Alexandre Da Costa: violoniste en mission

0

Le violoniste canadien Alexandre Da Costa est un homme en mission. Soliste, éducateur et directeur ­artistique, Da Costa prend son nouveau stradivarius pour atteindre le grand public avec son projet Stradivarius à l’opéra, la première de nombreuses nouvelles initiatives. Il a déjà ajouté à son CV le prestigieux TED Talk en Australie, où il enseigne six mois par an.

LSM : Quelle est la chose la plus importante pour vous ?

La famille est ce qui est désormais au centre absolu de ma vie. Bien sûr que devenir père change une vie et mon fils de 3 ans et demi m’en a fait réaliser l’essence même. Je crois d’ailleurs que mon jeu musical a complètement changé depuis sa naissance et que j’ai enfin compris ce que la musique doit signifier.

LSM : Comment a été l’adaptation de la logistique familiale avec votre horaire de concertiste et d’éducateur ?

C’est sûr que la structure de ma vie en ce moment est plutôt complexe. En effet, je passe 3 mois au Québec suivis de 3 mois en Australie et ainsi de suite. Je passe l’été au Québec ­principalement pour le Festival international Hautes-Laurentides que je dirige et les mois de fin d’automne et de début d’hiver en ­tournée tant au Québec qu’à l’étranger, puis le reste du temps en Asie et en Australie. J’essaie d’être le plus souvent possible avec ma femme et mon fils, surtout lors des périodes d’enseignement en Australie, mais je dois quand même passer quelques semaines seul sur la route. On réussit quand même à trouver une certaine stabilité.

LSM : Qu’est-ce qui est particulier à l’Australie d’un point de vue personnel ?

L’Australie est un grand pays et, par grand, je ­veux dire très sérieux et bien organisé. Le ­système est en général très similaire au Canada, mais il y a en plus ce côté britannique que l’on retrouve dans tout. En effet, Perth est une ville extrêmement influencée par le Royaume-Uni et on retrouve d’innombrables points communs entre les deux pays, tant dans les coutumes et les mœurs que dans la vie quotidienne. Je me suis beaucoup assagi en Australie, puisqu’ici c’est tout le contraire de l’Espagne, mon pays adoptif précédent. En Australie, la politesse, le calme et la rectitude sont les qualités les plus appréciées et ce qui ouvre des portes. Mon fils fréquente la ­prématernelle et il apprend tout cela déjà. D’ailleurs, il parle anglais avec un accent ­australien et français avec un accent ­québécois. C’est très drôle !

LSM : Qu’est-ce qui vous a surpris en Australie ?

En fait, quand je suis parti la première fois, je m’attendais à arriver dans une partie du monde où tout était aventure et safari ! Je m’attendais à voir Crocodile Dundee avec son chapeau et ses bottes ! J’ai trouvé au contraire un endroit hyper civilisé et urbain, très moderne et très avancé à la fois.

LSM : Quels sont les projets qui vous motivent le plus pour les prochains mois ?

À partir de décembre 2017, ma tournée ­officielle Stradivarius à l’Opéra commence. Ce sera plus qu’une tournée habituelle de concerts. C’est en fait une tournée de ­spectacles, nous voyagerons avec un orchestre, une grosse équipe technique, du matériel de scène, des ­costumes, bref, un « show » comme il s’en fait peu en classique, digne des grandes ­productions pop et rock de ce monde !

Dans les prochaines semaines, je serai aussi l’invité d’orchestres européens et américains, notamment l’Orchestre symphonique de Vienne et le Staatskapelle Halle, ainsi que les orchestres de Südwestfalen, Edmonton, Winnipeg, Colorado Springs et West Australia.

J’ai vraiment très hâte de retourner à Vienne pour travailler avec le Wiener Symphoniker sous la baguette de Philippe Jordan. Ce sera une semaine vraiment spéciale, puisque j’y jouerai en tant que soliste invité pour le lancement de la version ­européenne de l’album Stradivarius à l’Opéra sous étiquette SONY Classical et en tant que violon solo invité pour les trois concerts du Nouvel An au Wiener Konzerthaus.

