Auguste Descarries renaît après 50 ans d’existence virtuelle

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Par Hélène Panneton, présidente de l’Association pour la diffusion de la musique d’Auguste Descarries

Le musicien québécois Auguste Descarries a quitté la catégorie des « oubliés » pour pas- ser en pleine lumière. Son importante pro- duction (plus de soixante œuvres) – com- posée d’œuvres sacrées, de musique de chambre, de mélodies et d’un grand nombre d’œuvres pour piano – est maintenant acces- sible aux interprètes et aux mélomanes de par- tout par le truchement des éditions modernes et des enregistrements dont elle a fait l’objet au cours des dernières années. Car c’était bien l’une des principales causes de l’absence de Descarries de la scène musicale : presque toutes ses œuvres n’existaient que virtuellement sous la forme de manuscrits déposés aux Archives de l’Université de Montréal. C’est dans le but de leur donner une existence matérielle et surtout de les valoriser, tels des joyaux de l’histoire musicale au Québec, qu’a été fondée l’Association pour la diffusion de la musique d’Auguste Descarries (ADMAD) en 2012.

Aujourd’hui, des interprètes de haut niveau portent fièrement sa musique grâce aux enre- gistrements qu’ils ont produits depuis 2013. Les Chantres Musiciens ont d’abord mis sur disque sa musique chorale. La pianiste Janelle Fung a ensuite gravé le CD Aubade qui a été lancé sur étiquette Centredisques le 5 décembre 2019 à Toronto. Au moment de sa sortie, le cri- tique musical du Devoir, Christophe Huss, a eu le commentaire suivant au sujet de la redécou- verte de la musique de Descarries : « une cause culturelle nationale prioritaire ». Quant à Isabelle David, elle devait présenter son récital de doctorat en piano à l’Université de Montréal le 11 mai dernier après avoir édité et interprété la musique de Descarries au fil de ses trois années d’études sur ce corpus.

Le troisième enregistrement – sur étiquette ATMA classique – marque aussi un jalon important. Consacré à la musique de chambre et aux mélodies du compositeur, il fera l’objet d’un lancement à une date qui reste à déter- miner. Le baryton Pierre Rancourt ainsi que le Trio Hochelaga et leurs invités offriront un programme coloré où différentes formations donneront vie à des pièces tantôt nostal- giques, tantôt remplies de verve : dans cette veine, mentionnons quelques trios écrits par Descarries durant les années 1930 sur des chants folkloriques populaires : «Vive la Canadienne » et « Un Canadien errant ».

Auguste Descarries a été formé par Alfred Laliberté au Québec avant de poursuivre ses études en Europe auprès de maîtres russes vivant à Paris. Il y a fréquenté Medtner, Rachmaninov, Catoire et les frères Conus qui l’ont fortement influencé. Sa musique, de style postromantique, réussit à séduire tous les audi- toires par ses riches harmonies, ses rythmes envoûtants et son immense profondeur.

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