[Critique] Conservatoire de musique: un concentré de vie parisienne

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Aujourd’hui et de plus en plus, les compagnies lyriques rivalisent d’ingéniosité pour produire des opéras et des opérettes à petit budget, parfois dans une version réduite en durée et en nombre de personnages.

C’était le cas du spectacle Voilà, la vie parisienne, basé sur la fameuse opérette de Jacques Offenbach et présenté le 3 décembre à la salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal. Dans une mise en scène de François Racine, 5 chanteurs et un pianiste se sont donné la réplique.

Tony Stauffer a été bien plus que le pianiste de cette production que l’on doit à Centr’Art. Véritable homme-orchestre, c’est lui qui a donné le ton à chacune des scènes. Son ouverture nous a plongé de plein pied dans l’ambiance dévergondée de ces soirées parisiennes qui nous font doucement rigoler. Il a été acteur, répondant quelquefois aux personnages et se levant de son siège quand l’action l’y obligeait. Il a même été chanteur pour un court instant et s’en est très bien tiré, compte tenu de tout ce qu’il avait d’autre à gérer.

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Bien que l’intrigue fleure bon l’ancien temps, c’est avec une certaine fraîcheur que les chanteurs ont abordé cette opérette. Marc-Antoine d’Aragon a été un parfait meneur d’équipe. Chanteur expérimenté et excellent acteur, il a fait preuve d’une énergie débordante. Son aisance à se mouvoir sur scène et sa voix à la fois solide et limpide ont été particulièrement remarquées.

Baryton comme lui, Ricardo Galindo a formé avec Marc-Antoine d’Aragon un duo vocal et théâtral très convaincant sous les traits de Bobinet et Gardefeu. Dans son costume vieillot, Hélène Picard a bien incarné Métella la demi-mondaine, prise entre ces deux prétendants. La mezzo-soprano est en réalité une soprano reconvertie et on sent bien qu’elle est encore dans une étape de transition, cherchant à connecter son ancienne et sa nouvelle voix.

Caroline Godebert faisait les présentations en début de concert. Elle s’est bien affirmée dans son rôle volubile de baronne, mais est restée trop sur la réserve quand il s’est agi pour la soprano de chanter dans les numéros d’ensemble, au côté de ses autres collègues à la voix puissante.

Jérémie Domenico, en tant que narrateur, a plusieurs fois raconté l’action qui allait se dérouler dans la scène suivante. S’il a impressionné, c’est par sa rapidité à changer de costume en fonction du personnage qu’il allait jouer. Pour le reste, n’importe quelle autre technique vocale aurait été préférable que son chant nasal, aussi caricatural que le Brésilien qu’il a interprété.

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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