{"id":1067040,"date":"2024-09-14T15:09:34","date_gmt":"2024-09-14T19:09:34","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=1067040"},"modified":"2024-09-14T15:56:07","modified_gmt":"2024-09-14T19:56:07","slug":"critique-osm-une-scene-comble-et-des-tenors-en-voix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/justin-bernard\/critique-osm-une-scene-comble-et-des-tenors-en-voix\/","title":{"rendered":"Critique | OSM: Une sc\u00e8ne comble et des t\u00e9nors en voix"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\">La derni\u00e8re fois que les <em>Gurre-lieder <\/em>de Schoenberg ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par l\u2019OSM, c\u2019\u00e9tait en plein c\u0153ur du mandat de Kent Nagano \u00e0 titre de directeur musical. Il \u00e9tait donc plus que temps de red\u00e9couvrir un chef d\u2019\u0153uvre quelque peu oubli\u00e9 du post-romantisme allemand.<\/p>\n<p>La quantit\u00e9 impressionnante de musiciens sur sc\u00e8ne \u2013 plus de 200 \u2013 et la d\u00e9bauche d\u2019\u00e9nergie dont a t\u00e9moign\u00e9 notamment le ch\u0153ur \u00e9largi de l\u2019OSM dans le num\u00e9ro final convenait parfaitement \u00e0 l\u2019inauguration d\u2019une nouvelle saison haute en couleurs. Lors d\u2019un concert gratuit organis\u00e9 le 4 septembre dernier, \u00e9galement \u00e0 la Maison symphonique, la cheffe de la direction, M\u00e9lanie La Couture, avait d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 d\u2019une 91<sup>e<\/sup> saison \u00ab\u00a0incandescente\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence aux chaussures de sport rouge arbor\u00e9s fi\u00e8rement par Rafael Payare.<\/p>\n<p>Pour le concert d\u2019ouverture, le 11 septembre dernier, les chaussures rouges avaient, pour ainsi dire, chang\u00e9 de propri\u00e9taire. Elles \u00e9taient port\u00e9es par celui qui y jouait le r\u00f4le principal, Clay Hilley (Waldemar). Le t\u00e9nor am\u00e9ricain a occup\u00e9 l\u2019essentiel de la premi\u00e8re partie, aux c\u00f4t\u00e9s de Dorothea R\u00f6schman qui incarnait l\u2019amante Tove.<\/p>\n<p>Les aigus du chanteur se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s v\u00e9ritablement au retour de la pause, dans les troisi\u00e8me et quatri\u00e8mes parties, gr\u00e2ce \u00e0 une voix plus fringante que jamais, planant ais\u00e9ment au-dessus de l\u2019orchestre. Cela dit, son m\u00e9dium est demeur\u00e9 une valeur s\u00fbre, du d\u00e9but \u00e0 la fin, et certainement le signe d\u2019une sant\u00e9 vocale qui lui permettait d\u2019aborder les notes les plus hautes avec confiance.<\/p>\n<p>En revanche, la voix de Dorothea R\u00f6schman ne parvenait pas \u00e0 allier les deux extr\u00eames. Surpuissante dans l\u2019aigu, notamment lors de son ultime chant <em>Du sendest mir einen Liebesblick<\/em>, elle peinait \u00e0 se faire entendre dans les registres plus graves tandis que l\u2019orchestre ne connaissait pas de baisse de r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Rafael Payare a fait parler son dynamisme d\u00e9sormais l\u00e9gendaire et sa direction pr\u00e9cise. Les cuivres \u00e9taient particuli\u00e8rement mobilis\u00e9s et tout aussi pr\u00e9cis dans leurs attaques. De son c\u00f4t\u00e9, le violon solo, Andrew Wan, a offert des \u00e9lans de po\u00e9sie comme des moments suspendus dans le temps.<\/p>\n<p>Karen Cargill, Thomas E. Bauer et Stephan R\u00fcgamer ont tous fait de solides prestations, dans des seconds r\u00f4les, certes, mais n\u00e9anmoins marquants. Mention sp\u00e9ciale au t\u00e9nor allemand, qui a fait ses d\u00e9buts dans l\u2019ensemble du Staatsoper de Berlin sous la direction de Daniel Barenboim. Sa diction d\u00e9licieuse et \u00e0 son charisme sur sc\u00e8ne ont donn\u00e9 beaucoup relief au personnage de Klaus, le fou.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait ensuite au tour de Ben Heppner de faire une entr\u00e9e spectaculaire. La modernit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture musicale, pr\u00e9figurant le <em>Sprechgesang <\/em>des \u0153uvres ult\u00e9rieures de Schoenberg, a \u00e9t\u00e9 parfaitement rendu par le plus c\u00e9l\u00e8bre des <em>Heldentenors <\/em>canadiens encore en activit\u00e9. Une chance de l\u2019avoir \u00e0 Montr\u00e9al! Quelques notes chant\u00e9es, en fin de r\u00e9cit, nous ont permis de constater que sa voix n\u2019avait pas perdu de son \u00e9clat, malgr\u00e9 les ann\u00e9es et une mobilit\u00e9 d\u00e9clinante.<\/p>\n<p>Soulignons enfin la participation de Mani Soleymanlou. Narrateur de la soir\u00e9e, ce com\u00e9dien a d\u00e9crit avec soin et fluidit\u00e9, dans notre langue, les motivations des diff\u00e9rents personnages de l\u2019intrigue. Un choix totalement justifi\u00e9 par le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre en langue \u00e9trang\u00e8re et trop peu jou\u00e9e pour \u00eatre connue du grand public.<\/p>\n<blockquote><p>Prochains concerts: <em>La Symphonie fantastique<\/em> <em>de Berlioz <\/em>(18 septembre, \u00e0 19h30, et 19 septembre, \u00e0 10h30). \u00c0 cette occasion, 4 nouvelles cloches d&#8217;orchestre seront inaugur\u00e9es. Le public pourra notamment les entendre dans une cr\u00e9ation de Michael Oesterle, intitul\u00e9e <em>La Chapelle <\/em>(commande de l&#8217;OSM). Pour plus de d\u00e9tails sur le programme, visitez le <a href=\"http:\/\/www.osm.ca\">www.osm.ca <\/a><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La derni\u00e8re fois que les Gurre-lieder de Schoenberg ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par l\u2019OSM, c\u2019\u00e9tait en plein c\u0153ur du mandat de Kent Nagano \u00e0 titre de directeur musical. 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