Aux fenêtres du temps (Socan, 2021)

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Aux fenêtres du temps
Claudel Callendar, voix, piano et compositions; Maurice Carême, textes; Choeur d’enfants Vox Luminosa; Les Jeunes Voix des Moulins; Francis Tétu, guitare; Roxanne Sicard et Richard Zheng, violons; Francis Covan, accordéon et violon; Frédéric Bourgeault, trompette
Étiquette: Socan (2021)

Pour certains projets, entre autres musicaux, l’idée est parfois plus importante que le résultat final. C’est le cas de ce projet de double disque intitulé Aux fenêtres du temps, du nom d’un poème de l’écrivain belge Maurice Carême (1899-1978). Le compositeur et pianiste Claudel Callender regroupe ici trente-trois textes du même auteur qu’il a mis en musique. Il s’agit, en outre, d’un “projet pédagogique favorisant l’apprentissage du français chez les jeunes du primaire […] par le biais de la chanson et d’ateliers de médiation culturelle intitulés « opéra-minute » s’adressant aux enfants âgés de 8 à 12 ans”, peut-on lire sur le site Internet de Vox Luminosa, choeur d’enfants, dirigé par Claudel Callender, qui a participé au projet en compagnie des Jeunes Voix des Moulins.

Il est vraiment regrettable que ce double disque ne soit pas accompagné d’un livret. Celui-ci aurait pu contenir ce genre d’informations utiles et surtout offrir à lire les poèmes de Maurice Carême. La première partie avec chœur nous plonge dans une ambiance plutôt familiale à la manière du film Les Choristes. Les voix ne sont pas parfaitement synchronisées, mais l’esprit est ailleurs : encourager ces enfants qui se réunissent autour de la musique et de poésie et qui chantent ensemble.

La deuxième partie avec piano et voix seule allait moins chercher dans la gaieté et l’insouciance toute enfantine des chœurs et plutôt vers la mélancolie. Les compositions de Claudel Callender ont une rare qualité de nos jours : l’art de la prosodie, le fait que les mots tombent juste sur les mots et épousent le rythme naturel de la langue. Pour ce qui est de la musique, on croirait entendre des mélodies de chansonniers français de la belle époque, les années 60 et 70. Bien sûr, ce sont d’excellents modèles, mais on se demande un peu comment des jeunes nés après 2010 peuvent se sentir interpellés. On remarque en particulier une trop grande proximité avec les chansons de Serge Reggiani ou de Serge Lama pour ne citer que ceux-là. On inviterait d’ailleurs volontiers les plus jeunes à découvrir les Barbara, Moustaki et Brel de ce monde pour approfondir leur maîtrise du français.

Si l’on vous recommande ce double album, c’est donc pour l’idée, la cause, plutôt que le résultat final.

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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