Critique : Orbis – Valérie Milot (Analekta)

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Orbis
Valérie Milot, harpe; Les Violons du Roy
Analekta. 2016. AN 2 9880. 52 min 46 s.

Avec Orbis, Valérie Milot s’évade de sa zone de confort. Son dernier disque se prélassait dans un 18e siècle moelleux, dont la banalité du répertoire pouvait embellir un dimanche matin ennuyeux… Ce qu’elle propose maintenant est tout à fait étonnant. Certaines oreilles usées par la monotonie seront vite comblées.

L’éternel romantisme associé à la harpe n’a pas sa place ici. Il faut saluer l’intelligence du choix des pièces, axées sur la musique cyclique moderne, ou minimaliste. Il n’y a rien pour la fine rosée et les angelots quand on invite au jardin Zappa et Gentle Giant. Ces musiciens savaient écrire des partitions très élaborées à l’époque du rock progressif et cela fonctionne à merveille. El Dorado du Canadien Mozetich est tout à fait captivant. Connue par l’interprétation d’Erica Goodman qui l’avait créée (SRC.1991), l’œuvre s’envole très vite vers les hauteurs, pour ne plus redescendre. Steve Reich est hypnotique par le traitement répétitif des pulsations. Valérie Milot a eu l’intelligence d’utiliser à bon escient le multipiste pour en donner des couleurs fascinantes. In a Landscape de John Cage nous transporte très loin dans le passé, où l’on semble retrouver l’instrument à l’époque de l’antiquité. Il faut se laisser absorber par chacune des notes et en savourer chaque temps, mesuré et régulier comme un sablier qui s’écoule lentement… un disque fort original.

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