Navigation sur: Critiques de disques et livres

Rachmaninoff, Concertos pour piano no 2 et 4 – Deutsche Grammophon Daniil Trifonov – Philadelphia Orchestra, Yannick Nézet-Séguin Au milieu de l’excitation suscitée par la redécouverte d’un enregistrement des Danses symphoniques par Rachmaninoff, voici une nouvelle lecture de deux concertos avec l’orchestre préféré de Rachmaninoff, interprétés par le pianiste vivant qui lui ressemble le plus. Deutsche Grammophon a intitulé l’album Destination Rachmaninoff. Départ, où figure en couverture un portrait du soliste Daniil Trifonov, assis dans le genre de compartiment de chemin de fer contemporain des disques de gomme-laque. Ne vous laissez pas distraire par ces coups de marketing. Trifonov ouvre avec…

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Chansons d’amour d’Acadie et de France – Chœur Louisbourg, dir. Monique Richard ; Skye Consort Le Chœur Louisbourg dirigé par Monique Richard et le Skye Consort se rassemblent autour de l’amour pour nous offrir des pages aussi belles que méconnues. Le folklore acadien réharmonisé pour l’occasion y côtoie l’œuvre renaissante du compositeur franco-flamand Jacotin Le Bel. Cet album donne un heureux écho musical à des publications des dernières décennies. Les chansons folkloriques acadiennes sont tirées de deux compilations parues en 1988 et 1996. Tous les tons y passent, de la langueur dans Écrivez-moi à la légèreté du Moine Simon et à la ruse…

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Apogee est un album de cinq pièces du compositeur canadien d’origine iranienne Farshid Samandari. À l’instar des savants orientaux des siècles passés, Samandari s’inspire des arts, de la littérature, de la philosophie et des sciences pour trouver les concepts-clés de ses œuvres. Des haikus de Bashō à la poésie mystique de Rûmî, du théâtre nô japonais à la physique des particules, le compositeur nous propose un voyage d’influences colorées, en témoigne la pochette où figure une magnifique peinture à dominante bleue du calligraphe iranien Mehrdad Shoghi. Établi à Vancouver, Farshid Samandari est compositeur en résidence du Vancouver Inter-Cultural Orchestra, lui…

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Camille Saint-Saëns fut le premier musicien français à composer des concertos pour piano. Parmi les cinq qu’il a écrits entre 1858 et 1886, seul le deuxième est beaucoup joué et tandis que le reste est scandaleusement négligé. Certains connaisseurs considèrent le quatrième comme son meilleur. La plupart s’accordent pour dire que le cinquième, un pastiche d’airs censés avoir été chantés par des bateliers égyptiens à Louxor, oscille entre embarrassant et irrattrapable. Le pianiste canadien Louis Lortie et le jeune Français Bertrand Chamayou ont sorti un cycle des concertos sur leurs labels respectifs. Lortie, très expérimenté, joue les numéros 1, 2…

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La seule chose qui m’empêche de décerner cinq étoiles à cet album, c’est qu’il est à l’envers. Il débute par une performance tout à fait décente du Concerto pour violon no 1 de Béla Bartók par la virtuose norvégienne Vilde Frang, avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck. Frang, qui a 32 ans, se produit depuis l’âge de dix ans. Tout ce qu’elle fait est parfaitement charmant et agréable. Le premier concerto de Bartok, œuvre de jeunesse, effusion d’amour innocent, ne va pas changer nos vies. L’Octuor, lui, pourrait. Georges Enesco était l’un des plus grands violonistes de…

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Un mauvais album de Joyce Didonato est une rareté qui mérite toute notre attention. Il s’agit d’un enregistrement live d’un récital au Wigmore Hall juste avant Noël dernier – un récital, disons plutôt quelques intermèdes servant de décor au monologue d’une demi-heure de Jake Heggie, le compositeur préféré de Joyce, tous deux accompagnés par un quatuor à cordes. Le monologue évoque la vie de Camille Claudel, modèle et égérie du sculpteur et peintre Auguste Rodin. Sculptrice elle-même, Claudel ne reçoit jamais la reconnaissance qu’elle mérite et finit tristement dans un asile. C’est une histoire touchante à laquelle la musique d’Heggie…

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Deux symphonies problématiques d’un compositeur torturé sont expédiées par le Boston Symphony et son chef d’orchestre letton avec une quasi-nonchalance. La 4e Symphonie, conservée par le compositeur pendant un quart de siècle à cause de l’attaque de Staline contre Lady Macbeth de Mtsensk, est ultra-mahlérienne dans son orchestration et son ironie et refuse totalement de suivre le positivisme à outrance préconisé par le parti. Le secret des intentions du compositeur échappe à de nombreux chefs d’orchestre. Andris Nelsons adopte une sorte de neutralité balte en minimisant les émotions extrêmes de la partition dans l’espoir de ne pas être attaqué par…

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Saviez-vous que Handel a écrit une Passion de St John? Moi non plus et je ne suis toujours pas convaincu. Cette partition a été découverte à la Bibliothèque Royale de Berlin au milieu du 19ème siècle par Friedrich Chrysander, figure d’autorité en la matière, et incluse dans l’édition très officielle du Halle Händel. Mais il y a toujours eu des doutes quant aux dates et au style du compositeur de cette oeuvre. Le librettiste crédité, Christian Heinrich Postel, mourut d’abus d’alcool à Hambourg en 1705, alors que Haendel n’avait que 20 ans. Handel connaissait le travail de Postel et aurait…

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Le regretté Michael Kennedy, critique musical de longue date au Telegraph, m’a dit une fois qu’il avait perdu de l’intérêt pour la nouvelle musique, à la fin de la soixantaine. Michael avait connu Ralph Vaughan Williams et Benjamin Britten; il trouvait que leurs successeurs n’étaient pas à la hauteur. Nous avons eu des discussions sur les mérites de Birtwistle et de Turnage mais ses oreilles n’étaient pas en faveur de la musique d’avant-garde et je respectais sa franchise d’au moins l’admettre. Moi-même, à peu près au même âge, je suis toujours doublement curieux: impatient de voir ce que de vieilles…

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Ayant pourtant une certaine aversion aux prodiges adolescents, j’ai entendu Daniel Lozakovich dans une boîte de nuit à Berlin cette semaine et je n’ai eu aucun doute, dès le premier contact de l’archer sur les cordes de son violon, que c’était un artiste authentique. Âgé de seize ans, élevé à Stockholm par des parents russo-kazakhs, il donne l’impression de n’être nulle part si ce n’est profondément dans son monde intérieur. Fraîchement sorti d’une nuit blanche passée sur un banc de l’aéroport de Tokyo où son vol avait été annulé, il est parvenu à tirer son énergie – comme les grands…

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