L’OCM rend hommage aux femmes dont en particulier Lotte Brott

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« Sans ma mère, cet orchestre n’aurait jamais existé », admet sans détour le directeur artistique et chef de l’Orchestre classique de Montréal Boris Brott à propos de celle qui a occupé le poste de directrice de ce qui a longtemps été connu sous le nom d’Orchestre de chambre McGill : Lotte Brott, 1922-1998.

L’existence étant une condition de loin préférable à la non-existence, le centenaire de naissance de Lotte est un événement qui a semblé digne d’être reconnu par l’ensemble qu’elle a encouragé si assidûment et dont elle a également occupé les rangs à titre de violoncelliste malgré ses problèmes de santé – notamment la sclérose en plaques. Intitulée Femmes d’exception, la saison 2021-22 de l’OCM rend donc hommage à sa mémoire, mais aussi à celle d’autres grandes femmes du milieu artistique.

« Il est certainement d’actualité et plus important que jamais de célébrer les femmes », ajoute Boris Brott. Et ce n’est certainement pas son père et prédécesseur au podium, Alexander Brott, 1915-2005, qui s’objecterait à ce double hommage.

Forcément, cet hommage prendra différentes formes selon les concerts donnés. Le concert d’ouverture qui se tiendra le 9 novembre met en vedette deux compositeurs – Samuel Barber et Beethoven – et la pianiste soliste Sara Davis Buechner qui a débuté sa carrière sous le nom de David Buechner. Les fonds recueillis seront versés à GRIS-Montréal, un organisme qui cherche à démystifier les orientations sexuelles et les identités de genre. 

Toutes les œuvres sont des arrangements : le fameux Adagio de Barber qui, fait peu connu, a d’abord été le mouvement lent de son quatuor à cordes, ensuite le Concerto pour piano no 3 de Beethoven transposé pour orchestre à cordes par Nurhan Arman, directeur artistique de Sinfonia Toronto, et enfin l’arrangement de Mahler du Quatuor à cordes opus 95 du même compositeur.

Le 23 novembre est un soir de création pour le concerto Gwekaanmat, une œuvre de 20 minutes pour pipigwan (flûte en bois anichinabée) et orchestre à cordes de Barbara Croall, compositrice acclamée de la Première Nation Odawa et, pour l’occasion, soliste. Le programme met aussi à l’honneur un arrangement par François Vallières du ravissant cycle de mélodies Shéhérazade de Ravel avec nulle autre que la mezzo-soprano Julie Boulianne qui sera également accompagnée par le pianiste Jean-Philippe Sylvestre dans les Cinq mélodies populaires grecques de Ravel.

Le 7 décembre, l’orchestre donnera son interprétation annuelle du Messie de Haendel avec les solistes Jacqueline Woodley, Marie-Andrée Mathieu, Antoine Bélanger et Neil Craighead, accompagnés du chœur Les Rugissants (dirigé par Xavier Brossard-Ménard). Au lieu de la salle Pierre-Mercure qui accueille tous les concerts de la saison, celui-ci se tiendra à l’oratoire Saint-Joseph dans une version musclée de deux heures et demie au lieu de la mouture écourtée, COVID oblige, de décembre dernier. 

Pour la deuxième saison d’affilée, l’OCM propose des œuvres de compositeurs slaves dans son programme Échos des steppes. La compositrice torontoise Larysa Kuzmenko présente Kurelek’s Gallery, une sorte de Tableaux d’une exposition avec des toiles de son compatriote canado-ukrainien William Kurelek (1927-1977) dont elle s’est inspirée. 

Les autres œuvres de ce programme du 15 février comprennent Melodiya de Myroslav Skoryk, la sérénade de Dvořák et enfin le Concerto pour piano no 1 de Chostakovitch interprété par le Montréalais d’origine ukrainienne Serhiy Salov et la trompette solo de l’Orchestre du Centre national des Arts Karen Donnelly.  

L’opéra étant à l’honneur de l’OCM depuis plusieurs saisons, l’orchestre présentera les 8 et 9 mars Carmen pour quatre, une version abrégée du classique de Bizet dont la mise en scène est assurée par la directrice artistique du théâtre Centaur Eda Holmes. Le rôle-titre sera tenu par la mezzo-soprano et animatrice radio de la CBC Julie Nesrallah, tandis qu’Ernesto Ramirez, Suzanne Taffot et Hugo Laporte seront respectivement Don José, Micaëla et Escamillo. Si le projet peut faire penser à La Tragédie de Carmen adaptée par Peter Brook en 1981, cette version raccourcie intégrera davantage des éléments colorés et non tragiques de l’opéra.

Le 28 avril, Karina Gauvin sera à l’honneur dans un programme Haendel coproduit par l’Ensemble Caprice. M. Brott et Matthias Maute, directeur artistique du novateur ensemble baroque, en assureront la codirection. « Sa voix est tellement résonante, confie M. Brott de la soprano montréalaise. C’est une cantatrice extraordinaire ! »

Le programme du 17 mai mettra à l’honneur une pléiade de femmes solistes, notamment la harpiste Valérie Milot, la pianiste Élisabeth Pion, la guitariste Annie Labrie et la flûtiste Nadia Labrie sous la baguette conjointe de Geneviève Leclair et M. Brott qui dirigeront le Concerto pour flûte et harpe K. 299 de Mozart, le Concerto pour piano en do majeur de Haydn et le Concerto Tradicionuevo de Patrick Roux, dans lequel les sœurs jumelles Labrie seront les solistes. 

Peut-être la plus grande source d’intérêt de cet avant-dernier programme de la saison, Carmen Braden est une compositrice de Yellowknife qui se présente comme une « ambassadrice acoustique du subarctique canadien » avec sa nouvelle pièce She rides her bike with a cello on her back and a baby in the basket.

L’œuvre fait référence à Lotte Brott qui, à ses débuts comme violoncelliste avec l’OSM, se déplaçait à vélo de la maison familiale à Notre-Dame-de-Grâce jusqu’à l’auditorium Le Plateau dans l’est de la ville; la légende raconte qu’elle était parfois accompagnée de Boris ou de son frère Denis. « Ma mère était une femme très spéciale », confie M. Brott.

Un autre grand événement qui reste à déterminer est prévu à la Maison symphonique. Il s’agira peut-être d’un ajout en ligne à la saison, comme c’était le cas en 2020-21, mais les précisions sont encore à venir. 

(Traduction par Véronique Frenette)

https://orchestre.ca

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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