{"id":1021754,"date":"2022-10-19T12:45:50","date_gmt":"2022-10-19T16:45:50","guid":{"rendered":"http:\/\/myscena.org\/?p=1021754"},"modified":"2022-10-26T19:59:33","modified_gmt":"2022-10-26T23:59:33","slug":"cyclorama-tendre-la-main","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/myscena.org\/fr\/nathalie-de-han\/cyclorama-tendre-la-main\/","title":{"rendered":"Critique | Cyclorama: Tendre la main"},"content":{"rendered":"\r\n<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\"><em>Avec Cyclorama<\/em>, Laurence Dauphinais r\u00e9ussit une ambitieuse com\u00e9die documentaire bilingue qui transporte le public du <a href=\"https:\/\/centaurtheatre.com\/fr\/\">Th\u00e9\u00e2tre Centaur<\/a> au Centre du Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Aujourd\u2019hui &#8211; dans tous les sens du terme. In\u00e9dit. Du 11 octobre au 5 novembre <a href=\"https:\/\/billetterie.theatredaujourdhui.qc.ca\/Online\/default.asp?doWork::WScontent::loadArticle=Load&amp;BOparam::WScontent::loadArticle::article_id=5E5F6AF8-4A68-4528-9441-093E5BB642D5\">theatredaujourdhui.qc.ca<\/a><\/p>\r\n\r\n<p><span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\">Francophone, l\u2019autrice et metteuse en sc\u00e8ne Laurence Dauphinais travaille r\u00e9guli\u00e8rement avec des artistes anglophones. Pourtant, elle constate depuis ses \u00e9tudes \u00e0 l&#8217;\u00c9cole nationale de th\u00e9\u00e2tre que les deux communaut\u00e9s artistiques s&#8217;ignorent encore l\u2019une l\u2019autre. Lass\u00e9e de cet \u00e9tat de choses, la cr\u00e9atrice qu\u00e9b\u00e9coise d\u00e9cide de sauter dans le malaise et de faire bouger les choses.<\/span><\/p>\r\n<p><span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\">Le ton est donn\u00e9. Comment, dans la m\u00eame ville, la pratique du th\u00e9\u00e2tre peut-elle \u00eatre aussi divis\u00e9e linguistiquement et culturellement? Accompagn\u00e9e<strong><span style=\"font-family: 'Arial',sans-serif; font-weight: normal;\"> de l\u2019historienne du th\u00e9\u00e2tre Erin Hurley, de l\u2019historien Alexandre Cadieux et <\/span><\/strong>d&#8217;Antoine Yared, un ancien partenaire de jeu transform\u00e9 en r\u00e9pondant anglophone sur sc\u00e8ne<strong>, <\/strong>Laurence Dauphinais fait entendre tous les points de vue et remonte le fil du temps, afin de mieux comprendre l&#8217;origine d&#8217;opinions si antagonistes.<br \/><\/span><\/p>\r\n<h3>Plonger dans l&#8217;histoire de Montr\u00e9al<\/h3>\r\n<p><span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\">Les spectateurs se rencontrent donc au Th\u00e9\u00e2tre Centaur pour l&#8217;acte I de <em>Cyclorama. <\/em>Sur la sc\u00e8ne, tendu sur presque toute la largeur de celle-ci, un \u00e9cran en tulle en arc de cercle \u00e9voque un cyclorama, ces fresques historiques qui faisaient illusion gr\u00e2ce \u00e0 des effets de perspective. Il r\u00e8gne une atmosph\u00e8re de biblioth\u00e8que, les \u00e9tag\u00e8res sont pleines de livres (<span class=\"markedcontent\">Sc\u00e9nographie<\/span><\/span><span id=\"page5R_mcid82\"><\/span><span id=\"page5R_mcid83\"> <span class=\"markedcontent\">Robin Brazill<\/span><\/span>). Les protagonistes \u00e9voluent autour d&#8217;une table munie d&#8217;un \u00e9cran lumineux; les historiens montrent \u00e0 l&#8217;aide de cartes l&#8217;histoire et l\u2019\u00e9volution des emplacements des premiers th\u00e9\u00e2tres francophones et anglophones.<\/p>\r\n<p>Ils \u00e9voquent les flux et reflux des nouveaux arrivants qui, peu \u00e0 peu, s&#8217;installent et montent plus au Nord du Boulevard Saint-Laurent. Les historiens mentionnent aussi les premiers anglophones qui quittent la m\u00e9tropole, autour de 1910. Donc bien avant les ann\u00e9es qui suivent l&#8217;adoption de la loi 101 (1977) et voient la presse anglophone du Qu\u00e9bec crier \u00e0 la r\u00e9pression linguistique.<\/p>\r\n<p><span class=\"markedcontent\"><span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\">Les \u00e9changes entre les quatre protagonistes \u2013 qui conservent les noms et les identit\u00e9s des com\u00e9diens &#8211; sont\u00a0 rythm\u00e9s et rapides comme des \u00e9changes de ping-pong.<\/span><\/span><span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\"> Des histoires intimes se m\u00ealent aux r\u00e9cits didactiques et l\u2019ironie est de la partie. On aimerait parfois entendre le quatuor s&#8217;attarder un peu plus sur certains d\u00e9tails, mais la vivacit\u00e9 des dialogues est la recette de <em>Cyclorama<\/em>. \u00c0 noter: le texte, bilingue, n&#8217;est fort heureusement pas int\u00e9gralement traduit; ce qui est dit en fran\u00e7ais s\u2019inscrit en anglais \u00e0 l\u2019\u00e9cran et vice versa.