Maude Sabourin et Raphaël Bouchard: danseurs de Grandes Symphonies

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Maude Sabourin et Raphaël Bouchard se connaissent depuis l’école, il y a vingt ans, et n’en sont plus aux ronds de jambe bien au contraire. Ils se coupent mutuellement la parole, terminent les phrases de l’autre ou parlent de concert tellement leur parcours et leurs réflexions convergent. Il en va pareillement pour la danse, leurs élans, leurs intuitions. Au début des années 2000, ils étaient tous deux des classes du Jeune Ballet du Québec sous la direction de Didier Chirpaz, avant de rejoindre les Ballets de Monte-Carlo à l’appel de Jean-Christophe Maillot; lui avant elle et pour dix ans, elle jusqu’à son arrivée aux Grands Ballets Canadiens en 2018, où ils se retrouvent une fois de plus.

Sur scène comme en studio, leur complicité teinte évidemment le groupe, parfois oriente le processus de création. C’est en tout cas une dynamique sur laquelle s’appuie Garrett Smith, chorégraphe américain de renommée internationale, avec qui ils s’attaquent à l’imposante Symphonie n°5 en vue de ce premier rendez-vous en 2020, soulignant le 250e anniversaire de naissance de Ludwig van Beethoven.

L’immensité de l’œuvre classique n’effraiera pas longtemps la danse, selon Maude Sabourin, qui souligne qu’elle vient en réalité appuyer la musicalité des gestes et des pas. Raphaël Bouchard fait quant à lui figure d’usurpateur dans cette « Symphonie du Destin » dont il n’a de cesse de dévier la trajectoire. En témoigne son tutu cuivré sur l’affiche, un élément singulier parmi d’autres qui le distingueront du groupe avant d’en faire, au cours de ces quarante minutes, un chef de file vers de nouvelles modes.

Dans cette ode à la différence, finalement reconnue et acceptée comme riche, le tandem de danseurs voit une intelligente interprétation du rôle du danseur au sein du ballet, auquel il apporte une individualité pour servir la puissance d’ensemble. C’est cette dernière qui transparaîtra davantage en seconde partie de programme, avec la reprise posthume de la chorégraphie de l’Allemand Uwe Scholz, récurrent dans les programmations du directeur artistique des Grands Ballets, Ivan Cavallari.

En symbiose avec la Symphonie n°7 et son second mouvement, « apothéose de la danse » selon le compositeur Richard Wagner, cette œuvre est d’une esthétique épurée, en noir et blanc et contrastes pour les costumes comme les éclairages. Maude Sabourin, qui la dansera pour la première fois, y décrit les interprètes comme des notes de musique qui donneraient vie à la partition sur scène. Il y a toutefois un travail exceptionnel et passionné mené par Dina Gilbert, à la direction de l’Orchestre des Grands Ballets, qui assiste à de nombreuses répétitions et saisit parfaitement les défis de ces mariages éloquents entre danse et musique, d’un répertoire des plus flamboyants.

Danser Beethoven des Grands Ballets Canadiens est un programme double composé de la Symphonie n°5 chorégraphiée par Garrett Smith et de la Symphonie n°7, une présentation posthume de l’œuvre d’Uwe Scholz, avec l’Orchestre des Grands Ballets sous la direction de Dina Gilbert, du 19 au 23 février à la salle Wilfrid-Pelletier. www.grandsballets.com

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