{"id":1073078,"date":"2024-11-28T18:01:06","date_gmt":"2024-11-28T23:01:06","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=1073078"},"modified":"2024-11-28T18:17:51","modified_gmt":"2024-11-28T23:17:51","slug":"critique-eternel-orlando-un-concert-plus-theatral-que-musical","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/justin-bernard\/critique-eternel-orlando-un-concert-plus-theatral-que-musical\/","title":{"rendered":"Critique | <i>\u00c9ternel Orlando<\/i>: un concert plus th\u00e9\u00e2tral que musical"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\">Dans une entrevue publi\u00e9e sur le site web de l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain, la metteure en sc\u00e8ne Lorraine Pintal a tr\u00e8s bien r\u00e9sum\u00e9 ce qu\u2019il allait advenir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement du 26 novembre \u00e0 la Maison symphonique, repris le lendemain \u00e0 l\u2019\u00c9glise Notre-Dane-des-Sept-Douleurs de Verdun:<\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">\u00ab Ce genre d\u2019initiative est une raret\u00e9. Il ne faut pas manquer ce type d\u2019exp\u00e9rience car \u00e7a nous permet \u00e0 la fois de d\u00e9couvrir une autrice qu\u2019on joue tr\u00e8s peu sur nos sc\u00e8nes et de d\u00e9couvrir ce voyage musical que nous propose l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain. \u00c0 mon avis, les th\u00e8mes abord\u00e9s vont vous transformer, provoquer, faire rire et surtout alimenter votre r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9poque dans laquelle on vit. \u00bb<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Une telle initiative m\u00e9rite, en effet, d\u2019\u00eatre salu\u00e9e car elle place non seulement l\u2019OM au croisement des arts, mais enracine l\u2019institution dans le savoir-faire qu\u00e9b\u00e9cois. Certes, Virginia Wolff <\/span><span data-contrast=\"auto\">est britannique, mais son <\/span><span data-contrast=\"auto\">roman <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Orlando <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">a \u00e9t\u00e9 th\u00e9\u00e2tralis\u00e9 pour l\u2019occasion par\u00a0Lorraine Pintal et a mobilis\u00e9\u00a0tout\u00a0un groupe de com\u00e9diens d\u2019ici, en collaboration avec le Th\u00e9\u00e2tre du Nouveau Monde.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">De m\u00e9moire, c\u2019est aussi la premi\u00e8re fois que l\u2019on voyait la Maison symphonique autant transform\u00e9e pour les besoins d\u2019une vraie mise en sc\u00e8ne \u2013 pas juste une mise en espace.\u00a0\u00c0 l\u2019arri\u00e8re, une grande toile rectangulaire dans le sens de la hauteur faisait une s\u00e9paration symbolique entre l\u2019action principale et les coulisses. De ce point de vue, l\u2019OM cr\u00e9e un pr\u00e9c\u00e9dent et ouvre n\u00e9cessairement de nouvelles perspectives artistiques que les autres orchestres qu\u00e9b\u00e9cois ne pourront dor\u00e9navent plus ignorer.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Concert th\u00e9\u00e2tral ou th\u00e9\u00e2tre en concert? Telle est la question. \u00c0 regarder de plus pr\u00e8s la disposition des musiciens, de la cheffe invit\u00e9 Naomi Woo, mais surtout la proportion de moments th\u00e9\u00e2traux durant le spectacle, on peut dire que l\u2019OM s\u2019est lui-m\u00eame mis dans la fosse. Les com\u00e9diens qui se d\u00e9pla\u00e7aient sur une plateforme lat\u00e9rale sur\u00e9lev\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9s, de fait, au premier plan.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Dans le r\u00f4le-titre, Rachel Graton a su tr\u00e8s bien jouer sur la fronti\u00e8re entre le masculin et le f\u00e9minin. Elle s\u2019est illustr\u00e9e par son \u00e9loquence et son aisance \u00e0 se mouvoir dans l\u2019espace relativement restreint. Le micro \u00e0 sa bouche lui a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement favorable. De son c\u00f4t\u00e9, Dominick Rustam n\u2019a pas eu la m\u00eame fluidit\u00e9 d\u2019\u00e9locution et son micro \u00e0 lui ne semblait pas aussi bien port\u00e9. Parmi les autres membres de la distribution, mentionnons Marcel Pomerlo dans le double r\u00f4le de la Reine et de l\u2019archiduc. Son