Rigoletto : la malédiction

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Rigoletto : la malédiction

Par Olivier Delaire

Le 21, 24, 26 et 28 Octobre l’Opéra de Québec a ouvert sa 34e saison avec un des plus grands classiques de l’opéra, Rigoletto de Verdi.

La direction musicale de Derek Bate a été claire et effective, donnant les nuances et les accents que l’on voulait entendre.

François Racine nous a offert une mise en scène classique, avec une grande structure double à deux étages, qui a été utilisé pour les trois actes. Quelques changements du décor sont utilisés pour nous transporter soit dans le palais du Duc, soit dans la maison du mercenaire Sparafucile. Un petit bémol dans la mise en scène, il n’était pas clair que la maison du mercenaire était sur le bord de l’eau jusqu’au moment où Rigoletto décide de lancer le corps à l’eau. Quelques problèmes d’actuations, la porte de la maison de Sparafucile était parfois mimée, parfois elle n’existait pas.

Gregory Dahl nous rend une interprétation du bouffon pas trop claire, surtout avec sa fille Gilda où la relation n’était pas vraiment claire. La voix est belle, mais il nous manque l’expressivité que le rôle peut offrir, par exemple dans l’air « Cortigiani » (où l’on attend la rage, le mépris, la peine, etc.) et à la fin de l’opéra quand sa fille meurt (avecla fameuse phrase qui ferme l’opéra « è morta […] la maledizione »).

Le ténor Steeve Michaud nous offre une version pauvre du Duc, une voix inégale, souvent nasale, utilisant du falsetto (voix de tête) pour pallier aux aigues poussées (notamment dans le duo « Bella figlia dell’amore ») et un jeu scénique presque inexistante (on se demande si cela est en raison de la difficulté technique du rôle).

Dans le rôle de Sparafucile, la basse Marcel Beaulieu était une agréable surprise, sa voix était riche et sonore, notable grave à la fin du duo avec Rigoletto (« Signor… va, non ho niente »).

Le chœur masculin se montre solide comme on a pu l’entendre lorsqu’ils enlève Gilda et chantent « Zitti, zitti, moviamo a vendetta ».

 

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