Navigation sur: L’hebdo Lebrecht

Un autre album à thème, mais pour une fois un thème d’actualité. Ian Bostridge a choisi des œuvres de deux compositeurs tués lors de la Première Guerre mondiale et de deux autres qui ont connu la terreur de la guerre sans l’avoir vécue. Les chansons de George Butterworth d’après le recueil de poèmes de A. E. Houseman A Shropshire Lad illustre à la fois l’intemporalité du paysage anglais et le désespoir des jeunes hommes dans les tranchées. Bostridge est déchirant dans ses lignes de falsetto dans « Is my team ploughing? », l’appel d’un soldat tombé au combat. Butterworth est mort d’une…

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Dans une avalanche d’albums thématiques – c’est ce dont les bureaux des maisons de disques raffolent de nos jours plutôt que de nouveaux talents – la sortie de la diva canadienne donne vraiment l’impression de signifier quelque chose. Pas la photo de couverture, qui la montre en train de flirter avec un type dans la forêt, mais le contenu, qui comprend des chansons de Schoenberg, Webern, Zemlinsky, Berg et Hugo Wolf, avec une aberration politiquement correcte à laquelle nous reviendrons dans un instant. Quatre lieder de jeunesse de Schoenberg, opus 2, sont si proches de Mahler qu’elles sont sentimentales au…

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Il y a un an environ, il était difficile de savoir si Gianandrea Noseda ou Simon Rattle serait le prochain directeur musical du London Symphony Orchestra. En fin de compte, le LSO obtient le meilleur des deux mondes, avec Rattle au premier rang et Noseda, qui habite désormais Washington DC, effectuant des visites trois ou quatre fois par an. Ce récit de la Huitièmede Chostakovitch, que je regrette d’avoir manqué en avril, est l’un des plus piquants et des plus idiomatiques jamais enregistrés. Noseda, qui s’est retiré en tant que chef du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, est imprégné de rythmes et…

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Je peux difficilement décrire ma joie d’entendre deux oeuvres inconnues de Berthold Goldschmidt, un brillant compositeur qui s’est enfui à Londres en 1935 et a vécu dans l’obscurité jusqu’à une vague de reconnaissance tardive dans les années 1980. J’ai beaucoup vu Berthold au cours de sa dernière décennie, alors qu’il parcourait le monde pour des concerts et je me souviens à quel point il accueillait l’acclamation avec la même modestie qu’il avait face à l’oubli. L’ouverture de la Comedy of Errors est un trio pour pianos qu’il a composé pour le 25e anniversaire de mariage de ses parents, avant de…

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Jan Ladislav Dussek aurait pu être un bon candidat si seulement Mozart était né ailleurs et à une autre époque. Dussek (1760-1812) n’a ni les bonnes dates, ni les bonnes compétences. Toutes les deux mesures, il choisit une note que Mozart aurait rejetée pour un meilleur choix et, même si Dussek peut se relever et nous offrir ce qui passerait pour du très bon Clementi, votre oreille appréhende déjà le prochain faux pas. Parmi les trois concertos proposés ici, deux sont contemporains de la fin de Mozart en 1787 et 1791, mais ont seulement les numéros d’opus 3 et 14.…

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Un dilemme de critique. Le violoncelliste Steven Isserlis est un copain. Il vit au coin de la rue et nous nous saluons lorsque nous nous croisons dans le quartier. Il sait que j’ai reçu sa dernière version pour examen. Il sera déçu si je l’ignore et grincheux si j’y trouve des fautes. Critique ou pas critique ? Si je ne voulais pas faire de critique sur mes amis, je devrais éliminer la moitié des enregistrements. De même, si je mentionnais une amitié chaque fois que j’écrivais une critique, les lecteurs passeraient à un autre appel. Alors que faire? Il y a…

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Rachmaninoff, Concertos pour piano no 2 et 4 – Deutsche Grammophon Daniil Trifonov – Philadelphia Orchestra, Yannick Nézet-Séguin Au milieu de l’excitation suscitée par la redécouverte d’un enregistrement des Danses symphoniques par Rachmaninoff, voici une nouvelle lecture de deux concertos avec l’orchestre préféré de Rachmaninoff, interprétés par le pianiste vivant qui lui ressemble le plus. Deutsche Grammophon a intitulé l’album Destination Rachmaninoff. Départ, où figure en couverture un portrait du soliste Daniil Trifonov, assis dans le genre de compartiment de chemin de fer contemporain des disques de gomme-laque. Ne vous laissez pas distraire par ces coups de marketing. Trifonov ouvre avec…

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Camille Saint-Saëns fut le premier musicien français à composer des concertos pour piano. Parmi les cinq qu’il a écrits entre 1858 et 1886, seul le deuxième est beaucoup joué et tandis que le reste est scandaleusement négligé. Certains connaisseurs considèrent le quatrième comme son meilleur. La plupart s’accordent pour dire que le cinquième, un pastiche d’airs censés avoir été chantés par des bateliers égyptiens à Louxor, oscille entre embarrassant et irrattrapable. Le pianiste canadien Louis Lortie et le jeune Français Bertrand Chamayou ont sorti un cycle des concertos sur leurs labels respectifs. Lortie, très expérimenté, joue les numéros 1, 2…

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La seule chose qui m’empêche de décerner cinq étoiles à cet album, c’est qu’il est à l’envers. Il débute par une performance tout à fait décente du Concerto pour violon no 1 de Béla Bartók par la virtuose norvégienne Vilde Frang, avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck. Frang, qui a 32 ans, se produit depuis l’âge de dix ans. Tout ce qu’elle fait est parfaitement charmant et agréable. Le premier concerto de Bartok, œuvre de jeunesse, effusion d’amour innocent, ne va pas changer nos vies. L’Octuor, lui, pourrait. Georges Enesco était l’un des plus grands violonistes de…

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Un mauvais album de Joyce Didonato est une rareté qui mérite toute notre attention. Il s’agit d’un enregistrement live d’un récital au Wigmore Hall juste avant Noël dernier – un récital, disons plutôt quelques intermèdes servant de décor au monologue d’une demi-heure de Jake Heggie, le compositeur préféré de Joyce, tous deux accompagnés par un quatuor à cordes. Le monologue évoque la vie de Camille Claudel, modèle et égérie du sculpteur et peintre Auguste Rodin. Sculptrice elle-même, Claudel ne reçoit jamais la reconnaissance qu’elle mérite et finit tristement dans un asile. C’est une histoire touchante à laquelle la musique d’Heggie…

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