talent comique a fait des merveilles, au point m\u00eame de voler le <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">show<\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Le vaste r\u00e9pertoire musical, du baroque au contemporain en passant par le classique et le romantique, correspondait aux diff\u00e9rentes \u00e9poques travers\u00e9es par Orlando. Il nous a donn\u00e9 l\u2019occasion d\u2019entendre l\u2019OM dans des musiques qui ne font pas habituellement partie de sa programmation. Dans les deux extraits de <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Musique pour les feux d\u2019artifice royaux <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">de Haendel,\u00a0on aurait aim\u00e9 que Mme Woo fasse davantage ressortir les cuivres car, en de pareilles circonstances, ce sont eux qui jouent les premiers r\u00f4les.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Dans l\u2019ensemble, la cheffe a eu une gestuelle tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante et une battue limpide, mais celle-ci \u00e9tait\u00a0faite dans le style allemand, avec un bon temps d\u2019avance sur la musique \u00e9x\u00e9cut\u00e9e, ce qui ne passa pas inaper\u00e7u. De plus, cette\u00a0trop belle direction ne donnait pas grande indication sur l\u2019intention dramatique souhait\u00e9e. R\u00e9sultat, une interpr\u00e9tation manquant parfois de vivacit\u00e9.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">De toutes ces musiques, on a appr\u00e9ci\u00e9 l\u2019inventivit\u00e9 et l\u2019abondance des th\u00e8mes de <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">The Wreckers <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">d\u2019Ethel Smyth, qui servait parfaitement bien la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. \u00c0 noter aussi le <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Concerto pour violoncelle <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">de Nathalie Joachim, intitul\u00e9 <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Had To Be et <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re canadienne. Le choix de placer cette \u0153uvre \u00e0 la fin du programme, telle une appendice, a certes r\u00e9affirm\u00e9 le caract\u00e8re musical de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, mais il a fait quelque peu retomber l\u2019\u00e9motion suscit\u00e9e\u00a0par la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">On n\u2019en a pas moins appr\u00e9ci\u00e9 le dernier mouvement marqu\u00e9 par l\u2019interaction nourri entre l\u2019instrument solo et le m\u00e9tallophone,\u00a0chez les percussions. \u00c0 l\u2019oreille, le violoncelle de Seth Parker Woods semblait l\u00e9g\u00e8rement amplifi\u00e9, mais la vraie surprise est venue du son\u00a0tr\u00e8s <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">rock <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">dans le registre sup\u00e9rieur de l\u2019instrument. Pour ce faire, l\u2019interpr\u00e8te appliquait une pression additionnelle sur les cordes, ce qui jouait in\u00e9vitablement sur le timbre et rejoignait, d\u2019une certaine mani\u00e8re, l\u2019esprit postmoderne de l\u2019\u0153uvre d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 dans les accents <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">jazz<\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">\u00a0du mouvement central.<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Pour consulter les prochains concerts de l&#8217;Orchestre M\u00e9tropolitain: <a href=\"https:\/\/orchestremetropolitain.com\/fr\/saisons\/2024-2025\/\">https:\/\/orchestremetropolitain.com\/fr\/saisons\/2024-2025\/<\/a><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une entrevue publi\u00e9e sur le site web de l\u2019Orchestre M\u00e9tropolitain, la metteure en sc\u00e8ne Lorraine Pintal a tr\u00e8s bien r\u00e9sum\u00e9 ce qu\u2019il allait advenir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement du 26 novembre \u00e0 la Maison symphonique, repris le lendemain \u00e0 l\u2019\u00c9glise Notre-Dane-des-Sept-Douleurs de Verdun: \u00ab Ce genre d\u2019initiative est une raret\u00e9. 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