<br \/><\/span><\/p>\r\n<div id=\"attachment_1022084\" style=\"width: 712px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1022084\" class=\"size-large wp-image-1022084\" src=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-1024x683.jpeg\" alt=\"\" width=\"702\" height=\"468\" srcset=\"https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-scaled-300x200.jpeg 300w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-scaled-600x400.jpeg 600w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-768x512.jpeg 768w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-1536x1024.jpeg 1536w, https:\/\/myscena.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/71519444-4AAA-40E4-A3F8-6EC19C639865-2048x1365.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1022084\" class=\"wp-caption-text\">Laurence Dauphinais et Antoine Yared dans l\u2019acte III de Cyclorama, sur la sc\u00e8ne du Centre du Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Aujourd\u2019hui. Cr\u00e9dit photo : Val\u00e9rie Remise.<\/p><\/div>\r\n<h3>Le cas d&#8217;Antoine Yared<\/h3>\r\n<p><span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\">Acte II : en voiture! Apr\u00e8s une premi\u00e8re partie d&#8217;une heure, les spectateurs montent dans un autobus pour <\/span>une visite comment\u00e9e d&#8217;une partie du Plateau, \u00e0 l&#8217;Est du Boulevard Saint-Laurent. Au fil des b\u00e2timents, une bande sonore enregistr\u00e9e \u00e9voque l&#8217;histoire du Monument National, les po\u00e8mes <em>Speak White (1968)<\/em>, <em>Speak What<\/em> (1989) qui rappellent des \u00e9poques autrement politis\u00e9es. Moment en trompe-l\u2019\u0153il: le mariage de C\u00e9line Dion est mentionn\u00e9. L&#8217;ombre de l&#8217;irrempla\u00e7able critique Robert L<span class=\"markedcontent\">\u00e9<\/span>vesque plane, elle aussi, sur le parcours. Petit b\u00e9mol pour les bilingues, cette section de trente minutes est enti\u00e8rement diffus\u00e9e dans les deux langues.<\/p>\r\n<p>Le spectateur se retrouve donc assis dans la grande salle du Centre du Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aujourd&#8217;Hui pour l&#8217;acte III. Mention sp\u00e9ciale aux changements de tons, d\u2019\u00e9clairages (<span id=\"page5R_mcid93\" class=\"markedContent\"><span dir=\"ltr\" role=\"presentation\">Chantal Labont\u00e9) et<\/span><\/span> aux projections vari\u00e9es (<span id=\"page5R_mcid99\" class=\"markedContent\"><span dir=\"ltr\" role=\"presentation\">Allison Moore) qui<\/span><\/span> soutiennent un r\u00e9cit parfois tr\u00e8s touffu. Le personnage d&#8217;Antoine Yared, qui a quitt\u00e9 le Qu\u00e9bec pour faire une fructueuse carri\u00e8re au c\u00e9l\u00e8bre Festival de Stratford, le plus important festival de th\u00e9\u00e2tre classique d\u2019Am\u00e9rique du Nord, a le retour difficile; il est fig\u00e9 dans une sorte de d\u00e9fiance.<\/p>\r\n<p>Car Antoine, \u00e9lev\u00e9 en fran\u00e7ais et en arabe, a fait le choix d\u2019\u00e9tudier en anglais. Le Libanais d&#8217;origine s&#8217;est en effet inscrit en th\u00e9\u00e2tre au Coll\u00e8ge Dawson. Puis, ses \u00e9tudes termin\u00e9es, il s&#8217;est exil\u00e9 en Ontario et aux Etats-Unis pour pouvoir travailler, faute de contacts dans le milieu. Mais pour Laurence Dauphinais, en d\u00e9pit ou peut-\u00eatre \u00e0 cause de certains projets caquistes, au nom du th\u00e9\u00e2tre et de l\u2019amiti\u00e9, il est grand temps de tendre la main et d&#8217;inviter le talentueux com\u00e9dien \u00e0 revenir jouer \u00e0 Montr\u00e9al.<\/p>\r\n<p><em>Cyclorama<\/em>: Pour le spectacle, l&#8217;initiative et la symbolique. De Laurence Dauphinais, une coproduction du <span style=\"font-size: 11.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif;\"><a href=\"https:\/\/centaurtheatre.com\/fr\/\">Th\u00e9\u00e2tre Centaur <\/a><\/span>et du <a href=\"https:\/\/billetterie.theatredaujourdhui.qc.ca\/Online\/default.asp?doWork::WScontent::loadArticle=Load&amp;BOparam::WScontent::loadArticle::article_id=5E5F6AF8-4A68-4528-9441-093E5BB642D5\">Centre du Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Aujourd\u2019hui <\/a>. 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