L’Originalité et les découvertes du Montréal Baroque

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Depuis sa fondation en 2001, l’équipe de Montréal Baroque, sous la houlette de sa grande prêtresse Suzie Napier, a toujours été innovatrice. Son festival se distingue par son originalité et foisonne de découvertes. Pour le plus grand plaisir des mélomanes, Montréal Baroque a choisi de dédier sa 16e édition aux plus belles pages de Händel, grand maître de l’expression dramatique. Les quatre jours intensifs se terminaient hier dans l’allégresse, en pleine fête nationale du 24 juin

On nous présentait cette année l’orchestre allemand l’arte del mondo, sous la direction de son chef Werner Ehrhardt. Pour sa première visite à Montréal, l’ensemble donnait trois concerts dans le cadre du festival. Il participait avec l’ensemble Caprice au concert d’ouverture de jeudi dans The Triumph of Time & Truth, le dernier des grands oratorios de Händel. Suivait le vendredi, les plus belles créations du séjour de jeunesse de Händel en Italie et, le samedi, un concert plus intimiste présentant des sonates en petites formations.

Le concert de vendredi nous faisait savourer les œuvres de Händel et ses contemporains par un orchestre en pleine forme, sous la direction d’un Werner Erhardt au sourire éclatant et à l’enthousiasme trépignant. L’organiste et claveciniste Massimiliano Toni exécutait deux concertos pour orgue de Händel. L’excellente hauboïste Suzanne Regel interprétait deux concertos de ses contemporains, Marcello et Dall’abaco. Une jolie surprise nous attendait au début du concert, alors que le célèbre musicologue Gilles Cantagrel était invité à présenter le concert. Excellent conteur, il a choisi d’expliquer l’anecdote de la tradition qui veut que le public se lève lors de l’Hallelujah du Messie. Un geste qui est dû à ce qui semble une distraction du roi George II, lors de la première présentation de l’œuvre en 1742.

Quelle belle idée d’avoir présenté ce concert dans la charmante petite église au toit rouge St. John the Evangelist, située derrière la Place des arts. Méconnue, elle fait pourtant partie de notre paysage depuis longtemps. L’intérieur tout en bois et les chaises disposées en demi-cercle conviennent parfaitement à l’ambiance de la musique baroque.

On peut compter sur la chorégraphe et metteure en scène Marie-Nathalie Lacoursière pour nous surprendre et nous amuser. Ce qui n’a pas manqué de se passer dimanche, durant la cantate Apollo e Daphne au grand bal de Cupidon. Au moment où Apollon et Daphné entamaient quelques pas de danse est apparu le roi de la danse à claquettes Pierre Chartrand qui a ébloui le public par son incroyable virtuosité. On a ensuite oublié durant un moment Apollon (Dion Mazerolle) et Daphné (Jacqueline Woodley) qui se sont éclipsés, le temps de nous laisser savourer cet intermède inusité. La danseuse Stéphanie Brochard campait avec aplomb un amusant Cupidon et l’excellent ensemble Les Boréades de Francis Colpron assurait la partie musicale. Pour terminer la soirée, le public s’est vu invité à participer à un atelier de danse baroque et traditionnelle, animé par Anne-Marie Godette et Pierre Chartrand.

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