\u00e9 par les choses qui d\u00e9passent les limites de la Nature : \u00ab Dans mes po\u00e8mes, j\u2019essaie d\u2019obtenir la combinaison parfaite entre le sens et le non-sens. \u00bb Il collectionne \u00e9galement les masques, les <em>cartoons<\/em> d\u2019Edward Gorey et de Gary Larson (l\u2019auteur am\u00e9ricain d\u00e9sopilant qui signe <em>The<\/em> <em>Far<\/em><em> Side<\/em>) et les objets kitsch parce que, selon lui, \u00ab ces objets aiguisent la perception entre ce qui est vrai et ce qui ne l\u2019est pas. La question de bon go\u00fbt est malheureusement une notion oubli\u00e9e par la majorit\u00e9 des gens aujourd\u2019hui. \u00bb<\/p>\n<p>Brendel esp\u00e8re pouvoir continuer longtemps dans cette qu\u00eate qui le m\u00e8ne toujours plus loin. \u00ab Chaque fois que je reviens \u00e0 une pi\u00e8ce, je l\u2019aborde avec fra\u00eecheur et na\u00efvet\u00e9. Je ne suis pas pr\u00eat \u00e0 me satisfaire de quoi que ce soit, je reste persuad\u00e9 qu\u2019un artiste doit toujours poursuivre, continuer \u00e0 s\u2019am\u00e9liorer\u2026 et conserver son humilit\u00e9 face aux chefs-d\u2019\u0153uvre qu\u2019il interpr\u00e8te. \u00bb Des paroles d\u2019une grande sagesse qui semblent venir tout naturellement aux l\u00e8vres de ce dernier Titan du piano, personnage plus grand que nature mais toujours et surtout profond\u00e9ment humain. C\u2019est peut-\u00eatre \u00e0 lui que le grand pianiste compositeur Busoni aurait d\u00e9di\u00e9 sa d\u00e9finition du pianiste, au-del\u00e0 du temps et des modes :<\/p>\n<p>\u00ab Le pianiste doit poss\u00e9der une intelligence et une culture hors du commun, du sentiment, du temp\u00e9rament, de l\u2019imagination, de la po\u00e9sie et, finalement, ce magn\u00e9tisme personnel qui parfois rend un artiste capable d\u2019inspirer \u00e0 4 000 personnes, des \u00e9trangers pr\u00e9sents dans la salle par pure co\u00efncidence, un seul et m\u00eame sentiment\u2026 Si la moindre de ces qualit\u00e9s venait \u00e0 manquer, la lacune serait aussit\u00f4t apparente dans chaque phrase interpr\u00e9t\u00e9e. \u00bb Dans le monde comp\u00e9titif qu\u2019est devenu le n\u00f4tre, il est rassurant de constater que, malgr\u00e9 tout, Brendel peut remplir toutes ces fonctions et toucher le c\u0153ur des fid\u00e8les qui sauront se presser \u00e0 ses r\u00e9citals. L\u2019art pianistique ne rendra pas son dernier souffle de sit\u00f4t\u2026<\/p>\n<h3>Le programme de concert<\/h3>\n<p>Le passage de Brendel \u00e0 Montr\u00e9al reste \u00e0 marquer d\u2019une pierre blanche. Il avoue humblement ne pas y avoir beaucoup jou\u00e9 au fil des ans. Tout de suite, son humour prend le dessus pour justifier cet \u00e9tat de fait :<\/p>\n<p>\u00ab Montr\u00e9al semble malheureusement associ\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes techniques ! En effet, j\u2019y ai donn\u00e9 mon premier concert avec orchestre en Am\u00e9rique. L\u2019orchestre \u00e9tait alors sous la baguette de Zubin Mehta et j\u2019interpr\u00e9tais le <em>Concerto<\/em> <em>en r\u00e9 mineur <\/em>de Brahms. Au beau milieu du concert, une note du milieu du registre de l\u2019instrument, tr\u00e8s importante harmoniquement de surcro\u00eet, est rest\u00e9e coll\u00e9e et je devais la relever constamment. Quand j\u2019y suis retourn\u00e9 pour un r\u00e9cital, encore une fois j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 des difficult\u00e9s avec l\u2019action du piano et quand j\u2019y suis all\u00e9 avec l\u2019orchestre de chambre Orpheus, une note est rest\u00e9 coinc\u00e9e lors de la r\u00e9p\u00e9tition ! J\u2019esp\u00e8re que le mauvais sort est termin\u00e9 et que rien ne se produira cette fois-ci ! \u00bb conclut-il dans un \u00e9clat de rire contagieux.<\/p>\n<p>Le programme qu\u2019il proposera \u00e0 Montr\u00e9al le 31 mars (et \u00e0 Ottawa le 12 avril) est b\u00e2ti autour des compositeurs qu\u2019il affectionne particuli\u00e8rement : Haydn, Mozart et Beethoven. Il proposera en deuxi\u00e8me partie les impressionnantes <em>V<\/em><em>a<\/em><em>riations<\/em> <em>Diabelli <\/em>de Beethoven, monument de 50 minutes que Brendel qualifie lui-m\u00eame de \u00ab la plus grande \u0153uvre pour piano jamais \u00e9crite, rien de moins ! \u00bb. Il retourne \u00e0 cette \u0153uvre-phare apr\u00e8s un \u00e9loignement de 10 ans. \u00ab Il y a 30 ou 40 ans, l\u2019\u0153uvre \u00e9tait rarement jou\u00e9e, se souvient-il, mais maintenant de plus en plus de jeunes pianistes s\u2019y attaquent. J\u2019ose