La relève – Le Rolston Quartet : Gagnant du concours BISQC 2016

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Le Rolston Quartet en est à sa dernière année de résidence à l’École de musique Sheperd de l’Université Rice à Houston. Les destins des quatre jeunes musiciens se sont entrecroisés à Banff et dans d’autres centres de développement; c’est en 2013 qu’ils s’unissent pour former le quatuor lors d’une résidence de musique de chambre au Centre Banff. Le quatuor tire son nom du violoniste canadien Thomas Rolston, directeur des programmes de musique du Centre d’arts de Banff pendant quelques décennies. D’ailleurs, Luri Lee, premier violon du quatuor, joue avec le violon Tononi de Tom Rolston.

Jeffrey Dryda, second violon de l’ensemble, admet que le nom du quatuor est une source de fierté depuis sa création. « Le nom Rolston est lié à cet endroit et revêt pour nous une signification profonde. En tant que musiciens canadiens, c’est une importante source d’inspiration qui nous a poussés à travailler d’arrache-pied. »

Rolston Quartet at MISQA, Photo: Marie Pierre Tremblay

Rolston Quartet, MISQA, Photo: Marie Pierre Tremblay

Interrogée sur l’expérience la plus stressante de la semaine, Luri Lee, premier violon, avoue que cela a été le revirement de dernière minute qui s’est opéré après avoir appris l’accès à la finale pour se préparer à jouer le quatuor à cordes n° 8 en mi mineur, op. 59 n° 2 de Beethoven. Dès qu’elle a appris la nouvelle, Lee affirme que l’impérieuse nécessité de s’exercer a été la première chose à lui venir à l’esprit. Barry Shiffman évoque avec humour qu’à deux heures du matin, Lee lui a texté un message en urgence pour lui dire que le pavillon de musique était verrouillé.

Comment se sentaient-ils après avoir remporté la victoire ? « C’était incroyable, dit l’alto Hezekiah Leung. C’était notre rêve de quatuor d’y participer. Je crois que nous éprouvions tous la même chose. Nous sommes si heureux de pouvoir partager notre musique avec le monde entier. »

Assurément, ils feront connaître leur musique. Le premier prix offre un extraordinaire tremplin qui favorisera l’essor du quatuor. En effet, l’ensemble offrira une cinquantaine de concerts, en Amérique du Nord et en Europe, au cours des prochaines années.

De tous les quatuors, tous aussi prometteurs les uns que les autres, en lice au Concours international de quatuor à cordes de Banff, le jury a consacré le Rolston. Pourquoi ? Seuls les membres sauraient dire comment les résultats ont été compilés et quelles ont été les sources d’accord et de désaccord. Toutefois, les Canadiens ont sans conteste réussi chaque épreuve en interprétant la musique de façon impeccable. Chaque prestation a su capter l’essence même de l’œuvre du compositeur en question, Haydn, Janàček, Di Castri ou Beethoven. Dans la ronde Ad Lib précédant le dévoilement des finalistes, l’interprétation du quatuor no 1 de Bartók par l’ensemble Rolston a été brillante sur le plan technique et artistique. Dans cette ultime prestation, l’ensemble canadien s’est donné corps et âme, l’engagement des musiciens envers l’œuvre étant palpable. Indubitablement, leur interprétation leur a permis de se hisser au rang de finaliste.

Pour la finale, le quatuor a choisi une pièce apte à faire valoir leur maîtrise et leur musicalité, résistant à la tentation de s’attaquer à l’un des derniers quatuors de Beethoven. En effet, ces œuvres présentent des mouvements imposants, lents et dramatiques, attirants pour des musiciens ambitieux, mais qui comportent leur lot de difficultés.

Enfin, le jury a décidé de porter son choix sur un quatuor accompli, prêt à occuper l’avant-scène et dont l’interprétation révèle une sensibilité et une communion avec le public. Le Rolston Quartet, aux nombreux talents, a su déployer toutes ces qualités.

» www.rolstonstringquartet.com, www.banffcentre.ca/bisqc

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A propos de l'auteur

Bill Rankin is an Edmonton-based freelance writer. He is the Canadian correspondent for the American Record Guide and regular contributor to Opera Canada. He has also written features for La Scena Musicale, and contributed stories and reviews to the Globe and Mail, Gramophone, and other publications. He was staff classical music writer for the Edmonton Journal in the early '80s.

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