Quelques jours plus tard, j’enregistrerai en Allemagne un disque consacré à la famille Wagner, comprenant entre autres le Concerto pour violon et orchestre de Siegfried Wagner, fils du grand Richard Wagner. J’adore cette œuvre et j’espère pouvoir en faire une version définitive qui puisse un jour devenir une référence.

LSM : Votre image semble avoir changé dans la dernière année. On vous voit en effet plus souvent dans les médias non traditionnels en musique classique. Parlez-nous de cette nouvelle direction.

En effet, depuis plus d’un an je travaille avec des gens fabuleux qui facilitent mes projets. Je suis devenu un artiste des Productions Jacques K. Primeau et de l’Équipe Spectra. Ces deux entités possèdent un bagage incroyable qu’ils ont accepté de mettre à ma disposition pour la réalisation de mes rêves artistiques. J’ai toujours voulu partager la musique classique avec un public plus large et convaincre le plus de monde possible de ­s’intéresser à la musique classique même si celle-ci ne fait pas partie de leur passé ou de leurs traditions immédiates. Avec Stradivarius à l’Opéra, on est en train de ­réussir un tour du chapeau. Le spectacle est multimédia, c’est vraiment impressionnant de voir ce qui se passe autour des musiciens sur scène. L’éclairage, les projections, la mise en scène, tout est pensé au quart de tour et a été conçu par la firme Silent Partners, connue pour ses conceptions des spectacles de Justin Timberlake, Taylor Swift et autres mégastars.

LSM : Doit-on s’attendre à de nouveaux albums en 2018 et 2019 ?

Absolument. Mes relations avec les étiquettes Sony Classical et Spectra Musique viennent de commencer, il y a beaucoup de projets. Certains seront enregistrés d’ici quelques mois, d’autres prendront encore quelques­ ­saisons, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il y en aura pour tous les goûts ! Du « super puriste » aux collaborations musicales ­atypiques, tout y passera !

LSM : Est-ce que votre plan marketing inclut des présences dans des médias autres que le disque et les concerts ?

Oui, on vient justement d’enregistrer un vidéoclip incroyable grâce à une subvention REMSTAR. J’ai eu la chance de choisir mon réalisateur pour ce projet et c’est avec un nouvel ami que ça s’est fait. J’avais entendu une entrevue avec Catherine Perrin et le réalisateur Carlos Guerra et j’avais trouvé son parcours vraiment intéressant. Je l’ai contacté, il a aimé ce que je lui ai proposé et on a fait le clip. Un fait cocasse à noter est que Carlos était considéré comme un expert pour les vidéoclips de rap et R’n’B et il n’avait jamais pensé faire quelque chose en musique classique. Il a relevé le défi de superbe manière et le résultat est vraiment rafraîc­hissant. C’est le genre de clip qu’on a le goût de voir et de revoir et qui fait sourire !

LSM : Vous jouez désormais sur un Stradivarius 1701. Parlez-nous de ce prêt.

J’ai eu la chance de recevoir un grand cadeau il y a quelques mois : des amis ont gracieusement accepté d’acheter un des plus beaux ­violons de la planète, le « Deveault », et de me le prêter pour une période de 10 ans. C’est ­vraiment merveilleux de savoir que j’ai une décennie pour évoluer avec le même instrument et que celui-ci marquera une partie de ma vie d’artiste, probablement la plus importante. Comme ce prêt est un geste d’amis, c’est aussi plutôt remarquable. Ma femme et moi entretenons une relation d’amitié très proche avec les propriétaires, Guy et Maryse, et on sent un enthousiasme marqué autour de nos projets et ambitions.

Alexandre Da Costa présentera Stradivarius à l’Opéra à Théâtre Outremont le 2 décembre 2017. www.theatreoutremont.ca

Il fera ensuite une tournée au Québec. Voir www.alexandredacosta.com

Partager:

A propos de l'auteur

Laissez une réponse