Critique : Dutoit/Montréal 1980-2000 (Decca)

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Tout a été dit sur Charles Dutoit et l’Orchestre symphonique de Montréal. Les débuts, la consécration et la fin abrupte d’une relation qui a duré près de 30 ans. Et puis, le retour inattendu en février 2016 dans la Maison symphonique dont il rêvait depuis longtemps. Deux concerts plus tard, on se souvient encore de ce baiser sur le front de Martha Argerich, signe affectueux que l’on a pu traduire comme la réconciliation finale avec les musiciens et le public qui l’a toujours adulé.

La consécration est venue lorsque Decca/London s’est intéressée à l’OSM, en quête d’un orchestre « au son français ». Dutoit fut mis sous contrat, lui qui déjà était reconnu pour la qualité de sa direction. Seul problème, la piètre acoustique de la Place des Arts ne convenait pas du tout aux exigences de Decca. En 1980, on choisit l’église de Saint-Eustache en banlieue de Montréal. Pour la soixantaine d’enregistrements qui furent produits à cet endroit magnifique, les rues durent être fermées autour pour éviter tout bruit inutile.

De ce travail colossal qu’a accompli l’OSM, Decca a puisé 35 disques, tous présentés avec soin et classés par ordre chronologique. Les pochettes sont ornées des images originales. Au programme, beaucoup de compositeurs français bien entendu. Une large place est faite à Ravel, Debussy, Bizet, Berlioz, Saint-Saëns, Fauré… et quelques Hispaniques, un peu de Tchaïkovski, Mendelssohn et Stravinski. De quoi plaire à tout mélomane, puisque ces disques sont presque tous demeurés des références. On se souvient de Dutoit pour sa battue élégante, ce regard un peu aristocrate, mais dont l’approbation et la satisfaction se ressentent à chaque mesure. Un coffret indispensable. 

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