L’Hebdo Lebrecht | Ferdinand Ries : Piano trio and sextets (Hyperion)

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Alors que j’écrivais un livre sur Beethoven (à paraître l’année prochaine), j’ai pris à contre-pied nombre d’élèves, d’acolytes, de secrétaires, de copistes, de musiciens égocentriques et de toutes sortes de parasites qui vivaient de leur lien avec le grand homme et publiaient des souvenirs de lui, souvent inventés. Une exception singulière fut Ferdinand Ries, un jeune homme de la ville natale de Beethoven qui a grandi dans l’orchestre de la cour de Bonn et a partagé certains des mêmes professeurs. Ries, pour autant que je sache, n’a jamais inventé d’histoires sur Beethoven et ne l’a jamais fait passer pour autre chose que ce qu’il était − un immense génie au tempérament terrible.

Un jour, Beethoven a ordonné à Ries d’écrire une cadence pour un concerto pour piano, puis l’a déchirée quelques instants avant que son élève la joue en concert. Être l’assistant de Beethoven était une tâche ingrate. Ries tint bon jusqu’en 1805, lorsque l’armée française atteignit Vienne. Il retourna à Bonn et finit par s’installer à Londres, où il participa à la fondation de la Philharmonic Society. Il était un compositeur infatigable d’œuvres éphémères. Si l’on en croit ces sextuors, il était un compositeur d’une originalité limitée, avec une capacité occasionnelle d’enchanter.

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Le grand sextuor de 1817 commence par une paraphrase d’un concerto pour piano de Beethoven avant de se lancer dans un ensemble de variations pour piano sur la ballade irlandaise The last rose of summer. Il y a ici des affinités avec les arrangements de chansons folkloriques britanniques par Beethoven, mais l’invention de Ries est plus libre que celle de Beethoven et moins mécanique, un plaisir total.

Le deuxième sextuor, en sol mineur, est plus sombre et un peu plus lourd, mais Ries n’est pas d’une grande profondeur; il fait, au mieux, un gribouillis de clarinette en hommage au concerto tardif de Mozart. Le trio est franchement imitatif de Beethoven, qui en est venu à ne pas apprécier le quasi-plagiat de Ries. Ries s’est retiré à Francfort en 1824, mais a continué à composer jusqu’en 1838, laissant sept symphonies, neuf concertos et trois opéras. Il n’est peut-être pas un compositeur majeur, mais certainement plus qu’une curiosité oubliable.

Ces interprétations ont manifestement procuré beaucoup de plaisir aux membres du Nash Ensemble, parmi lesquels la violoniste Stephanie Gonley, l’altiste Lawrence Power, le clarinettiste Richard Hosford et le violoncelliste Adrian Brendel. Les deux pianistes − Benjamin Frith et Simon Crawford-Phillips − mènent la danse avec un enthousiasme qui frise l’insouciance. C’est à se demander si c’est le genre de joie que la musique a éveillé dans les réunions informelles de la Société philharmonique de Londres dans les années 1820.

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A propos de l'auteur

Norman Lebrecht is a prolific writer on music and cultural affairs. His blog, Slipped Disc, is one of the most popular sites for cultural news. He presents The Lebrecht Interview on BBC Radio 3 and is a contributor to several publications, including the Wall Street Journal and The Standpoint. Visit every Friday for his weekly CD review // Norman Lebrecht est un rédacteur prolifique couvrant les événements musicaux et Slipped Disc, est un des plus populaires sites de nouvelles culturelles. Il anime The Lebrecht Interview sur la BBC Radio 3 et collabore à plusieurs publications, dont The Wall Street Journal et The Standpoint. Vous pouvez lire ses critiques de disques chaque vendredi.

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