Orchestre classique de Montréal prend un tournant slave

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C’est un peu comme un Roméo et Juliette, dit Taras Kulish, directeur général de l’Orchestre classique de Montréal, à propos de l’opéra épique de Mykola Lyssenko, Taras Bulba (1891), dont l’ouverture sera l’un des temps forts du programme « Grands Slaves » qui fait ses débuts en ligne le 18 mai.

« C’est une histoire d’amour entre une princesse polonaise et un guerrier ukrainien, poursuit Kulish. Ils sont destinés à ne pas être ensemble à cause des combats. Il y a plein de choses historiques là-dedans, les Polonais contre les Ukrainiens, qui envahit qui. »

Et beaucoup de percussions dans cette ouverture captivante telle qu’elle a été orchestrée après la mort du compositeur, même si le chef assistant Xavier Ménard-Brossard dirigera une transcription pour cordes de François Vallières.

Quoi qu’il en soit, c’est une bonne façon de faire parvenir la musique de Lyssenko (1842-1912) aux oreilles des Montréalais. Le père patriotique de la musique ukrainienne a refusé d’autoriser une représentation de l’opéra en russe, ce qui a retardé sa création jusqu’à ce que la compagnie d’opéra de Kharkiv (maintenant nommée d’après Lyssenko) l’essaie en 1924.

Lyssenko est vénéré par ses compatriotes pour avoir compilé et arrangé des centaines de chansons folkloriques et de poésies de l’auteur, artiste et personnalité politique Taras Shevchenko (1814-1861) qui a popularisé le prénom Taras en Ukraine. Le compositeur a également écrit un quatuor à cordes bien ficelé alors qu’il étudiait avec Carl Reinecke à Leipzig. On en entendra le percutant premier mouvement.

La Fondation Shevchenko et la Caisse populaire Desjardins ukrainienne de Montréal sont les commanditaires du concert. Ce n’est pas un hasard si Kulish est d’origine ukrainienne et a chanté des airs de Taras Bulba en sa qualité, à l’époque, de basse d’opéra. « Je suis ravi que Boris soit ouvert à mes suggestions », dit Kulish, faisant référence au directeur artistique de l’OCM Boris Brott, qui sera au podium durant tout le concert sauf pour l’ouverture.

Il y a d’autres sélections slaves au programme, dont Ancient Legends de Vania Angelova, une Montréalaise d’origine bulgare. Kulish qualifie cette musique de « païenne, de sonorité très primaire, avec un soupçon de mélodie slave ».

Le Concerto pour violoncelle n° 1 de Chostakovitch se passe de présentation, surtout avec Stéphane Tétreault comme soliste. Simon Bourget est le cor principal. On entend également la Suite pour orchestre de jazz n° 2 du même compositeur dans un arrangement de Nurhan Arman.

Le concert sera enregistré à la salle Pierre Mercure le 18 mai et diffusé en ligne le même soir, puis sera en rediffusion jusqu’au 1er juin. Les billets coûtent 15 $ (ou 30 $ pour l’option « solidarité »).

Peut-on s’attendre à des ventes en Ukraine ?

« Le peuple ukrainien n’est pas riche, dit Kulish. Je ne m’attends pas à des ventes en Ukraine en tant que telle, mais il y a de solides communautés ukrainiennes à Toronto, à Chicago et à New York.

Il pourrait également y avoir un intérêt dans les petites villes du Québec. « La grande majorité des billets vendus en ligne proviennent de l’extérieur de Montréal, précise Kulish en parlant de la saison de l’OCM jusqu’à présent. Ces personnes continueront-elles à nous soutenir ? Nous verrons. »

https://orchestre.ca/

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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