Prix d’Europe : De retour pour une 110e Édition

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Emma Lajeunesse, dite Emma Albani, ­première diva québécoise, doit son nom d’artiste à la capitale new-yorkaise. Le clergé de l’endroit lui fut à l’époque plus favorable que celui de sa province natale où on l’empêcha d’aller en Europe sous prétexte que les lointains voyages et la vie de théâtre sont trop dangereux pour les âmes pures. Cas de figure qui illustre le climat d’indifférence à l’art qui régnait, alors que les artistes se voyaient refuser l’accès à une reconnaissance hors frontière.

En 1911, le gouvernement libéral de Lomer Gouin, dans le prolongement de la Loi pour favoriser le développement de l’art musical adoptée la même année, créait le Concours Prix d’Europe. Les prix allaient permettre aux jeunes talents, tous instruments confondus et incluant la voix, de se former en Europe (les destinations se sont diversifiées depuis).

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C’était la première fois au Canada qu’un gouvernement provincial créait une bourse d’études à même les fonds publics. L’Académie de musique du Québec, créée en 1868 et qui administre le Prix d’Europe depuis ses débuts, allait contribuer à normaliser la formation musicale au Québec.

Quand on se penche sur l’histoire de ce concours vieux de 11 décennies, on voit à quel point les différentes circonstances selon les époques ont influé sur l’avenir des participants et ­lauréats. Il était courant, au moins jusqu’aux années 1960, que les femmes abandonnent la carrière musicale après s’être mariées. On a fait du chemin. La liste des candidats et lauréats ayant brillamment œuvré à l’avancement du milieu musical et culturel serait, par contre, trop longue à énumérer ici.

Les temps progressent, les bougies se sont allumées et éteintes au fil des années, leurs lueurs additionnées faisant naître à l’occasion un soleil irradiant la scène, pour reprendre une métaphore de Jean Laurendeau dans son ouvrage historique Cent ans de Prix d’Europe (2011), où on retrace les parcours des anciens lauréats. Les musiciens qui reviennent au pays ont désormais une tradition derrière eux et le soutien pour cultiver leur talent tout en contribuant à la cause collective.

Malgré les privations culturelles et après son annulation il y a deux ans, le concours sera donc de retour en juin pour sa 110e édition. Les concurrents auront de nouveau la chance unique de se produire en concert et les gagnants iront préparer leur carrière avec le bagage inestimable d’un séjour d’études à l’étranger.

Le concours s’adresse aux chanteurs et ­instrumentistes de 18 à 30 ans, ainsi qu’aux compositeurs de 18 à 35 ans. L’AMQ attribue chaque année, en plus de la bourse d’études du Prix d’Europe, plusieurs autres bourses d’une valeur totale de plus de 50 000 $. Les auditions de demi-finales et finale se dérouleront du 12 au 17 juin 2022, le concert gala et remise des prix aura lieu le 18 juin 2022 à 19 h 30 à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal. Le concert-bénéfice de Bruce Liu se tient le 17 février.

www.prixdeurope.ca

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