Victor Julien-Laferrière

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Victor Julien-Laferrière – Concours Reine Elisabeth 2017

par Xenia Hanusiak

En remportant le Concours Reine Elisabeth 2017, le musicien français de 26 ans Victor Julien-Laferrière devient le premier violoncelliste à le faire. Le concours de cette année, qui a eu lieu du 8 mai au 3 juin au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, est la première édition consacrée au violoncelle, qui est le quatrième instrument à faire partie du concours annuel. Fondé en 1937 en tant que Concours Ysaÿe, en l’honneur du légendaire violoniste, l’événement porte maintenant le nom de son parrain original, le monarque.

Le coordonnateur artistique Nicolas Dernoncourt explique que l’ajout du violoncelle au concours était une étape naturelle. « La décision d’inclure le violoncelle témoigne de notre volonté de refléter la profession. Au cours des vingt dernières années, la popularité de solistes comme Anner Bylsma et Yo-Yo Ma a mis le violoncelle au centre de la scène. En outre, après la disparition du Concours Rostropovitch et du Concours Pablo Casals, nous comblons un écart important. »

Julien-Laferrière, qui a commencé à jouer du violoncelle à l’âge de sept ans, a déclaré qu’il a participé au Reine Elisabeth « en raison de l’histoire du concours, de ses lauréats, de la liste des engagements et du jury prestigieux rempli de populaires violoncellistes actifs ». Les anciens lauréats incluent certains des noms les plus connus dans l’histoire de la musique classique, y compris le premier gagnant, le violoniste David Oistrakh.

Le jury de 2017 était constitué de Gautier Capuçon, Marta Casals Istomin, Henri Demarquette, Roel Dieltiens, David Geringas, Natalia Gutman, Marie Hallynck, Frans Helmerson, Gary Hoffman, Anssi Karttunen, Mischa Maisky, Antonio Meneses, Truls Mørk, Jian Wang, Pieter Wispelwey et Arie Van Lysebeth (président).

Ancien élève de Heinrich Schiff à l’Université de musique et des arts de la scène de Vienne et de Clemens Hagen au Mozarteum Salzburg, Julien-Laferrière a remporté le premier prix au Printemps de Prague en 2012. Il a obtenu sa première place au Concours Reine Elisabeth en exécutant le programme obligatoire composé par Toshio Hosokawa et le Concerto pour violoncelle no 1 de Chostakovitch.

Pourquoi a-t-il choisi le Chostakovitch ? « Honnêtement, j’ai eu un engagement avec ce concerto juste avant le début du concours. » Suivant la réglementation du concours, l’œuvre imposée n’est pas remise aux concurrents avant qu’ils soient retenus comme finalistes. Les douze finalistes ont une semaine pour étudier l’œuvre obligatoire « sans aide extérieure » dans la chapelle Reine Elisabeth. Le processus de scrutin secret du jury a abouti au triomphe de Julien-Laferrière, qui remporte un prix de 25 000 € et une flopée d’opportunités de concert.

Julien-Laferrière a participé à de nombreux concours au cours des dix dernières années. « Pendant le concours, dit-il, le but est de se sentir musicalement aussi près que possible de l’esprit d’un concert. Mais pour ce faire, nous devons nous préparer à gérer tout ce qui est différent du concert : être jugé, jouer avant et après d’autres concurrents et, dans ce cas, les prestations sont largement diffusées. »

Réfléchissant sur le rôle des concours, Julien-Laferrière dit : « Je pense, comme la plupart des musiciens, qu’un concours est une expérience désagréable. Mais c’est la manière la plus démocratique de dévoiler des talents. Pour ma part, je ne parie jamais tout sur les concours. Il est trop tôt pour moi de dire quelle sera la valeur de ce prix pour mon avenir. »

Post-concours, Julien-Laferrière maintient un horaire chargé. En tant que chambriste passionné, il est également membre de Trio Les Esprits, qui est en résidence à la Fondation Singer-Polignac à Paris.

www.victorjulienlaferriere.com

Traduit par Mélissa Brien

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A propos de l'auteur

Xenia Hanusiak is a cultural journalist and critic, essayist, poet, writer for stage, and festival curator whose work is published and performed across the globe. Informed by her practice as an opera singer and scholar, Xenia has given the world and country premieres of some of the most influential composers of our time including Kaija Saariaho, John Harbison, Elena Kats-Chernin and Zhang Xiaofu for some of the world’s leading festivals including the Next Wave Festival, (New York), Kennedy Center (Washington), Singapore Arts Festival, Gruppo Aperto Musica Oggi (Florence) and Beijing Music Festival. She holds a PhD in Creative Writing & Literature and, is a visiting scholar at Columbia University (New York), Peking University and Kookmin University (Korea). Her works for the stage include: the play Ward B; Un_labelled (Elena Kats-Chernin, Young Peoples’ Chorus of New York City); the libretto A thousand doors, a thousand windows (Melbourne International Arts Festival, Singapore Arts Festival); Earth Songs (Homart Theatre) and the dramatic monologue, The MsTaken Identity (Adelaide Festival of Arts/Australian String Quartet). Recent journalism publications include contributions on Laurie Anderson, Marina Abramovic, Anri Sala, Philippe Parreno, singers Dawn Upshaw, Kiri Te Kanawa, Leonard Cohen, composers Tan Dun, Nikko Mulhy, Lisa Gerrard and writers Clarice Lispector and Rita Dove.

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