Marie-Nicole Lemieux : L’invitation au Voyage

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La mélodie L’Invitation au voyage d’Henri Duparc a toujours été la carte de visite de la contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux. « Je gagnais chaque fois que je la chantais en concours », rigole la quadragénaire, qui l’a également chantée en ouverture du gala du cinquième anniversaire de La Scena le 12 septembre 2001 accompagné au piano par Yannick Nézet-Séguin. Bien que beaucoup ait changé depuis, Lemieux est toujours attirée par la poésie de Charles Baudelaire. C’est ainsi qu’elle interprète une douzaine de chansons des Fleurs du mal de Baudelaire en tournée, sa première tournée au Québec depuis 2003, dans le cadre des Jeunesses Musicales du Canada.

Le concert, intitulé à juste titre L’Invitation au voyage, d’après la célèbre mélodie, a été présenté à l’automne 2016 au Théâtre Outremont et repris au Domaine Forget à l’été 2017 par Lemieux et Daniel Blumenthal, dans une mise en scène de l’acteur Raymond Cloutier avec des projections numériques de poèmes, de dessins et de tableaux. Ce fut un tel succès que l’équipe a voulu le présenter en tournée et a trouvé une ouverture dans leur emploi du temps chargé en octobre 2019, en commençant par deux soirées à la salle Bourgie à Montréal les 1er et 3 octobre, à Beloeil (6 octobre), au Palais Montcalm à Québec (7 octobre), à Rimouski (9 octobre), à Saint-Jérôme (11 octobre), à Saint-Jean-sur-le-Richelieu (13 octobre), à Victoriaville (16 octobre), à Longueuil (17 octobre), à Orford (18 octobre) et finalement à Terrebonne le 20 octobre.

Les douze morceaux choisis sont les préférés de Lemieux parmi les centaines d’arrangements de Baudelaire qu’elle a écoutés. « Le choix fut difficile, dit Lemieux. La poésie de Baudelaire peut être très sévère et sombre. J’ai gardé seulement les bijoux et j’ai essayé d’éviter le morbide. J’ai envoyé la liste à Raymond Cloutier qui aime la poésie et il a conçu un programme autour de ces poèmes. Parfois, il récite les poèmes avant que je chante, fait de la théâtralisation, mais parfois je chante deux chansons à la suite. Nous racontons une histoire. Comme un film, les gens ne sont pas censés applaudir avant la fin. C’était un travail d’équipe. »

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Lemieux hésite cependant à dire si la chanson de Duparc sera au début ou à la fin. « Vous devrez y assister pour connaître la réponse. »

Chanter dans différentes villes signifie s’adapter à différentes salles. « Une salle plus petite est plus intime. C’est la responsabilité du chanteur de s’adapter à la taille de la salle. Nous devons créer une atmosphère intime, quelle que soit la taille de la salle. »

Y aura-t-il un enregistrement au terme de la tournée ? « C’est possible, mais je n’en ai pas encore parlé à ma maison de disques, dit en riant Lemieux, tout en mentionnant qu’elle lancera un nouvel album intitule Mer(s) en septembre, qui inclura Sea Picture de Elgar, Poème de l’amour et de la mer de Chausson, La mer de Joncières.

À propos de Joseph Rouleau 

Carmen à l’OdM

Le public québécois à l’extérieur de Montréal et de Québec a rarement l’occasion de voir Lemieux en personne, car son horaire est habituellement planifié des années à l’avance (jusqu’en 2023) avec des représentations en Europe et au Metropolitan Opera. On se souviendra de son dernier rôle à l’Opéra de Montréal, Dalila dans Samson et Dalila de Saint-Saëns en janvier 2015. Lemieux est reconnaissante d’avoir fait ses débuts dans ce rôle dans son pays, mais elle a été déçue par le mépris pour la récente production de Carmen de la compagnie, largement critiquée pour ses interprétations vocales du rôle principal et son accent visiblement plus prononcé sur le design.

« On ne m’a pas appelée », dit la contralto, qui a remporté un succès critique lorsqu’elle a chanté Carmen pour la première fois dans une version concert au Théâtre des Champs-Élysées en 2017. « Je ne suis pas la seule, il y a beaucoup de mezzos québécoises fantastiques qui peuvent faire honneur à ce rôle et qui n’ont pas été appelées. En ce qui me concerne, pour remplir une salle de 2000 personnes et chanter par-dessus un orchestre de 100 musiciens, l’opéra est avant tout une question de voix et de musicalité. L’opéra, c’est plus que le naturel; enlever de l’importance à la voix et à la projection, c’est enlever la magie de l’opéra, la partie humaine. Il y a une école pour projeter la voix qui ne doit pas être oubliée. Chaque corps est différent et unique. Ce n’est pas parce qu’un corps est mince qu’il est plus sensuel. Il s’agit pour moi de savoir si l’artiste est un bon acteur, un bon musicien et, en premier lieu, s’il a une voix. Je n’ai pas vu la production, donc je ne peux juger la prestation. Les photos sont jolies. »

Liste de souhaits

Quelles œuvres figurent sur la liste de souhaits de Lemieux ? « J’aimerais chanter une autre Dalila, avec mise en scène, et après avoir chanté Les Troyens plusieurs fois en concert, Cassandra en production. Aussi, dans l’opéra romantique français, Iphigénie en Tauride de Gluck. »

À venir

L’Invitation au voyage, du 1er au 20 octobre (10 villes au Québec).

Puccini : Madama Butterfly

Verdi : Falstaff

Rossini : Italienne à Alger

Monteverdi : L’incoronazione di Poppea

Charlotte dans Werther de Massenet : pas encore signé, mais dates réservées pour 2022

www.marienicolelemieux.com

 

Traduction par Mélissa Brien

 

 

La Scena Musicale - Coffret Découverte
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