esp\u00e9rer que j\u2019ai su servir de d\u00e9clencheur en persuadant mes coll\u00e8gues de la d\u00e9couvrir par eux-m\u00eames. L\u2019\u0153uvre reste dans une seule tonalit\u00e9 (do majeur) presque enti\u00e8rement et pourtant transmet une telle diversit\u00e9 de timbres et de caract\u00e8res que le public ne s\u2019ennuie pas\u2026 du moins, souhaitons-le ! C\u2019est \u00e9galement un abr\u00e9g\u00e9 d\u2019humour musical. Le th\u00e8me est trait\u00e9 avec une certaine dose d\u2019ironie et plusieurs cons\u00e9quences amusantes d\u00e9coulent de ce th\u00e8me. \u00bb Il admet que son interpr\u00e9tation ne surprendra pas ceux qui ont entendu son enregistrement <em>live<\/em> du London Festival Hall (qu\u2019on peut entendre dans la collection The Great Pianists de Philips) : \u00ab Pour une fois, je pense que j\u2019ai plut\u00f4t bien r\u00e9ussi ! \u00bb, ajoute-t-il non sans humour.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie du r\u00e9cital se fera toute en tons mineurs et comprendra la <em>Sonate<\/em> <em>en sol mineur <\/em>de Haydn, \u00ab un compositeur beaucoup trop n\u00e9glig\u00e9. Il faut l\u2019interpr\u00e9ter avec une qualit\u00e9 essentielle d\u2019imagination et oublier l\u2019\u00e9tiquette pi\u00e8ce du XVIIIe\u00a0si\u00e8cle pour jeunes filles de bonne famille ! s\u2019insurge-t-il. Le pianiste interpr\u00e9tera \u00e9galement la <em>Sonate<\/em><em> en la<\/em> <em>mineur <\/em>et la <em>Fantaisie<\/em> <em>en r\u00e9 mineur <\/em>de Mozart. \u00ab Les sonates de Mozart sont certainement parmi les \u0153uvres les plus difficiles du r\u00e9pertoire. Elles sont tr\u00e8s rarement jou\u00e9es. Tout d\u2019abord, les pianistes croient que, puisqu\u2019ils les ont \u00e9tudi\u00e9es tr\u00e8s t\u00f4t, cela leur enl\u00e8ve tout m\u00e9rite artistique. Pourtant, les gens qui connaissent quelque chose \u00e0 l\u2019approche pianistique partagent presque tous le point de vue d\u2019Arthur Schnabel, qui disait qu\u2019elles sont trop faciles pour les enfants et trop difficiles pour les artistes. Chaque note est tellement mise \u00e0 nu, il n\u2019y a rien \u00e0 cacher. La plus petite inflexion doit \u00eatre parfaite, bien dos\u00e9e, exactement en place. L\u2019artiste a besoin de beaucoup d\u2019exp\u00e9rience et de maturit\u00e9 technique pour saisir l\u2019essentiel et l\u2019appliquer dans le moindre d\u00e9tail. \u00bb Un concert qui promet de passer dans les annales\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pianiste, auteur et compositeur Alfred Brendel est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 94 ans. Ses repr\u00e9sentants ont confirm\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;\u00e9tait \u00e9teint paisiblement \u00e0 son domicile londonien mardi. Brendel, reconnu comme l&#8217;un des plus grands interpr\u00e8tes de la musique pour piano de Beethoven, a fait la couverture du num\u00e9ro de mars 2001 de La Scena. Pour<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/fr\/kaitlyn-chan\/en-memoire-dalfred-brendel-1931-2025\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":39298,"featured_media":1087624,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[51858,394,17267],"tags":[56225],"class_list":{"0":"post-1087615","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-avis-de-deces","8":"category-musique-classique","9":"category-piano-fr","10":"tag-alfred-brendel-fr","11":"type-profil"},"featured_image_src":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Alfred-Brendel.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Alfred-Brendel-300x144.jpg","large":"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Alfred-Brendel.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"volume","label":"Volume","value":[]},{"key":"number","label":"Number","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1087615"}],"collection":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39298"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1087615"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1087615\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1087631,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1087615\/revisions\/1087631"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1087624"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1087615"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1087615"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1087615"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}