{"id":1067377,"date":"2024-09-24T23:00:42","date_gmt":"2024-09-25T03:00:42","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=1067377"},"modified":"2024-09-24T23:03:05","modified_gmt":"2024-09-25T03:03:05","slug":"critique-orchestre-metropolitain-une-grand-messe-obligee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/justin-bernard\/critique-orchestre-metropolitain-une-grand-messe-obligee\/","title":{"rendered":"Critique | Orchestre M\u00e9tropolitain\u00a0: Une grand-messe oblig\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Fid\u00e8le \u00e0 sa volont\u00e9 de r\u00e9concilier les peuples et les cultures, l\u2019Orchestre m\u00e9tropolitain avait choisi <em>Mamachimowin <\/em>du compositeur autochtone Andrew Balfour pour ouvrir sa saison, aux c\u00f4t\u00e9s de la <em>Symphonie n<sup>o <\/sup>9 <\/em>et le <em>Te Deum <\/em>d\u2019Anton Bruckner.<\/p>\n<p>En pr\u00e9ambule, Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin a expliqu\u00e9 au public venu nombreux \u00e0 la Maison symphonique qu\u2019il souhaitait faire de cet \u00e9v\u00e9nement une grand-messe musicale, faisant preuve d\u2019une d\u00e9votion qui n\u2019avait d\u2019\u00e9gale que la ferveur des wagn\u00e9ristes d\u2019autrefois. Il faut dire que Bruckner lui-m\u00eame avait pour Wagner une admiration sans borne.<\/p>\n<p>Surtout pas d\u2019applaudissements. Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin a enjoint le public de contenir son enthousiasme et d\u2019attendre que la <em>Symphonie n<sup>o<\/sup> 9<\/em> soit compl\u00e9t\u00e9e par le <em>Te Deum<\/em>, selon les derni\u00e8res volont\u00e9s du compositeur.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, tout ce qu\u2019a \u00e9crit Bruckner n\u2019est pas de l\u2019ordre de la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e. Son ultime symphonie, bien que d\u00e9di\u00e9e \u00ab\u00a0au bon Dieu\u00a0\u00bb, ne rev\u00eat pas un caract\u00e8re particuli\u00e8rement divin. La densit\u00e9 orchestrale \u00e9voque plut\u00f4t les passions wagn\u00e9riennes. De la m\u00eame fa\u00e7on, le <em>Te Deum <\/em>comme quatri\u00e8me et dernier mouvement n\u2019est pas n\u00e9cessairement une trouvaille si l\u2019on consid\u00e8re de plus pr\u00e8s leurs diff\u00e9rences stylistiques.<\/p>\n<p><em>Mamachimowin<\/em> est une \u0153uvre dont le caract\u00e8re sacr\u00e9, lui, ne fait aucun doute. Les notes tenues entre les divers pupitres du ch\u0153ur provoquent, peu \u00e0 peu, des frictions harmoniques, des dissonances savoureuses, qui contribuent au plaisir qu\u2019on a de l\u2019\u00e9couter et de la r\u00e9\u00e9couter. On peut seulement regretter, \u00e0 ce concert, que le ch\u0153ur n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 assez fourni, notamment en voix de femmes, pour faire entendre tous ces frottements.<\/p>\n<p>Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin a encha\u00een\u00e9 d\u2019un m\u00eame souffle la <em>Symphonie n<sup>o<\/sup> 9 <\/em>de Bruckner, s\u2019appuyant judicieusement sur la pr\u00e9sence du <em>r\u00e9 <\/em>dans l\u2019accord pour en faire une note pivot. Il a su exploiter l\u2019acoustique de la salle \u00e0 son plein potentiel en laissant le son de l\u2019orchestre se propager lorsque la partition le permettait. D\u2019\u00e9vidence, la volont\u00e9 du chef \u00e9tait d\u2019amplifier les lignes m\u00e9lodiques pour mieux les r\u00e9tr\u00e9cir en volume et ainsi donner beaucoup de relief \u00e0 la musique. Certains traits musicaux sont nettement ressortis chez les trompettes, malgr\u00e9 une partition des cuivres tr\u00e8s dense, ce qui est encore \u00e0 mettre au cr\u00e9dit du chef. En comparaison, les violons 1 ont eu parfois de la peine \u00e0 se faire entendre, moins mordants qu\u2019\u00e0 l\u2019habitude dans des passages <em>piano<\/em>, mais offrant tout de m\u00eame un son parfaitement unifi\u00e9.<\/p>\n<p>Le changement d\u2019\u00e9clairage du bleu au jaune signalait le passage de la symphonie au <em>Te Deum<\/em>, sans interruption. Elle signifiait \u00e9galement aux quatre solistes invit\u00e9s le moment o\u00f9 ils pouvaient enfin se lever de leur place derri\u00e8re l\u2019orchestre, apr\u00e8s 1 heure 10 d\u2019attente. Les effets sur le non-r\u00e9chauffement des voix ont \u00e9t\u00e9 h\u00e9las audibles.<\/p>\n<p>Comme souvent, ce sont plus aig\u00fces qui en ont le plus souffert. Les notes tenues de la soprano Latonia Moore ont souvent manqu\u00e9 de justesse. Le t\u00e9nor Limmie Pulliam, dont la partie \u00e9tait la plus cons\u00e9quente, avait une texture vocale tr\u00e8s riche, mais elle perdait rapidement en projection quand la ligne s\u2019\u00e9levait. Les solos de la basse Ryan Speedo Green ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une voix \u00e9l\u00e9gante, semblant flotter librement au-dessus du ch\u0153ur. De son c\u00f4t\u00e9, la mezzo-soprano Jennifer Johnson Cano a aussi fait une bonne prestation, mais elle a \u00e9t\u00e9 moins sollicit\u00e9e que ses coll\u00e8gues.<\/p>\n<p>Le ch\u0153ur de l\u2019OM s\u2019est montr\u00e9 percutant. Bien aid\u00e9e par un groupe de chanteurs professionnels, la section des t\u00e9nors est ressortie avec vigueur et autorit\u00e9. Les basses \u00e9taient doubl\u00e9es par les trombones et ont form\u00e9 une alliance convaincante. Soulignons enfin les bonnes nuances auxquelles sont parvenus les choristes dans les <em>pianissimos<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fid\u00e8le \u00e0 sa volont\u00e9 de r\u00e9concilier les peuples et les cultures, l\u2019Orchestre m\u00e9tropolitain avait choisi Mamachimowin du compositeur autochtone Andrew Balfour pour ouvrir sa saison, aux c\u00f4t\u00e9s de la Symphonie no 9 et le Te Deum d\u2019Anton Bruckner. 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